CROSS
La percussion immédiate, d'abord seule pratiquée par AUENBRUGGER et LAENNEC, se faisait du bout des doigts; puis CORVISART préconisa de le faire « à main ouverte ».
La percussion médiate interpose entre le corps percuté et l'instrument percuteur, soit un appareil (plessimètre de PIORRY), soit un « percussioquantimètre » (Gustav BAER), soit une phalange : c’est la percussion digito-digitale, aujourd’hui communément adoptée et qui est une simplification apportée par les Anglo- Saxons au procédé de PIORRY.
La percussion médiate a, sur la première méthode, de nombreux avantages
Elle provoque une douleur moindre;
Elle permet de préciser facilement le lieu que l’on
veut étudier;
Elle restreint la diffusion des sons; le doigt semble
jouer le rôle des pédales d’un piano et empêcher le développement des résonances secondaires.
Enfin, la percussion digito-digitale l'emporte par sa simplicité, ce qui lui vaut d’être partout employée.
Dans la percussion digito-digitale, c’est l'extrémité de l’index ou du médius droit, recourbé en crochet, qui percute la deuxième phalange du médius gauche appliqué dans l’espace intercostal.
La main droite est solidaire du doigt percuteur et le mouvement se-fait autour de la charnière radiocarpienne.
Les coups doivent être bien détachés, souvent répétés, pour vaincre la contraction musculaire, et d’inten-
sité uniforme, pour qu’il soit possible de comparer les sons.
L’intensité a une importance capitale. C’est en l’ac-
croissant, que l’on a cherché à pousser les investigations profondément. Nous avons vu que les degrés de
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* l'intensité ont été artificiellement classés et ont engendré trois modes de percussion — la percussion profonde, — la percussion moyenne, — la percussion liminaire.
1°. — La percussion profonde, imaginée par PIORRY, a pour but de pousser les investigations en profondeur. |
Elle repose sur deux principes — diminuer la distance séparant la zone suspecte de la paroi, en déprimant la paroi;
— augmenter la pénétration en percutant avec force.
Mais ces principes sont des fictions.
La diminution de la distance, que l’on peut obtenir par pression sur la rigide paroi thoracique est insignifiante. +
Une percussion forte ébranle des masses énormes d'air et de tissus, le choc digito-digital est très violent : les bruits parasites sont si intenses qu'ils enlèvent toute valeur à ce procédé.
Les résultats en ont été nuls, témoins les faux diagnostics d’adénopathie trachéo-bronchique que l’on avançait naguère avec tant de facilité et que le contrôle radiologique a réduits à néant.
2°. — La percussion moyenne est la plus couramment utilisée. Elle consiste à produire des sons que l’on entend à quelques mèêtres. Mais les organes qu’elle intéresse sont trop étendus pour qu’elle puisse donner ‘ des renseignements vraiment utiles.
3°. — La percussion liminaire se situe à l’opposé de la percussion profonde. C’est la tendance actuelle elle consiste à analyser des sons, au seuil de l’audibilité pour une oreille située à vingt centimètres du thorax.
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Son domaine se situe immédiatement au contact de la paroi thoracique.
Les renseignements qu’elle fournit sont précis, car elle n’intéresse qu'une partie très limitée de la paroi thoracique et la périphérie des organes sous-jacents. Eile se prête donc à des déductions fructueuses; c’est la méthode de choix. | :
Le lieu de percussion.
Le choix du lieu de percussion a une importance grosse de conséquences.
On néglige d'interroger certaines régions, car les renseignements qu’on en peut extraire sont nuls; ce sont toutes des masses charnues.
— Le moignon de l'épaule; :
— Les crêtes musculaires qui limitent en avant et en arrière le creux axillaire;
— L'omoplate;
— L'arête formée par le bord supérieur du trapèze;
— La colonne vertébrale recouverte et débordée par les spinaux;
— Chez la femme, les seins.
Tout le reste du thorax peut être percuté avec intérêt, en prenant soin de comparer les sons rendus en des points symétriques.
Lattitude du malade.
L’attitude du malade est capitale : debout ou assis, il doit se laisser aller à la détente musculaire la plus complète; les contractions musculaires peuvent modifier complètement les sons de percussion et fausser le jugement. Il est parfois nécessaire de répéter les chocs pour obtenir la détente musculaire.