Rood, Rev. se, 1880, lersem. n
2. Soury, Rev. se. 1882, 2^ sem., n° 5. Pour Helmholtz, les trois types sont le rouge, le jaune et le bleu. Hering admet trois couples : vert et rouge, jaune et bleu^ blanc jet noir. Young distingue le rouge, le vert et le violet.
r ous importe le plus, parce qu'il nous révèle les diiïérenceâ les plus nettes et les plus nombreuses ^ Toutes les autres sensations sont vagues si on n'y joint celle-là. Quoique l'on puisse penser de l'objectivité des couleurs, on ne peut nier que c'est par elles que nous caractérisons surtout les corps. Dans l'usage pratique de la vie, les couleurs sont pour nous comme les corps mêmes. Voir est le type de la connaissance le plus complet ; si ce renseignement nous manque, il semble que les indices fournis par les autres sens ne nous offrent que des énigmes.
La vue a ce double avantage d'oflrir des données à la fois distinctes et simultanées, ce qui nous procure la facilité d'en saisir les rapports réciproques. D'un seul coup d'oeil nous voyons beaucoup de choses^ tandis que les autres sens ne fournissent que des données isolées, ou successives, ou confuses. Jamais l'aveugle n'arrive à saisir les formes avec la même netteté que le voyant ; il y trouve une foule d'équivoques qu'il ne peut résoudre. J'en ai vu un exemple assez amusant. On soumettait un jour à l'examen d'un aveugle-né une petite statuette représentant un chien. Il avait beau explorer l'objet avec cette délicatesse de tact merveilleuse chez ses pareils, il n'arrivait pas à deviner l'objet représenté. Tl croyait que c'était une vache, et il prenait la queue pour une patte. La vue n'a pas de ces hésitations ; elle fait immédiatement la synthèse des parties.
Rien n'est beau comme la lumière ! Que seraient les corps sans la couleur ? Otez aux champs leur fraîche verdure, ôtez au ciel son tendre azur, ôtez l'éclat du jour qui remplit et anime l'espace, vaudrait-il la peine de vivre ? La lumière nous fait connaître les plus petits détails et les plus lointains espaces. Elle nous égaie, elle nous console, elle nous fortifie. Elle fait bondir l'agneau dans la prairie, et chanter l'oiseau sous la feuilleo. Quand l'aurore apparaît et lance au loin dans l'espace ses teintes éclatantes et ses rayons humides de rosée, l'enfant se lève le cœur léger,
1. Mettra TToteï yvwjOi'Çsiv rt ■niidç axjTTn tcôv «Î(T0:^(T«wv xai Tro).'Xyç SïjXoi Sta^Ojoàç. (MtHap. I, 1).
il sent qu'il fait bon de vivre, il tombe a genoux et remercie le Créateur.
Les modernes disent que la lumière n^est en soi qu'un mouvement. Eh bien ! ce mouvement est peut-être plus admirable encore que la sensation de lumière. S'il n'a point la beauté sensible, il a la beauté intelligible, la beauté de l'ordre et de l'harmonie. Nous admirons les mondes qui suivent sans dévier leur chemin dans l'espace. Ne sont-ils pas plus merveilleux encore, ces mouvements délicats des derniers éléments de la matière qui s'étendent, s'entrecroisent, se réfléchissent avec une vitesse infinie et arrivent aux extrémités du monde gardant toujours leur individualité ? Qu'à des milliards de lieues se trouve une étoile, et dans cette étoile un peu d'hydrogène: la vibration de l'atome d'hydrogène se communique au milieu, et la voilà partie, se transmettant sans variation à des distances incalculables. Qu'il y ait à Tautre bout du ciel un œil intelligent, il pourra dire avec certitude : là il y a de l'hydrogène. Quel géomètre, quel ingénieur a fixé avec tant de précision les lois de la matière, pour que rien ne s'y perde, que rien ne s'y confonde, et qu'au sein du fluide le plus mobile, les impulsions les plus délicates se propagent par des routes sûres jusqu'aux confins de l'immensité ?
Aussi la lumière est-elle le chef-d'œuvre de la création matérielle. Si elle fait le bonheur de l'homme, elle fait l'admiration des purs esprits. C'est elle qui raconte à tous la gloire de Dieu ; et quand elle a éclaté au premier jour de la création, les intelhgences bienheureuses en ont senti redoubler leur joie et leur amour *.
1. « Gum me laudarenl simul astra matutina et jubilarent omnes fili Dei » (Job, 38).