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d'elle-même de la puissance à l'acte ; en chacun de nous la faculté de la parole passe de la puissance à l'acte sous la direction d'un homme parlant : cette circonstance faisant défaut à l'origine, Dieu a dû tout d'abord donner la faculté complète et déterminée à Tacle.
Cette intervention spéciale doit-elle être qualifiée de surnaturelle ? Nous ne le pensons pas : pas plus que la création de la première plante ou du premier homme, pas plus que la création de chaque âme individuelle. Tous ces actes n^'ont, en effet, pour but que rétablissement et la conservation de l'ordre naturel. Il est à croire qu'au commencement des choses, Dieu, en créant la matière inerte, daigna lui communiquer la première impulsion, en troubler l'équilibre mort, pour en tirer les merveilles du monde physique. De même, il nous paraît naturel d'admettre, qu'en créant le premier homme capable de pensée et de parole. Dieu lui a donné sa premièi-e pensée et sa première parole, afin de poser un point de départ au développement bien autrement élevé de l'ordre moral.
La philosophie contemporaine répugne, je le sais, à toutes ces interventions divines : elle ne veut voir en chaque chose qu'une dérivation d'un état préexistant, avec la pensée secrète que le premier état ne relève que de lui-même. Je vois la réalité bien étudiée lui donner partout des démentis. Que de faits on ne peut rattacher à leurs antécédents que de la manière la plus arbitraire ! Qui peut, avec vraisemblance, rattacher le règne végétal au règne minéral, le règne animal au règne végétal, ou le règne humain au règne animal ? Partout d'énormes lacunes, qu'une science superficielle n'arrive à combler qu'en méconnaissant ce qu'il y a de plus essentiel dans les faits. Preuve irréfragable que le monde est dépendant par nature, et n'a pu être établi tel qu'il est que par un être infiniment sage qui le produit, le domine, le conduit et le porte à ses fins.