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Los maladies de la mémoire^ Paris

80 LA tïïRCKPTION ET LA PSYCHOLOGIE THOMISTE

quels elle revenait au sentiment avec un caractère tout autre. Après un second assoupissement, l'état ordinaire reparaissait. Il y avait un de ces états dans lequel elle perdait tonte notion de ce qui s'était passé dans l'autre ; elle semblait une autre personne. Depuis on a pu reproduire cet état chez les hypnotisés. On a même développé chez quelques sujets jusqu'cà trois personnalités différentes parlant l'une de Tautre comme d'une étrangère.

Y avait-il vraiment plusieurs personnes différentes ? Évidemment non : mais la même personne, dans certaines circonstances, perdait la notion du lien qui établissait son identité, et se prêtait à plusieurs rôles successifs. On dirait que le cerveau se partage alors en plusieurs compartiments étanches; dans chacun se produit une série d'actes inconnus des autres. De pareils faits sont tout à fait inexplicables dans l'hypothèse d'une mémoire purement intellectuelle. Ils nous paraissent prouver sans réplique deux vérités sur lesquelles S. Thomas a toujours appuyé et qu'ont trop souvent méconnues les spirituahstes modernes : la première, que la mémoire est surtout un fait de sensation relevant des conditions organiques du cerveau ; la seconde, que nous ne connaissons le moi que par ses actes. Toute méprise sur la personnalité serait impossible, si nous connaissions notre âme dans sa propre nature.

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