‹ La Perception et la psychologie thomisteChapitre 9 sur 64 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

DES SENS EXTERNES ET PREMIÈREMENT DE l'oDORAT, DU GOUT ET DE l'oîJIE.

Je reviens au type de connaissance indiqué plus haut, à cette notion que nous formons en présence d'un objet matériel, notion que nous traduisons par un jugement particulier.

Pour fixer nos idées, supposons-nous en présence d'un oranger chargé à la fois de fleurs et de fruits, comme il s'en trouve souvent au printemps dans les belles régions qui bordent la Méditerranée. Ses fruits sont enfin mûris par les rigueurs de l'hiver, en même temps que ses fleurs s'ouvrent sous la moite et tiède haleine du printemps. Nous trouvons là de quoi intéresser tous nos sens.

Tout d'abord, avant même de voir l'oranger, je sens le parfum délicat qui s'exhale de ses fleurs. Voilà une première sensation ; elle s'adresse au sens que nous appelons odorat. Personne n'ignore aujourd'hui que l'odeur résulte de parcelles extrêmement ténues émises par le corps odorant, qui viennent ébranler l'organe, c'est-à-dire cette muqueuse tapissée de fibrilles nerveuses étendue dans les fosses nasales. S. Thomas ne croyait pas ce mode de dilTusion possible au-delà d'une très petite distance. On n'avait pas de son temps une idée exacte de l'extrême divisibilité de la matière. Il pensait que le corps odorant eût été bientôt épuisé ^ Aussi préferait-il admettre une certaine modification intentionnelle par laquelle l'air devenait capable de transmettre la qualité sensible de l'odeur. Nous reviendrons plus loin sur cette conception, et nous en rechercherons la

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