‹ La Percussion du Poumon: Étude Théorique et CliniqueChapitre 36 sur 41 · LA MATITÉ · texte numérisé non relu

LA MATITÉ

— Le cCœWw.

Le cœur se projette sur la paroi antérieure du thorax.

Situé immédiatement sous le plastron sterno-costal,

dans sa partie centrale et droite, il en est séparé, à

gauche et en haut par une languette de tissu pulmonaire, ;

Cette disposition donne à étudier deux sons : — la matité, — la sub-matité ou matité relative.

L’aire de matité relative, grossièrement triangulaire, suit schématiquement le bord droit du sternum, depuis le 5° cartilage jusqu’au 2° espace.

Le bord gauche convexe en haut et à gauche, part du 2° espace gauche jusqu’au mamelon gauche et se termine un peu plus bas, dans le 5° ou dans le 4° espace où l’on palpe la pointe du cœur.

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Le bord inférieur, dans sa moitié gauche, est horizontal; dans sa moitié droite, il est virtuel et se confond avec la matité hépatique.

L’aire de matité absolue, située à l’intérieur de la première, présente également une forme triangulaire.

Son bord droit correspond au bord droit du sternum, du 5° cartilage au 4° espace.

Le bord gauche va du 4° espace à la pointe du cœur.

Le bord inférieur horizontal part de la pointe et rejoint l’extrémité interne du 5° espace.

Pour RIisT, cette zone n'atteint pas la pointe du cœur; elle a une forme grossièrement arrondie.

— Le foie.

Ce viscère forme la limite inférieure du poumon droit.

Du tissu pulmonaire se situe entre la paroi costale et sa surface supérieure arrondie. Le foie se projette donc sur sa périphérie par une aire de matité relative coiffant une aire de matité absolue.

La matité relative. Sa limite supérieure part de la colonne vertébrale qu’elle atteint au niveau de la 12° dorsale, croise la 7° côte sur la ligne axillaire et atteint le 5° espace en avant.

Son épaisseur est, en moyenne, de deux à quatre centimètres.

La matité absolue. Son aire est coiffée par la matité . relative qui la surplombe de quelques centimètres.

. Sa hauteur est d'environ dix centimètres sur la ligne mamelonnaire et sur la ligne axillaire.

Sa limite inférieure se confond iatéralement avec les fausses côtes; plus en avant, elle déborde la cage . thoracique et atteint la ligne médiane à mi-hauteur entre l’ombilic et l’appendice xyphoïde.

IE 7: de NA

- LE TYMPANISME.

Le tympanisme peut se rencontrer au niveau de l’espace de Traube dans lequel se projette ia grande courbure de l’estomac et les anses intestineles.

TRAUBE, en 1868, le décrit pour la première fois ainsi : « À la partie inférieure de l’hémithorax gauche est une région dans laquelle le son de percussion est tympanique. Cette région a une figure semi-lunaire; elle est limitée en bas par le bord du thorax, en haut par une ligne courbe dont la concavité regarde en bas. L'espace ainsi formé commence, en avant, au-dessous du 5° ou du 6° cartilage costal gauche et s'étend, en arrière, le long du thorax, jusqu’à l'extrémité antérieure de la 9° ou de la 10° côte. Sa plus grande largeur est de trois pouces à trois pouces et demi (neuf à onze centimètres) ».

En fait, l’espace de Traube est très variable dans ses dimensions et dans les sons qu’il rend. On peut lui trouver un son pulmonaire ou mat, selon l’état de réplétion ou la tension des gaz du tube digestif.

Le son pulmonaire.

Le son pulmonaire, qui nous intéresse particulièrement, s’entend dans les régions où le poumon est immédiatement situé sous la paroi.

Sa limite inférieure est formée à droite par la matité hépatique; à gauche : en avant, par le bord supérieur de l’espace de Traube; en arrière, de l’extrémité antérieure de la 10° côte à la 11° ou la 12° côte.

Il est à noter qu’en arrière la limite inférieure est plus haute de quelques centimètres à droite qu’à gauche.

D'autre part, cette limite varie selon la morphologie thoracique, la position du malade et la respiration.

Les sons de percussion pulmonaire ne sont pas partout les mêmes : plus aigus et faibles au sommet, ils sont, à la base, plus graves et plus intenses.

Certaines zones sont particulièrement instructives à examiner : ce sont celles où les couches musculaires et cellulaires sont les moins épaisses

—- les espaces sus et sous-claviculaires, : — Jes creux axillaires.

Par contre, la partie moyenne antérieure du thorax recouverte par les pectoraux ne rend que des sons transformés par ces muscles épais et dont l’interprétation demande de la prudence.

Les limites des zones de projection.

La délimitation des organes intra-thoraciques basée sur le contraste des sons qu'ils rendent à la percus- ‘sion appelle quelques remarques.

Les aires de projection ainsi définies ne sont que des schémas. L'avantage de la clarté ne doit pas faire oublier les erreurs qui s’attachent aux images simplifiées.

La forme, le volume, la situation, l’âge, les états anatomiques, donc les sons eux-mêmes, sont choses trop. changeantes pour qu’on puisse les intégrer dans le cadre étroit d’un schéma.

Les limites ainsi décrites n’ont qu’une valeur indicative : elles n’ont pas d’autre sens.

Par voie de conséquence, il apparaît très risqué de s'attacher aux détails, à la nuance, en un mot aux insi-

gnifiantes minuties qui consacrèrent l’éphémère. prestige de PIORRY.

En matière de percussion, seul doit compter le fait net et tranché, car lui seul peut se prêter à la déduction.

es La percussion du poumon malade.

Le seul signe que peut fournir la percussion dans

les maladies pulmonaires ou pleurales est la perception

de « sons contre nature ».

Le son pulmonaire normal peut disparaître et être remplacé |

— par de la matité, — par du tympanisme.

La matité. — La matité est due soit à la présence

de liquide, soit à la présence de corps ayant une con-

sistance de chair dans la plèvre, les alvéoles et les bronches.

En conséquence, on trouvera 1°) La matité due au liquide,

— dans les épanchements pleuraux, — la pleurésie, — l’hydro-pneumothorax,

— dans les épanchements broncho-alvéolaires, — les bronchectasies en rétention, — les abcès, — les rétentions en amont de sténoses où.

des obstructions, — les kystes hydatiques.

2°) La matité due aux corps charnus ou solides,

— dans la plèvre, — les dépôts organisés des collections liquides : fibrineux ou calcifiés, — dans le poumon, | — les tumeurs intra- -parenchymateuses d’origine néoplasique,

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3°) La matité due à la présence de corps solides et liquides à la fois, — dans le poumon,

— les condensations à la suite de processus infectieux (tuberculeux, pyogènes banaux, etc...),

— les infarctus,

— dans le médiastin, — les anévrismes des gros vaisseaux ou du cœur, — les tumeurs médiastinales bénignes ou malignes, kystes dermoïdes, neurinomes, adéno-sarcomes.

Le tympanisme. — Le tympanisme ressortit de trois causes

1°..— L'absence de parenchyme pulmonaire;

2°. — La destruction anatomique des Sie élastiques ;.

3°. — La détente du poumon.

L'absence de parenchyme pulmonaire se rencontre dans :

— le pneumothorax, — les bulles intra-parenchymateuses; — les pertes de substances de la tuberculose et des pyogènes, — les kystes aériens, — l’emphysème bulleux.

La destruction anatomique des systèmes élastiques se traduit par l’emphysème.

La détente du poumon sain est réalisée

— par un épanchement pleural.

On rencontre au-dessus du niveau liquide une zone de tympanisme plus ou moins aigu : le skodisme.

— par un important déplacement du médiastin dû

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à un pneumothorax ou à un épanchement pleural très abondant. Le tympanisme s'entend alors au niveau du poumon sain.

Parmi les nombreux sons tympaniques, trois possèdent des caractères particuliers qui permettent de les isoler

— le skodisme, dont il a déjà été parlé,

— le son amphorique, analogue au bruit « produit par la percussion de la bouche entr'ouverte ou d’une bouteille vide ». Le son, amphorique se rencontre dans les grandes cavités (le plus souvent tuberculeuses) auxquelles aboutissent des bronches largement ouvertes, ou dans certains grands pneumothorax,

— le bruit de pot fêlé.

Ce son est comparable à celui que l’on obtient en frappant sur un vase de métal fêlé.

On l'entend dans les grandes cavités. pulmonaires, (souvent tuberculeuses). Il paraît formé par la coexistence d’un son tympanique qui signe la présence d’une caverne, et d’un râle sonore ou bulleux, dont l’origine serait une bronche encombrée de sécrétions, et qui serait modifié par la proximité de la caverne.

Enfin, ce bruit ne pouvant s’extérioriser que deux ou trois fois de suite, on en déduit que l'air intra-cavitaire se trouverait en pression légèrement positive.

Cependant, le bruit de pot fêlé ne semble pas pathognomonique d’une caverne. SKODA, GUÉNEAU DE MUSSY l'ont entendu chez des sujets sains ce qui laisse présumer qu'il existe d’autres mécanismes capables de le produire.

Les défaillances de la percussion.

Si la percussion, bien faite et bien interprétée, rend service pour la recherche de la lésion dans un grand

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nombre de maladies pulmonaires ou pleurales, le nombre de celles qui échappent à cette investigation est loin d’être négligeable. | Les raisons de ces défaillances tiennent surtout à deux facteurs ‘physiques :

— Ja distance, ; — le volume. :

La distance.

C’est pour réduire ce facteur que les auteurs anciens avaient tenté de réaliser la percussion profonde.

Ils’ pensaient, par ce procédé, porter le diagnostic en plein parenchyme, jusqu’au hile, et même jusqu'au médiastin. C'était méconnaître l'existence d’un seuil de la distance, au-delà duquel toutes les réalités physiques demeurent inaccessibles.

Aussi, cette tentative s’est-elle soldée par un échec. Les condensations et les cavités intra-parenchyma-

teuses ne se laissent deviner que dans les cas où elles modifient les oscillations de la paroi.

La pathologie hilaire échappe plus souvent encore à la percussion : les adénopathies hilaires, à moins que par un volume impressionnant elles ne s’avancent

tout près de la paroi, restent muettes. :

. L'exemple le plus frappant demeure sans conteste l’adénopathie trachéo-bronchique de la primo-infection

dont il a bien fallu reconnaître, grâce à la radiologie, qu'elle n’est pas du ressort de la percussion.

Enfin, les « tumeurs » hilaires, l’anévrisme de l’aorte, les kystes dermoïdes, les neurinomes restent, à quelques exceptions près, inaccessibles.

Le volume.

Le volume est, avec la distance, le facteur principal. PiorryY, à l’aide d’un plessimètre il est vrai, réus-

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