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« M. G... présente de toute évidence une sténose pylorique. Aux rayons, la moitié d’un repas pris sept heures auparavant est resté dans l’estomac.
« Un deuxième repas remplit un estomac qui, con-
trairement à mon attente, est relativement petit ou tout au moins pas plus volumineux que normalement. « Légère dilatation de l’antre prépylorique. Pas d'image anormale sur les contours gastriques, pas d’ulcus en particulier (ce malade est un ancien ulcéreux que le Docteur Gendron m'avait adressé il y a quatre à cinq ans).
« Etant donné la sténose pylorique, le duodénum s’injecte fort mal et est, de ce fait, très difficile à examiner. Cependant, après une attente assez longue, j'ai pu faire quelques radiographies du bulbe qui apparaît déformé (je sais bien qu’il y a la cause d’erreur du mauvais remplissage). D'autre part sur la radio prise avant le deuxième repas et qui montre la stase gastrique, on note une tache résiduelle dans le duodénum. On peut espérer, dans ces conditions, que le syndrome de sténose est peut-être lié à un ulcus duodénal.
« Présence de sang en quantité moyenne dars les 3 échantillons de selles. J’ai conseillé très vivement une intervention la plus rapprochée possible. »
À l'opération, le 19 novembre 1934, je trouve une grosse tumeur pylorique, avec infiltration œdémateuse de tout l’antre pylorique allant même loin sur la grande courbure. J’interprète cette masse comme étant un néo, néo même trop étendu pour qu’on puisse songer à la gastrectomie. Je me contente de faire une gastro isopéristaltique trans et sus-mésocolique. Suture à la Robineau. (Sans pouvoir l’affirmer, je crois pouvoir dire que les sutures ont été faites avec du gastergut. Paroi en 3 plans. Catgut sur le muscle. Suites opératoires normales. Reprend son métier de cuisinier au bout de un mois et demi.
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Je le revois deux ou trois fois : a repris son poids, ses forces, son activité. La dernière fois que je le vois, il se plaint d’avoir quelques digestions pénibles. Je lui donne du carbonate de bismuth et de l’hydrate de magnésie, médication qui calme les malaises dont il se plaignait. Ces temps derniers M. G... allait très bien.
Le 12 mars, à 6 h. 5 du matin, en s’asseyant sur son lit pour se préparer à prendre son petit déjeuner, M. G... est pris d’une douleur atroce dans l’abdomen. On me téléphone et je vois le malade à 7 h. 45.
Le malade souffre énormément du ventre. Cet homme, courageux pourtant, se plaint de douleurs atroces. Bon facies. Pas de vomissements. Impossibilité de respirer à fond. Température : 37°1. Pouls : 76, parfait.
A l'examen : Légère contracture au niveau de la cicatrice. Ventre de bois partout, mais ce qui me frappe, je ne réveille à la palpation, même profonde, aucun point douloureux. Et même ma main au niveau de l’éventration, s’enfonçant profondément entre les droits, ne provoque aucune douleur. Je suis très frappé par ce fait, qui contraste avec la contracture généralisée, contracture peut-être plus marquée dans les fosses iliaques que dans les hypocondres.
La matité hépatique existe encore, mais paraît diminuée. Je songe naturellement à Ja perforation du « néo », mais en raison du contraste entre la contracture et la douleur, en raison aussi de l’heure des accidents, j’ordonne de mettre une vessie de glace, de ne rien donner au malade et je pars .à l’Hôtel-Dieu où j’ai une séance opératoire.
Je reviens voir le malade à 12 h. 15. Il souffre de plus en plus, demande l'intervention. Toujours bon facies. Température : 37°8. Pouls : 100. À eu un vomissement verdâtre.
L'examen est le même que le matin : Contracture in-
tense, sans douleur à la palpation. La matité hépatique est disparue.
Je fais le diagnostic ferme de perforation et je fais transporter immédiatement le malade à l'Hôtel-Dieu.
Intervention. Chirurgien : Docteur PICHAT ; assistant : Riou PIERRE. Anesthésie au balsoforme. Incision sur le trajet de la première. Quelques adhérences épiploïques au péritoine. Un flot de liquide absinthique, sans odeur, fait issue de la région pylorique. J’explore aussitôt le pylore et, à ma grande stupéfaction, je ne trouve pas de tumeur. Elle a fondu littéralement ; le pylore est souple, normal, sans même trace de cicatrice étoilée. J’extériorise alors l’épiploon et le transverse et en les basculant vers le haut, j’aperçois une magnifique perforation taillée à l’emporte-pièce de forme ovalaire mesurant à peu près 3 à 4 mm. dans son plus grand diamètre et siégeant à la face postérieure de l’estomac, à 1 cm. à peine en dehors de la bouche gastro-jéjunale. En dehors de cette perforation on sent à la face postérieure de l’estomac un gros ulcus calleux du volume d'une grosse noix, mais heureusement, en avant, en arrière de la perforation et au niveau de la bouche, les tissus sont assez souples.
Je ferme la perforation, en deux plans, facilement, au fil de lin. Je ramène un gros paquet épiploïque que je suture au jéjunum, constituant ainsi un troisième plan. Un drain sus-pubien. Paroi en un plan au fil de bronze.
Suites opératoires normales. M. G... reprend son travail au bout de six semaines.
Dernièrement, quatorze mois après la perforation, j'ai revu M. G.. Il ne présente aucun trouble qui puisse traduire la reprise du processus ulcéreux.
Obs. II (BATTLE).
Homme, ? ans. Perforation un an et neuf mois après
TU
une G. E. antérieure avec entéro-anastomose. Syndrome de perforation brusque. Opération quatre heures après : perforation sur la G. E. au milieu d’un segment induré. Suture. Guérison.
Obs. 111 (VON EISELBERG).
Sexe (?). Opéré antérieurement d’ulcère calleux du pylore. Pylorectomie. Procédé de Billroth IL. Syndrome de perforation. Opéré 24 heures après : ulcère perforé sur la partie antérieure de la G. E. Décès.
Obs. IV (KEY et PATERSON). k
Femme, 45 ans. En janvier 1899, G. E. antérieure en Y pour ulcère de la paroi gastrique adhérant au pancréas. En mars 1906, douleurs abdominales traitées par des lavages d’estomac. Syndrome de perforation à la suite d’un lavage. Opération : délai (?) ; gaz dans l’adbdomen ; adhérences. Perforation d’un ulcère au niveau de la G. E. Epiploon adhérent. Bouche rétrécie. Excision de l’ulcère ; agrandissement de la G. E. Lavages. GuérisOn.
Obs. V (LINDNER).
Femme, 50 ans. G. E. fundique pour (?). Les troubles réapparaissent. G. E. pré-pylorique. Mort trois jours après. Autopsie : perforalion d’un ulcère au niveau de la G. E, fundique.
Obs. VI (LINDNER).
Sexe (?). Opéré avant de G. E. antérieure. Six ans après, syndrome de perforation. Opération : ulcère perforé au niveau de la G. E. Variété de l'opération non
indiquée. Guérison.
Obs. VII (PETREN).
Homme, 37 ans. Perforation d’ulcère de la grande
courbure. Le 7 octobre 1907: excision, suture, G. E. postérieure avec entéro-anastomose. Guérison. Le 8 juillet 1908, nouveau syndrome de perforation. Disparition de la matité hépatique. Opération : revêtement fibrineux au niveau de la G. E. Perforation d’un ulcère gros comme un petit pois entouré de tissus fibreux. Excision, suture. Guérison. Les douleurs persistent en 1909.
Obs. VIII (MARQUIS).
Homme de 41 ans. Janvier 1907 : G. E. en Y pour ulcère pylorique sténosant. Excellente santé pendant six ans et demi. Puis brutal syndrome de perforation : avec douleur atroce à maximum épigastrique ; vomissement ; état de schock ; ventre de bois. Opération : cinq heures après : ulcère perforé (pièce de 50 centimes) sur la paroi antérieure de J’anastomose, exactement sur la bouche gastro-intestinale, mais empiétant davantage sur le jéjunum. Ses bords sont nets, arrondis, mais épaissis. Adhérences de l’estomac et de l’intestin en arrière. Suture en deux plans et épiplooplastie. Drains dans le Douglas. Guérison.
Obs. IX (DELALOYE).
Homme, 41 ans. Octobre 1896 : G. E. antérieure, pour sténose du pylore. En 1900, après trois ans de santé parfaite, une crise douloureuse brusque fait penser à une perforation. Guérison spontanée, mais les douleurs persistent. En juin 1902, nouvelle crise douloureuse. Mort quarante-huit heures après. Autopsie : perforation (dimension d’un petit pois) d’un ulcère situé sur la G. E. Adhérences de l’épiploon à la paroi abdominale et à l’anastomose. La perforation s’est faite en dehors des adhérences.
Obs. X (BAARRHJELIN).
Homme, 37 ans. Perforation d’un ulcère gastrique le
PS Pi
7 octobre 1907 ; excision, suture, G. E. postérieure, entéro-anastomose. Perforation d’ulcère peptique au bout de neuf mois, le 7 juillet 1908. Intervention à la 21° heure : perforation sur le bord gauche de la bouche, en tissus œdémateux. Excision, gastrorraphie. Guérison.
Obs. XI (JUDINE).
Homme, 36 ans. Gastro-entérostomie pour ulcère gastrique. Trois ans après, le 15 juillet 1928, perforation dulcère peptique. Intervention : perforation d’un ulcère calleux de la bouche. Suture. Enfouissement en appliquant une anse grêle sur la perforation. Guérison. Cinq mois après, le 3 décembre, deuxième perforation : même ulcère gastro-jéjunal perforé, même conduite thérapeutique. Guérison. Troisième perforation, quatre mois après. Résection large de l’estomac. Guérison.
Obs. XII (JusT).
Homme, 29 ans. Perforation d’ulcère duodénal. Enfouissement, G. E. antérieure précolique avec jéjunojéjunostomie complémentaire. Il continue à souffrir. Perforation d’ulcère peptique au bout de dix mois. 7ntervention : perforation d’un ulcère calleux de la bouche. Gastrectomie large. Guérison.
Obs. XIII (BERTRAND et Et. MARTIN).
Homme de 61 ans. Juillet 1928 : perforation d’ulcère juxta-pylorique; suture épiplooplastie. G. E. P. au bouton de Jaboulay. Aucun trouble indiquant ulcus récidivant. 30 nov. 1931 : douleur abdominale brutale ; diarrhée ; défense légère. Un médecin traite le malade par l’opium, pensant à une indigestion banale. 2 déc. 1931 : le malade est vu par le Docteur Bertrand qui trouve une contracture de l’épigastre et de tout le côté droit de l’abdomen. Le malade a vomi une fois. Tempé-