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Si nous jugeons d'après les quatre dernières colonnes, nous voyons que la première détermination approximative de l'horizon apparent n'avait pas été trop inexacte, sauf pour le troisième observateur (G.); son cas sera d'ailleurs considéré spécialement plus loin. Si nous partons maintenant de ces régions qui, d'après les mêmes colonnes, correspondent plus quetoutes autresà l'horizon apparent, nous constatons que la certitude régulière relativement à la position des points ne se produit que pour des distances assez éloignées de ces régions. Pour les deux premiers observateurs (Bl. et B.), il faudrait dépasser un peu les
ositions extrêmes considérées pour avoir la certitude absolue ; a zone pour laquelle on peut n'être pas parfaitement sûr que le point est au-dessus ou au-dessous de l'horizon, lorsque la distance du point à l'observateur est de 2m, a donc, de part et d'autre de l'horizon apparent, une largeur d'environ 5cm, c'està-dire d'environ i°,5. Pour le dernier observateur (G.), nous pouvons tirer parti du fait que les observations, grâce à l'erreur commise dans la détermination sommaire préalable de son horizon apparent, ont été poussées plus loin au-dessous de son horizon apparent que pour les autres : nous voyons qu'il distingue sûrement la position du point lorsqu'elle correspond au chiffre 32 du tableau ; or, comme son horizon apparent est entre -h 16 et -h 24 (nous pouvons adopter comme chiffre moyen 4- 20), nous constatons également que la zone d'incertitude a chez lui une étendue d'environ 5cm.
Voici maintenant quelques particularités concernant chacun des trois observateurs.
Pour Bl., le zéio du tableau correspond à son horizon réel, c'est-à-dire que te point lumineux, pour ce zéro, était à la hauteur du centre de sa pupille (œil droit), lorsqu'il regardait droit devant lui. Les résultats prouvent que son horizon apparent coïncide sensiblement avec cet horizon réel ; on peut supposer qu'il rapporte spontanément son horizon à ses yeux plutôt qu'à sa tète tout entière.
Pour moi (B.), le zéro du tableau se trouve 3omm au-dessous de mon horizon réel. Comme les deux groupes d'observations que j'ai faites donnent environ comme moyenne un horizon apparent correspondant au zéro du tableau, il s'ensuit finalement que mon horizon apparent reste environ 3omm plus bas que mon horizon réel.
Quant au troisième observateur (G.), son horizon réel était i2"'m au-dessous du zéro du tableau ; comme, d'autre part, il s'est trouvé que son horizon apparent correspondait à une région du tableau intermédiaire entre -h 16 et -f- 24, il en résulte finalement que son horizon apparent était environ 3omm plus haut que son horizon réel. D'ailleurs, son horizon apparent s'est élevé peu à peu pendant le cours des observations. En faisant de ses observations deux groupes, j'ai trouvé que pour le premier groupe, comprenant les 195 premières réponses, son horizon apparent n'atteint pas tout à fait 28mm au-dessus de son horizon réel, tandis que pour le deuxième groupe, comprenant les 195 autres réponses, il est voisin de 36mm. L'observateur considéré s'est aperçu de cette élévation progressive de son horizon apparent. Il a remarqué aussi que sa notion
de l'horizon n'était pas la môme à la lumière et quand il n'apercevait que le point lumineux dans l'obscurité; lorsque le point, à la lumière, lui paraissait à l'horizon, il lui paraissait au-dessous de l'horizon, dans l'obscurité; pour les positions élevées correspondant aux chiffres 32,40,48 du tableau, il voyait très bien, la salle étant éclairée, que le point était au-dessus de son horizon, tandis que, lorsque l'obscurité était faite, il lui arrivait fréquemment, comme le prouvent les résultats rapportés dans le tableau, de croire le point à l'horizon.
Pendant le cours des déterminations où j'ai été moi-même observateur, j'ai pu constater aussi quelques faits subjectifs intéressants. Ainsi, j'ai remarqué deux sortes de jugements sur l'horizon apparent, l'un instinctif et l'autre un peu raisonné. Le jugement instinctif se produit immédiatement et me porte à placer l'horizon apparent au-dessous de l'horizon réel; d'après l'autre jugement, je me rends compte que mon jugement instinctif considère non pas la hauteur de mes yeux, mais une région plus basse du visage et voisine de la base du nez; et j'essaie alors de corriger cette estimation instinctive et de rapporter l'horizon à la hauteur de mes yeux. Les déterminations citées dans le tableau sont des déterminations d'après le jugement instinctif, tandis que celles que j'ai rapportées antérieurement ont été faites d'après le jugement raisonné.
A propos de la distinction précédente, il est intéressant de remarquer que, lorsqu'on rapporte l'horizon à nue région du visage située plus bas que les yeux, ceux-ci, pour fixer un point représentant cet horizon, doivent s'abaisser progressivement à mesure qu'on se rapproche du point. L'horizon apparent correspond donc, dans ce cas, à des sensations tactiles et musculaires variables des yeux ; il est déterminé en partie par.de telles sensations et en partie par la perception ou l'idée que l'on a de la distance du point. Ce fait mérite d'être considéré lorsqu'on expérimente avec des objets peu éloignés et dans des conditions telles que la perception normale de la distance peut se trouver modifiée, par exemple dans l'obscurité, en se servant d'un seul point lumineux. Lorsque l'horizon apparent est pins haut que les yeux, l'inverse a lieu, le regard doit s'élever à mesure que le point qui paraît à l'horizon se rapproche. D'après cela, nous aurions l'explication de l'élévation progressive de L'horizon apparent constatée chez G. en supposant, ce qui n'est pas invraisemblable, que le point lumineux lui a paru peu à peu se rapprocher pendant le cours des observations et qu'en conséquence il a élevé progressivement les yeux.
J'ai remarqué aussi, bien que mon horizon apparent correspondit sensiblement au zéro du tableau, que les positions audessus de l'horizon me faisaient en général plus irrésistiblement l'impression d'en haut que les positions au-dessous d'en lias. Enfin, j'ai constaté avec certitude l'influence de la volonté préalable d'exécuter un mouvement des yeux de direction définie: ainsi, si j'atteins le point en déplaçant franchement le regard de haut en bas, il tend à me paraître en bas ; si ensuite je pars d'en bas et déplace le regard de bas en haut, le point tend à me paraître en haut; j'ai constaté ces illusions, comme il était naturel, surtout lorsque le point était voisin de mon horizon apparent.
83. Perception des différences de position par le moyen des sensations tactiles et musculaires des yeux. — Les résultats que j'ai obtenus, en recherchant avec quelle exactitude je pouvais percevoir, sans l'intervention des sensations rétiniennes, une différence de position entre deux points, s'accordent avec ceux qui viennent d'être rapportés.
Les expériences ont eu lieu, comme précédemment, dans l'obscurité. Deux points lumineux étaient produits électriquement cl réglés de manière à présenter la même intensité. Pour éviter l'action des images consécutives, l'expérimentateur les faisait se suivre à 2 ou 3 secondes d'intervalle. La durée de fixation des points, et en particulier du premier, était d'environ 4 à 5 secondes. Entre l'apparition du premier point et celle du second, je fermais les yeux ; je m'imposais en outre de faire, avant l'observation du second point, quelques mouvements irréguliers des yeux, de telle sorte qu'au moment précédant l'observation, mes yeux ne se trouvassent probablement pas dans la position où ils étaient quand je fixais le premier point. Je portais mon attention sur la position des points etnon (quoique <îela, ainsi que je l'ai constaté, eût été possible) sur les sensations tactiles et musculaires elles-mêmes. Les observations étaient faites avec les deux yeux. Les points lumineux se trouvaient à 2m de moi ; l'un était médian, à la hauteur de l'œil droit et restait fixe ; l'autre, dans quatre séries successives d'observations, a été placé au-dessus, au-dessous, à droite et à gauche du premier, et, dans chaque série, il a été placé successivement à i2mm, à i6mm, etc., du précédent. L'angle rapporté dans le tableau qui suit est celui dont chaque œil avait à tourner pour passer d'un point à l'autre. Pour chaque position du point mobile, j'ai fait 20 observations. Les chiffres indiquent les nombres de réponses bonnes (B), mauvaises (M) et douteuses (D) ; les chiffres des quatre séries sont totalisés ; en effet, il n'y a pas eu de différence sensible entre les résultats, soit que le point à position variable lût au-dessus, au-dessous, à droite ou à gauche du point fixe (1).