‹ La perception visuelle de l'espaceChapitre 23 sur 34 · O CD · texte numérisé non relu

O CD

Fig. 89.

xiences pseudoscopiques sans aucun instrument, en observant simplement avec un œil. Un prisme triangulaire en carton, dont on aura soin de cacher les bases, constituera un objet convenable pour ces expériences. En observant pendant quelque temps ce prisme, on constatera qu'on peut le percevoir tantôt avec son relief réel, tantôt avec un relief inverse. On peut rapprocher de la pseudoscopie monoculaire le fait que, lorsqu'on regarde un tableau avec un seul œil, l'illusion du relief et de la profondeur est beaucoup plus forte, au bout de quelque temps, que lorsqu'on le regarde avec les deux yeux.

L'effet pseudoscopique se produit avec plus ou moins de facilité selon les objets que l'on observe . Les ombres, la grandeur des images rétiniennes et les autres moyens auxiliaires dont nous disposons pour percevoir les relations réelles de profondeur tendent à empêcher cet effet. On le constatera malaisément avec le visage humain ou avec d'autres objets très familiers ; au contraire, on le constatera aisément avec un carton plié, avec des tiges ou des fils verticaux dont on aura caché les extrémités. Le pseudoscope ci-dessus décrit et qui laisse intervertis le haut et le bas donne d'excellents résultats en raison même du fait que les objets y apparaissent verticalement renversés et sont en conséquence difficiles à reconnaître; il permet aussi de constater aisément l'influence de la profondeur apparente sur la grandeur apparente : ainsi un petit flacon placé sur le bout d'une longue table le plus rapproché de l'observateur fait l'effet d'un grand flacon de même forme qui se trouverait dans la région occupée normalement par le bout de la table le plus éloigné.

Fîg. 90.

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