‹ La Perception et la psychologie thomisteChapitre 12 sur 64 · DE LA VUE. THÉORIE MODERNE, THÉORIE ANCIENNE · texte numérisé non relu

DE LA VUE. THÉORIE MODERNE, THÉORIE ANCIENNE

Attiré par Todeur exquise des fleurs et par le bruissement du feuillage, je lève enfin les yeux. Toute une nouvelle série de sensations s'offre à moi. Sur le fond bleu du ciel se détachent des feuilles vert sombre, entremêlées çà et là de sphères jaune d'or et de fleurs du blanc le plus pur. Je perçois des couleurs.

Les couleurs sont très variées, comme les sons ; leurs nuances principales sont même plus tranchées. Entre le rouge pourpre et le vert émeraude, il y a une diversité qui paraît iiTéductible. Toutefois elles se lient d'une extrémité du spectre à l'autre dans des dégradations qui semblent infinies. Le P. Lacouture, après Chevreul, a distingué et classé 952 nuances nettement définies.

La sensation de couleur a son charme qui lui est propre. Il est difficile de contempler sans plaisir la verdure infiniment variée des campagnes, les teintes brillantes du soleil couchant ou le frais visage d'un enfant. S. Thomas en convient lui-même : l'agrément de la couleur est un élément de la beauté physique '. Les curieuses expériences de M. Féré ont montré que les couleurs ont une action sur l'organisme " ; elles sont plus ou moins dynamogônes, c'est-à-dire qu'elles excitent à quelque degré l'activité musculaire. D'après les lois de l'union de l'âme et du corps, une telle excitation ne peut être sans agrément. Le bon P. de Bonniot soutenait que les sensations visuelles n'ont rien en soi de particulière-

l.« Qnae habent colorem nilidum pulchra esse dicuntiir » {Sum. theol^ 1,39.8).

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