‹ La Perception et la psychologie thomisteChapitre 28 sur 64 · NuUus sensus seipsuin cognoscit » {Cont. G · texte numérisé non relu

NuUus sensus seipsuin cognoscit » {Cont. G

4. « Non est possibilo (juod aliquid maleriale immiitet seipsum » [Swn. thaol. I, (S7, 3) — « Nuiluin corpus movot iiisi inotuin {Coiil. G. 2. ^^'^).

5. « Hoc non fieri potost per seiisum propriimi (jui non cognoscit nisi fonnann sonsihilis à quà iminutatur » {Su)n. tlwol. I, 78, \).

(). (( Oportet aulcm illud piincipiuni commune habere aliud organum » {Comment, de an. 3. 3).

6/l LA. PERCEPTION ET LA PSYCHOLOGIE THOMISTE

l'organe du second fait défaut. Enlevez les couches optiques d'un animal, l'œil se montre encore impressionné par la lumière et semble continuer à percevoir les sensations. Mais ces sensations restent inutiles ; l'animal ne peut ni se diriger, ni se conduire. Il n'est pas nécessaire que l'organe soit détruit, pour que la sensation cesse d'être consciente. 11 suffit que le cerveau ne fonctionne plus pour une sensation déterminée. Ceci arrive très fréquemment par le seul fait que notre attention est dirigée ailleurs. Que de fois ne nous est-il pas arrivé de voir une chose sans la remarquer ? Nous n'avons pas eu conscience de cette sensation. Cependant elle a été perçue, et même enregistrée, et un jour nous sommes très étonnés de retrouver dans notre souvenir une donnée ciui s'y était glissée inaperçue.

Le cerveau a, du reste, le pouvoir de se fermer lui-même aux impressions du dehors : c'est ce*qu'on a appelé le pouvoir d'inhibition. Ce pouvoir, comme l'a très bien remarqué M. Ribot, s'exerce naturellement ou volontairement^ Quand l'animal est occupé de surveiller sa proie, il ne voit qu'elle ; il devient étranger à tout ce qui ne tend pas vers ce but. Le point de son cerveau touché par cette impression est le seul qui vibre ; c'est là que le sang et la vie se portent avec le désir; tout le reste ne vit plus que d'une vie atténuée. L'homme a la faculté de provoquer en soi volontairement cet état cérébral. 11 peut, par un choix personnel, porter tout Peffort de l'organe vers une donnée qui domine et efface momentanément toutes les autres. Seul il en est capable, parce que seul il a un principe d'activité interne qui n'attend pas une impulsion du dehors.

Ainsi le cerveau est indispensable àla sensation consciente, indispensable comme l'organe Test à la faculté dont il est l'instrument nécessaire, la manifestation extérieure et vivante. On a dit quelquefois que le cerveau sent. Cette assertion n'est point exacte si on l'entend dans le sens matérialiste. Il n'est pas vrai que les mouvements, les formes et les réactions chimiques de cet organe engendrent le senti-

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