Les sens et V intelligences p
Deux circonstances déterminent ce genre d'association qui réunit plusieurs sensations en un seul tout.
La première est l'union extérieure des causes de ces sensations. Elles agissent sur la sensibilité dans un accord constant. Les phénomènes qui, dans la nature, se rapportent à un même individu^ sont liés entre eux par là même et forment une sorte d'aggrégat : « Si nous cueillons une rose, » dit encore M. Bain ', « nous avons une forme pour l'œil et pour la main, plus une odeur et une sensation du goût. Reproduites chaque fois que nous sommes en présence de la
rose, ces formes finissent par faire corps entre elles
Quand l'esprit est en possession de ce groupe, une seule quelconque de ces sensations peut suffire à réveiller toutes les autres, chacun de ces caractères fera apparaître la série entière. »
Les psychologues spiritualistes trouveront peut-être cette explicationin suffisante. Elle l'est. En effet en ce qui concerne l'homme, nous la compléterons un peu plus loin, quand nous nous occuperons de la cogitative. En ce qui concerne ranimai, elle doit être également complétée par la seconde circonstance qui nous reste à indiquer, circonstance tout intérieure qui donne au phénomène son caractère définitif.
Nous ayons déjà vu que les sens ne sont point créés seulement pour la science, mais aussi et surtout pour subvenir aux nécessités de la vie. Dans l'animal, ce dernier but existe seul. Il a une faculté, que l'on appelle appf^tit sensitif, par laquelle il recherche ce qui lui est agréable et évite ce qui lui est pénible. Cette faculté n'est pas une faculté de perception, mais, éveillée par la perception qui la met en rapport avec son objet, elle met à son tour toutes les facultés en mouvement pour les diriger vers le but unique de la vie animale.
L'appétit tend à la satisfaction de certains besoins pn'»cis : ces besoins sont satisfaits non par telle ou telle sensation isolée, mais par l'objet qui provoque ces sensations. Comme l'a très bien remarqué S. Thomas, l'animal ne vise