‹ La Perception et la psychologie thomisteChapitre 20 sur 64 · Goldschoider, Bévue scient. 1885, I"" sem., n · texte numérisé non relu

Goldschoider, Bévue scient. 1885, I"" sem., n

3. Ilo-T« To p-STaçù ToO KTTTty.ov n (Tup^, {lUpt ^u;^f/Ç, 2, 11).

4. (( Sicut philosophus videtur dicere, seusus tactiis est unus gonoro, sed dividilur in multos sonsus socundum speciem, qui tamen non soparantur secundum organum )^(Sum. theol. I, 78, .S).

être maintenu dans des limites très restreintes. Rendez-le moins rapide, les échanges de la nutrition deviennent impossibles. Exagérez-le, les tissus ne peuvent plus maintenir leur organisation. La température s'équilibrant très rapidement d'un corps à l'autre, il est d'une extrême importance que l'animal soit averti sitôt qu'il approche d'un corps qui lui apporterait ou lui enlèverait trop de chaleur. La sensation, comme une sentinelle vigilante, donne le signal ; si elle n'est pas écoutée, elle tourne bientôt à une souffrance aiguë. Chose singulière, cette souffrance est la même à l'approche d'un corps très chaud et à l'approche d'un corps très froid ; un membre gelé cause une douleur semblable à une brCdure. Aussi dans les deux cas le désordre est-il pareil, une désorganisation complète des tissus.

Qu'est la chaleur en soi et dans les corps qui la rayonnent? Nous avons traité le problème dans sa généralité à propos de la couleur, nous n'y reviendrons pas. Pour les modernes, la chaleur est un mouvement intime des molécules des corps. Leur théorie peut s'accorder avec la théorie ancienne de la même manière et dans la même mesure que pour les sons et les couleurs. J'ai entendu dire au regrettable M. Desains, dans son cours de physique, que la théorie mécanique de la chaleur est mieux prouvée encore que celle de la lumière. Dans les corps, l'accroissement de la chaleur est signalé par une dilatation très sensible. Il semble que les molécules s'écartent l'une de Tautre pour évoluer plus commodément. Y a-t-il dans les corps chauds autre chose que cette dilatation et les vibrations ou rotations dont elle est l'effet extérieur ? Que peut être la chaleur comme quahté des corps bruts ? Cette notion, comme celle d'odeur, offre un aspect assez subjectif, très mêlé déplaisir et de peine ; et l'on conçoit difficilement ce qui reste quand on a fait abstraction de l'affection que nous éprouvons. La chaleur est tout d'abord une impression de nos organes sensibles, et ce qu'elle est au dehors ne peut se définir que par la propriété de causer en nous cette sensation ou par l'état que cette propriété suppose. Quel est cet état ? Il appartient à la science expérimentale de le rechercher.

Passons à la notion de résistance, bien plus importante pour la connaissance des corps.

La résistance n'est pas à proprement parler une sensation, c'est un fait. Plus exactement, c'est la notion générale par laquelle nous caractérisons certains faits, et, comme telle, elle n'est atteinte complètement que par Tintelligonce. Le sens toutefois a une certaine notion de la résistance. L'animal n'est pas arrêté comme une pierre qui tombe est arrêtée par le sol qu'elle touche ; il s'arrête parce qu'il sent l'impossibilité de continuer son mouvement.

Quel est le caractère pi'opre de cette sensation ?

Il est assez difficile de le définir. Nous le remarquons très peu, tournés tout entiers que nous sommea vers la conséquence extérieure, qui est ordinairement la seule chose qui nous préoccupe.

On dit : pour sentir la résistance, il faut sentir son mouvement. Cela est vrai. On a donc imaginé un sens musculaire, qui nous ferait sentir le mouvement de nos muscles. Quelques-uns y ont ajouté un sentiment de l'effort, qui marquerait le départ de l'influx nerveux commandant le mouvement.

M. Fouillée a produit des arguments très ingénieux en faveur du sentiment de l'effort, qu'il a cherché d'ailleurs, par une intention louable, à spiritualiser \ Malheureusement, les arguments ne peuvent remplacer ici le témoignage de la conscience. Comment distinguer en nous-mêmes ce sentiment de l'influx nerveux. J'ai beau me sonder, je n'y arrive pas. Je ne distingue en moi que deux choses : désir de faire un mouvement, sentiment d'un changement dans le membre remué. Je ne nie pas que le désir d'un mouvement n'implique ({uelque changement matériel dans les cellules motrices, et que ce changement même ne soit le point de départ de l'ébranlement des organes moteurs. Mais ce changement dans les cellules cérébrales est absolument ignore de nous. Sans Panatomie, nous n'en aurions aucune connaissance. Nous savons seulement que nous avons voulu remuer, mais

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