‹ La Perception et la psychologie thomisteChapitre 17 sur 64 · Log. maj.y t. I, p · texte numérisé non relu

Log. maj.y t. I, p

% (( Firma est apud aristotelicos doctiina in iiegotio coloium sicut etiam lucis maximas partes esse tribueiidas motibus mecanicis )) (Log. mai., t. II, p. 317.

3. Oùx OjO'Owç EaTreSoxAviç:, oùS'eî' riç vlloç out^)ç etpY/xev, ùç ysooa/vou ToO çpwTÔç x«i yr/vopiévou ttot; peraÇù rriç yri; y.ctl toO nspLî^ovTog, îjr/âç

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S. Thomas ne dit-il pas expressément, qu'à la différence du son, la lumière se produit sans mouvement local * ? Que si ces philosophes disent parfois que la lumière met le milieu en mouvement, on sait assez qu'ils admettaient trois espèces de mouvements: le mouvement d'accroissement, le mouvement d'altération et le mouvement local. Ce dernier seul a une valeur mécanique.

Aristote a commis à ce sujet une erreur fort naturelle, mais qui est manifeste aujourd'hui. Il lui semblait incroyable qu'un mouvement pût s'étendre instantanément d'une extrémité du ciel à l'autre, comme on voit la lumière atteindre en un moment de l'Orient à l'Occident \ Eh bien ! ce qui lui paraissait incroyable est constaté par la science moderne : nous avons appris à sonder les dimensions de l'espace céleste ; nous savons y suivre le rayon des étoiles. Ce rayon met un temps parfois très long à nous parvenir. Si dans notre horizon habituel l'éclairement paraît instantané, c'est que les distances terrestres que notre œil embrasse sont extrêmement petites par rapport à la rapidité de la lumière. Sur la terre même, M. Fizeau a pu, en multipliant les distances par d'ingénieux artifices, prouver que la transmission de la lumière exige du temps.

L'argument d' Aristote n'a donc plus de valeur et doit être abandonné. De fait, le P. Pesch l'abandonne. 11 admet que la lumière se propage par un mouvement. Mais, à côté de ce mouvement, il prétend conserver une place pour la cause scolastique. Il reconnaît les vibrations comme cause efficiente de la sensation ; il leur adjoint ce qu'il appelle la cause formelle, la quahté sensible corporelle qui, liée au mouvement, pénétrerait avec lui dans l'organe ^

Remarquons d'abord que le terme <( cause formelle » est

1. « Immutatio soni cum motu locali, sed in immutatione visus est sola immutatio spiritualis... quod autem dicitur de motu luminis aut reverberatione ipsius metaphorice dicturn est (Comment, de an. 2. 14).

2. S. Thomas partage naturellement la méprise : « Nullus motus localis cujuscumque corporis potest esse subitus sive in instanti... cujus contrarium videmus quia in eodem instanti in quo corpus lucidum prsesentatur, illuminatur diaphanum simul, et non pars ejus post partem {Ibid),

3. « Motus enim sensus afficere nequeunt nisi per sensibile aiiquod proprium quod motui substernatur » {Inst. philos, natur.^ p. 526).

tout à fait inexact. La vraie cause formelle est un élément intrinsèque constitutif de la réalité qu'elle cause. Celle dont parle ici le P. Pesch est une cause extrinsèque ; elle opère de l'extérieur. C'est une seconde cause efficiente.

Où est donc la prouve de l'existence de cette seconde cause ? N'est-elle pas supposée arbitrairement? Est-il croyable que deux causalités d'ordres absolument divers se trouvent obéir si exactement aux mêmes lois, que jamais la différence de leur nature ne soit trahie par une circonstance quelconque ?

Le P. Pesch répond qu'il en doit être ainsi pour que la sensation soit une vraie connaissance \ Cette allégation.n'est pas sérieuse. Supposez que, suivant la théorie moderne, l'image soit préformée dans la faculté et que le mouvement extérieur ne fasse que la dégager, l'image n'en pourrait pas moins être semblable à l'objet, engendrer par conséquent une vraie connaissance. 11 suffit que le mouvement fasse apparaître précisément la sensation conforme. En est-il ainsi? Nous le verrons plus tard. Mais, pour le moment, nous devons maintenir que la valeur représentative de l'image dans la théorie scolastique tient uniquement à sa conformité avec l'objet, et nullement cà l'origine de cette image ".

Le mode de conciliation proposé parle P. Pesch n'a donc aucune valeur. C'est une assertion toute gratuite ; c'est sans preuve valable qu'il accole, poui" les faire marcher de front, deux causalités disparates dont une seule suffirait. Si nous voulons concilier les deux théories, nous devons chercher ailleurs.

Peut-être arriverions-nous à les rapprocher, du moins d^une manière fort appréciable, en recherchant si la théorie de S. Thomas n'aurait pas un sens pins profond qu'il ne paraît au premier abord.

Que veut dire le Docteur angélique en parlant d'une trans-

1. « Ea est natura cognitionis ut non tantum causa nescio quae efiiciens extra cognoscenlem esse débet, sed etiam causa formalis seu id quod species expressa reprœseiitat (JbicL p. 382).

2. Dans la théorie scolastique, l'ange se sert d'une espèce intelligible mise en lui par Dieu. 11 n'en atteint pas moins directement l'objet, parce que cette espèce est la ressemblance de l'objet.

formation du milieu par la qualité sensible corporelle ? Entend-il que la qualité passe réellement dans le milieu et s'y trouve physiquement reproduite? En aucune façon. Il a grand soin d'exclure lui-même l'idée d'une reproduction physique. Il ne s'agit, dit-il, que d'une assimilation spirituelle ; et, pour préciser, il ajoute que la qualité n'est dans le milieu ou dans l'organe que d'une manière intentionnelle. Cette présence intentionnelle est nécessaire et suffisante, suivant sa doctrine, pour exciter la sensation \

Que signifient ces expressions : « assimilation spirituelle, assimilation intentionnelle » ? Ne sont-elles pas étranges ? On peut les comprendre, en rigueur, quand il s'agit de la faculté sensible et de l'organe : quel sens leur donner quand il s'agit du milieu ? Est-ce qu'un milieu matériel peut recevoir une impression spirituelle ? Peut-on attribuer à un corps brut une intention ?

Nous pensons que S. Thomas a simplement voulu dire ceci : qu'il se produit dans le milieu une disposition capable de reproduire l'image dans l'organe. Il définissait cette disposition par son but, parce qu^il n'en connaissait que le but. Il n'entrait pas dans ses habitudes de creuser les questions plus que ne le permettait la science de son temps. Mais cette disposition pourrait-elle exister dans un milieu matériel sans résulter de quelque état matériel ? Quel serait phyquement cet état matériel ? Il ne le savait pas. et ne s'en occupait pas, ne connaissant pas de moyen de le savoir.

Pourquoi donc, mieux informés aujourd'hui, ne pourrions-nous pas admettre que cet état est physiquement un mouvement? Comme fait matériel, ce serait une vibration ; ce fait serait en même temps une disposition intentionnelle, parce qu'il aurait pour rôle et pour office propre d'éveiller dans l'être vivant et sensible la sensation convenable. Il n'y aurait donc point dans le milieu autre chose qu'un mouvement, comme le veut la physique moderne, mais ce mouve-

1. « Dico immutationem naturalem prout qualitas recipiturin patiente secundum esse naturae, sicut cum aliquis infrigidatur aut calefit aut movetur secundum locum. Iramutatio vero spiritualis est secundum quod species recipitur in organo sensus aut in medio per modum intentionis et non per modum naturalis formée » {Comment, de an.^ 2, 14).

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ment répondrait à la disposition intentionnelle de notre grand docteur, puisqu'il en aurait la fonction.

Il nous semble que cette manière d'interpréter la doctrine de S. Thomas, tout en donnant un sens précis à une expression quelque peu mystérieuse, pourrait servir, sinon à identifier, du moins à rapprocher sensiblement les deux théories.

Resterait la troisième difierence : d'où vient l'espèce sensible elle-même ? Dans l'interprétation ordinaire de la théorie scolastique, elle viendrait du dehors; dans la théorie moderne, elle serait le produit de l'activité propre du sens.

Si l'interprétation commune des scolastiques doit être prise à la lettre, assurément les deux théories sont inconciliables. Je ne dissimulerai pas qu'on peut faire valoir en sa faveur beaucoup de textes de S. Thomas, qui parle fréquemment de l'espèce sensible comme imprimée par l'objet et comme reçue par l'organe. Attachait-il à ces expressions un sens parfaitement rigoureux? Ce qui nous en fait douter, c'est l'impossibilité où l'on serait, dans ce cas, de donner un sens rationnel à certaines assertions du saint docteur.

S. Thomas enseigne, avec Aristote, dans le traité de rame, que le sens n'est pas semblable dans son action à l'appréhension de Pintelligence, mais à la considération de la science déjà acquise : « Quand l'animal a été engendré, dit-il, il est comme celui qui possède une science qu'il aapprise ; quand il sent actuellement, il est comme celui qui considère actuellement l'objet de la science^ » Il insiste sur cette idée en commentant le traité de sensu et sensato. Il remarque que l'acquisition de la science crée une habitude nouvelle dans l'àme. Le fait de sentir, au contraire, ne crée pas uu sentiment nouveau, il le fait seulement passer à ^acte^ Dira-t-on

1 . « Cum animal jam generatum est, tune hoc modo habet sensum sicut aliquis habet scientiam quomodo jam didicit. Sed quum jam sentit seoundum actum, tune se habet sicut ille qui jam actu considérât» {Comment, de an. 2. 12).

2.« Sentire quod sequilur actionemsensibilisinsoiisumnonfit seeundum addisccre, sed seeundum speeulari... In eo qui addiscit generatur habitus scientiœ de novo, sed in eo qui sentit non ganeratur sensus de novo por actionem sensibilis, sed sensus fit actu oporans, si<:ut eontingit in eo qui speculatur actu » {Comment, de sensu et sensato. 10).

que s. Thomas n'entend parler ici que de la puissance sensitive que Fanimal apporte avec lui en naissant? A ce point de vue, pourquoi eùt-il comparé le sens à la science plutôt qu'à l'intelligence ou à toute autre faculté ? La science a un caractère spécial : elle ne renferme pas seulement la puissance, mais un premier acte au-dessus de la puissance, une préformation, une habitude acquise de telle ou telle pensée, qu'il ne s'agit plus que de mettre en acte complet. S. Thomas constate expressément qu'il en est de même du sens. Par la génération, l'animal n'acquiert pas une simple puissance, mais un premier acte, une sorte d'habitude naturelle, que l'influence de l'objet détermine à l'acte définitif .

Je n'ai jamais vu appuyer nulle part sur ces textes de S. Thomas. Ils me semblent cependant donner de sa doctrine une idée toute nouvelle.

La science ne comprend pas seulement une puissance vague de connaître, mais encore une tendance précise à telle ou telle notion que Ton retrouve en soi quand on en a besoin. De même, le sens ne devra pas seulement renfermer la puissance générale de sentir, mais la tendance précise à telle ou telle forme de sensation. Qu'aura donc à faire la cause extrinsèque ? Aura-t-elle besoin d'apporter du dehors la forme sensible toute préparée ? Nullement, puisque cette forme préexiste dans l'àme à l'état de disposition. La cause extrinsèque n'aura donc qu'à mettre en évidence cette disposition ; elle mettra en acte ce qui est déjà en puissance^. Elle rendra tout naturellement la faculté sensitive conforme, comme elle doit l'être, à la qualité corporelle de Tobjet, puisque c'est précisément à cette conformité que la faculté est en puissance^. Il suffit d'une circonstance qui vienne dégager cette puissance et l'actualiser.

1. « Sicut autem de prima potentia aliquid mutatur in primum actum dum acquirit scientiam per doctrinam, ita de prima potentia ad sensum aliquid mutatur in actum, ut scilicet habeat sensum per generationem » (Comment, de an. 2. 12).

2. « Sensibile videtur faciens actu partem sensitivam ex eo quod erat inpotentia ». {Comment, de an. 3. 12).

3. « Sensibile quod est agens facit ipsum esse taie actu quale est sensibile, cum sit in potentia ad actum » {Ibid.).

Ainsi, à un corps brut vous pouvez donner une forme nouvelle sans lui rien ajouter, parce qu'il a en lui la puissance de cette forme. Voulez- vous faire une statue avec un marbre, vous n'ajouterez rien au marbre ; au contraire, vous lui retrancherez, vous écarterez ce qui est de trop, de manière à mettre en évidence la forme voulue. De même pour la sensation : vous n'avez pas besoin, pour la rendre semblable à son objet, de lui apporter une forme du dehors; elle a cette forme en puissance, comme la science a la notion en puissance. Il suffit qu'une influence appropriée vienne du dehors mettre cette forme en évidence et disposer la puissance sensitive à en user.

Il y a en effet cette différence entre le sens et la science, que la science use par elle-même et quand elle le veut des notions acquises ; le sens, au contraire, ne peut user de la forme sensible sans une influence extérieure^ Cela tient à la nature diverse des deux facultés : le sens, puissance matérielle, ce qui ne veut pas dire^ au sens scolastique, qu'il ne soit que de la matière brute, ne peut agir que poussé ; l'intellect opère en vertu de son activité propre. Le sens n'agit donc que sous une impulsion reçue : alors il devient semblable en acte à l'objet, tandis qu'auparavant il ne lui était pas semblable en acte% mais seulement en puissance^. Autrement nous pourrions sentir sans l'influence des corps extérieurs : ce qui est, remarque S. Thomas, démenti par Texpérience'*.

On voit en quel sens précis l'image est reçue du dehors. Elle préexiste dans la faculté sensible^ mais seulement en puissance. Il faut une action de l'objet sensible ou du milieu pour la faire passer c'i l'acte.

Il nous semble que ces assertions peuvent parfaitement être adoptées par les partisans de la théorie moderne.

1. « Sensibilia quœ sunt activa operationis sensitivse sunt extra animam» {Comment, de an. 2, 12).

2. « Sensus postquarn factus est actu a sensibili est similis ei, scd antc non erat similis » [Comment, de an. 2. 10).

3. « Anima sensitiva non est actu sensibilis,sed potentia tantum»(i6irf.).

4. « Si sensibilia actu sunt in sensu, sequitur quod possil sentira sine sensibilibus exterioribus » [Ibid,),

Quant à l'arrivée d'images qui viendraient de l'objet pour s'imprimer dans l'organe, S. Thomas, ainsi qu'Aristote en a combattu l'idée. C'était la théorie de Démocrite. Sans distinguer s'il s'agit d'images matérielles ou non, S. Thomas repousse l'idée même d'un flux d'images, comme il repousse, et nous repoussons avec lui, l'idée attribuée à Platon, que le mouvement extérieur ne ferait qu'avertir l'âme spirituelle, qui agirait ensuite par sa propre vertu. Nous tenons, avec le prince de l'École, qu'une certaine action extérieure agit en quelque manière sur la puissance sensitive, qui n'appartient pas à l'àme seule, mais à l'être humain tout entier, et contribue efficacement à la mettre en acte * .

En quelle manière agit-elle ? S, Thomas s'est gardé de le préciser. Pourquoi cette action indéterminée, quamdam operationem, ne serait-elle pas un mouvement?

Ainsi la théorie scolastique arrive à se rapprocher sensiblement de la théorie moderne. Celle-ci pourrait bien n'être qu'une explication plus complète et plus précise de celle-là, n'était la question de ressemblance plus ou moins exacte de l'image à l'objet, question de fait que nous nous réservons de traiter plus tard.

L^'organe de la vue est merveilleusement conformé pour recevoir les mouvements si rapides et si délicats auxquels nous attribuons la lumière. Les rayons traversent d'abord plusieurs milieux transparents, dont le principal est le cristallin. Ces milieux ont un indice de réfraction calculé de manière à ce que l'image se forme à l?"""" /i8 de distance, c'est-à-dire précisément sur la rétine placée en arrière. Les physiciens signalent dans ces milieux quelques imperfections : elles tiennent à ce que des substances vivantes, c'est-à-dire complexes et mobiles, ne peuvent avoir une

1. « Aristoteles... sensum propria m operationem non habere (docuit) sine communicatione corporis, lia quod sentire non sit actus animae tan-

tum sed conjuncti In hoc Aristoteles cum Democrito concordavit quod

operationes sensitivse partis causentur per impressionem sensibilium in sensum, non per modum deûuxionis, ut Democritus posuit, sed per quamdam operationem {Sum. theol. 1^84. 6).

régularité mathématique. En compensation, le cristallin a la faculté, que n'a pas la lentille de l'opticien, de modifier sa courbure et par là de s'adapter avec une grande précision à la distance des objets.

La rétine est un épanouissement du nerf optique étalé sur une membrane imprégnée d'un pigment noir que l'on appelle choroïde. On sait que les nerfs ne sont sensibles que par leur extrémité : aussi le point où s'épanouit la rétine est absolument insensible ; on l'appelle punctum cœcum, point aveugle. Les extrémités du nerf sont les cônes et les bâtonnets : les cônes moins longs et plus renflés, les bâtonnets plus longs et plus étroits, (les éléments sont tournés vers la choroïde, de sorte que la lumière ne semble leur arriver que par réflexion. Les bâtonnets et les cônes sont inégalement distribués ; les bâtonnets manquent complètement au point que l'on appelle « la tache jaune » ou fosse centrale, qui est l'endroit où se fait la vision directe.

Une difficulté se présente ici. Le nerf optique est sans doute fort délicat ; néanmoins, ses molécules sont encore très massives par rapport aux ondes si subtiles du fluide lumineux. Ces ondes n'y sauraient produire de mouvement appréciable. La nature y a suppléé par un artifice dont on commence à entrevoir le secret. Chez les mammifères, les bâtonnets ont à leur extrémité un pigment rouge appelé pourpre rétinien ; ce pigment s'altère sous l'influence de la lumière, comme le chlorure de la plarpie photographique. Le mouvement lumineux se trouve ainsi remplacé par une différence chimique *, et l'effort incessant de la nutrition pour l'établir le pourpre rétinien explique suffisamment Tébranlement de l'organe.

Comment est appréciée la difl'érence des couleurs? On n'a encore à ce sujet que des conjectures. On peut croire

1. Celte hypothèse expliquerait un fait d'expérience facile à constater. Au sortir de l'obscurité de la nuit, quand le jour commence à poindre, on ne distingue pas toutes les couleurs du même coup, mais la couleur rouge est la dernière dont on saisit le caractère propre. Or les rayons rouges sont, précisément ceux qui ont l'activité chimique la i>lus faible. 11 semblerait qu'il en faille une plus grande abondance pour impressionner la rétine.

toutefois que la diversité des cônes et des bâtonnets n'est pas étrangère à ce phénomène *. Les cônes manquent dans les animaux de nuit, qui n'ont à apprécier que des différences de forme.

Or il est possible de ramener les couleurs à quelques gammes fondamentales, où les nuances se succèdent avec des transitions si délicates qu'on ne saisit de l'une à l'autre qu'une différence presque insensible. On n'est pas très d'accord sur ces couleurs types ^ On peut cependant sans invraisemblance les classer suivant trois séries : du blanc au noir en passant par les gris, du jaune mat au bleu en passant par les verts, du jaune d'or au violet en passant par les rouges. Il faut admettre, avec Yuung, que tous les rayons agissent sur les divers éléments du nerf optique, mais que les uns sont plus sensibles que les autres à certaines longueurs d'ondes. Cela posé, il se trouve que les trois séries correspondent fort naturellement aux divers états du nerf optique. Les blancs et les gris correspondent à l'éclairement égal, mais plus ou moins intense, des cônes et des bâtonnets. Les deux autres séries répondront à une différence d'éclairement croissante entre ces deux éléments de la rétine, la prépondérance appartenant aux cônes pour une série et aux bâtonnets pour l'autre. Dans ces conditions, les nuances les plus délicates peuvent être perçues à l'aide d'un très petit nombre d'organes distincts. On expliquera facilement les couleurs complémentaires, c'est-à-dire celles qui réunies donnent le blanc, par la compensation qui se produit entre rayons impressionnant inégalement, mais en s€ns opposé, les deux éléments de la rétine. Enfin, les formes si variées du daltonisme pourront être attribuées à la paralysie totale ou partielle de l'un de ces éléments.

Le sens de la couleur est le plus précieux pour la connaissance. Aristote l'a remarqué, la vue est le sens qui

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