‹ La Perception et la psychologie thomisteChapitre 37 sur 64 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

DE l'idée d'être et DE l'iNTELLIGENCE

On nous reprochera sans aucun doute d'avoir confondu, dans le chapitre précédent, l'idée d'être et la connaissance du fait actuel de l'existence. Beaucoup de personnes croient, en effet, apercevoir entre ces deux données une différence radicale. Elles accordent que l'idée d'être est lapremièi'e des notions intellectuelles * ; mais elles croient que la perception du fait de l'existence actuelle peut résulter de l'exercice même du sens. Telle est la manière de voir développée récemment par M. le D"" Schmid, professeur à l'université de Munich. Le savant auteur fonde sur cette différence la distinction essentielle qui sépare l'intelligence de la sensibilité. Le fait de l'existence actuel est contingent ; au contraire, Tidée d'être possible implique une nécessité. Il y a là, suivant M. Schmid, l'indice d'une opposition profonde qui assigne aux deux données une origine absolument diverse '".

Nous ne pouvons partager l'opinion de Téminent professeur. A notre point de vue, l'opposition qu'il signale, au lieu d'être profonde, est assez superficielle. Elle nous paraît résulter uniquement des divers aspects sous lesquels la même donnée est envisagée. Considérons-nous la donnée comme actuellement concrétée et réalisée dans des déterminations individuelles, elle est contingente : elle est contingente, parce que sa jonction avec ces déterminations, condition indispensable de son actualité, n'est point imposée par la nature des choses ; elle dépend de raisons

1. « Ens est prima conceptio intellectus » (Cotnment. in Anahft. post. 1, 5).

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