ARS
Suiles opératoires. — Vomissement hématique trois jours après l'opération.
- Sort guéri le 4 mars 1910.
Un an et 4 mois après l'opération il est en bonne santé. Examen radioscopique : Estomac en corne de taureau, très large à sa partie supérieure, n’atteignant pas en bas la crête iliaque. Contractions molles. Petite évacuation au: début, puis après 2 à 3 minutes évacuation régulière rythmique, lente.
Obs. XI. —— Homme de 27 ans, entré à l'hôpital le 18 janvier 1910.
La maladie actuelle a débuté il y a 9 ans par des brûlures épigastriques quelquefois intolérables survenant 2 à {4 heures après les repas et réveillant le malade la nuit. L’ingestion des aliments les
calme momentanément. Ces douleurs surviennent par crises es- pacées. Ni melæna, ni hématémèses. Constipation opiniâtre.
Depuis deux mois les douleurs sont devnues intolérables, siégeant toujours au creux épigastrique, elles irradient dans le dos. Ce sont des douleurs tardives. Elles sont suivies de vomissements alimentaires qui les calment. Ces vomissements spontanés et espacés d’abord sont bientôt provoqués par le malade.
Examen. — Estomac moyennement dilaté, clapotage à jeun. Liquide retiré à jeun — 60 à 100 cc. hyperacide. Echec du traitement par l’atropine, les alcalins, le tubo-gavage. Seul le bismuth semble avoir quelque action.
Opération, le 1° mars 1910 (M. le Prof" Lejars). — Estomac de dimensions moyennes. Pylore épaissi, induré; entouré d’adhérences anciennes. Gastro-entérostomie postérieure transmésocolique.
Suites immédiates excellentes. Sort guéri au début d'avril 1910.
Trois mois plus tard, après une course à bicyclette, brusquement les douleurs réapparaissent. Elles sont tardives après les repas de midi et du soir. Elles sont si violentes qu'elles obligent le malade à se courber en deux. Elles sont calmées momentanément par l'ingestion d’un verre de lait. Il n'y à pas de vomissements.
L'appétit est conservé, l'état général est excellent, On trouve une
sensibilité très accusée dans la région pylorique. Le repos, le régime lacté, la belladone atténuent les douleurs.
Quelque temps après survient une nouvelle crise douloureuse due à des excès. L'examen radioscopique montre que l'estomac se vide vite et bien.
Examen radioscopique, le 8 juin 1911. — Estomac coudé à angle droit. Le liquide s’évacue alternativement par le pylore et par la bouche jéjunale. La pression profonde est douloureuse à la partie supérieure du segment horizontal de l’estomac.
Obs. XII. -— Homme de 44 ans, entré à l'hôpital le 13 jan- VIer 1910.
Il souffre depuis r0 ans de l’estomac. Au début il présentait de longues crises douloureuses durant 5 à 6 jours, apparaissant environ tous les 5 à 6 mois. Il ressentait des douleurs épigastriques, pas très intenses, survenant 2 à 3 heures après les repas et durant 1 h. + à > heures. Pas de vomissements, pas d’hématémèses, pas de melæna.
Depuis 4 ans les périodes douloureuses sont plus fréquentes. Les douleurs sont surtout intenses depuis 1 an. Elles siègent dans la région épigastrique, irradient un peu dans l’hypocondre droit et dans le dos. Elles surviennent 2 à 3 heures après les repas, réveillent le malade vers 11 heures du soir. Elles sont calmées par l’ingestion alimentaire. Au moment des douleurs, il existait une sensibilité très nette à l’épigastre.
En juin 1908, on le voit à la consultation, il se plaint outre des douleurs tardives, de vomissements alimentaires quotidiens, ne contenant pas de débris d'aliments ingérés la veille. Ils surviennent 1 h. + à » heures au plus après les repas, pas d’hématémèses.
goût électif. Amaigrissement de 1à
Le
Diminution d’appétit sans dé kilos par restriction alimentaire volontaire et abus des tubages. On trouve pendant quelque temps du liquide à jeun. Traitement : alcalins, tubo-gavages, belladone. Les douleurs sont atténuées mais non calmées.
19 juin 1909. —- On constate du clapofage très léger à jeun. La sonde retire 1bo cc. de liquide avec débris hématiques très nets.
Février 1910. — Clapotage marqué limité en haut et à gauche de l’ombilic. Estomac petit, de forme normale à la radioscopie. Les douleurs persistent, elles ne sont calmées ni par le bismuth, ni par l’atropine.
Mars 1910. — Les douleurs persistent, l'estomac est toujours normal à la radioscopie. Le repas d’épreuve montre une très légère hyperchlorhydrie.
Opéralion, le 20 mars 1910 (M. Labey). —— Estomac de dimensions normales. L’exploration montre à la partie moyenne de la petite courbure une tache pâle de la dimension d’une pièce de 1 franc. À ce niveau, la paroi est épaissie, a perdu sa souplesse. En outre, quelques adhérences vont à la paroi abdominale antérieure. Par suite de la difficulté qu'on éprouve à suturer la paroi, une grosse portion de l’épiploon est réséquée. ,
Suites opératoires. — Le malade sort complètement rétabli et ne ressentant plus aucune douleur, le 28 avril 1910.
Le 25 août 1910, le malade revient à la consultation. Les douleurs reparaissent dans la région épigastrique aussitôt après les repas. On sent, dans l’hypocondre gauche, une masse profonde sensible. Ce qui le tourmente surtout, ce sont ces douleurs épigastriques sans irradiations marquées, à horaire difficile à préciser, car le patient mange quand il souffre. Les douleurs sont particulièrement calmées par l'ingestion d’une grande quantité de lait. Les douleurs résistent à tous les traitements mis en œuvre. Régime : alcalins, atropine, etc..., bien qu'elles ne soient pas très violentes. II n’y a pas de vomissements, l’appétit est conservé.
Nouvelle opération, le 7 novembre 1910 (M. Ricard). — Laparotomie, section des adhérences du grand épiploon à la paroi. Estomac de forme et de dimensions normales. Nombreuses adhérences de la petite courbure aux plans profonds. Induration au niveau de la. petite courbure respectant le pylore, mais s'étendant sur le cardia près duquel elle atteint son maximum. Pour faire la gastro-entérostomie, on est obligé de sectionner de nombreuses adhérences vasculaires qui saignent abondamment.
Suites opératoires, — L'opération ne détermine aucune modifi-
cation radicale, ni même très marquée dans l'état du malade, Il se
plaint toujours de ressentir des douleurs épigastriques assez vives qu'il calme en absorbant du lait. Cependant l’état s'améliore suffisamment et les douleurs diminuent assez sous l’influence du traitement interne pour que le malade puisse quitter l'hôpital le 17 décembre 1910.
Revu le 29 juin 1911. —- Le malade a continué à souffrir, sauf pendant un mois (avril, mai 1911). Actuellement il présente des douleurs tardives nettes, augmentées par la station debout, calmées comme autrefois par le lait, Il a cu des vomissements verdâtres spontanés, agaçant les dents. L’appétit est conservé et l'état général bon,
Obs. XIII. —— Homme, 41 ans, entré à l'hôpital le 8 juin
Depuis une attaque de coliques de plomb datant de 8 ans, il a souffert fréquemment de la région épigastrique. Les douleurs se sont progressivement localisées à l’estomac. Au début c'était une sensation de pesanteur avec exacerbation douloureuse 2 à 3 heures après les repas. Des vomissements assez fréquents calmaient les douleurs.
Il y à 4 ans, le malade a eu une grande hématémèse avec melæna. Depuis cette époque, les douleurs toujours tardives ont pris une acuité extrême. L’hématémèse s’est reproduite tous les ans à la fin d’une crise douloureuse. Les douleurs sont provoquées et exagérées par les aliments solides. Le pain surtout les provoque et détermine des vomissements. Il aurait vomi plusieurs fois des aliments ingérés depuis plusieurs jours. Appétit diminué, pas de dégoût électif. Amaigrissement de 13 kilos en 1 an. Il a cessé tout travail.
Examen. — Bruit de flot abondant descendant au-dessous de l’'ombilic. Grosse tubérosité distendue ; tension épigastrique.
Opération, le 15 juin r910 (M. Ricard). — Adhérences périgastriques nombreuses immédiatement au-dessus du pylore, sur la petite courbure ; induration, dépoli de la séreuse à ce niveau. Gastro-entérostomie postérieure transmésocolique,
Suites opératoires immédiates bonnes.
Revu en juin 1911. — N'a présenté aucun trouble depuis l’opé- “ation. Ne suit pas de régime spécial ; seul le vin n’est pas toléré. LL Examen radioscopique. — L'évacuation commence dès l’arrivée lu liquide dans l’estomac. Elle se fait d’abord par le pylore, puis tu bout de deux à trois minutes par la bouche de gastro-entérosomie. L'évacuation est lente, régulière, elle se fait alternativement par la bouche et par le pylore.
Obs. XIV. — Homme de 36 ans, entré à l'hôpital le 6 juillet 1910. — Les troubles gastriques débutent en 1906 par des pesanleurs après les repas et de la lenteur des digestions.
En août 1908, pendant 1 mois et demi, il a une première crise le douleurs vives épigastriques continues accompagnées de voimissements après les repas.
| D'octobre 1908 à février 1909, il a une nouvelle crise analogue. | Le 4 juin roro, il a une hématémèse abondante le matin au moment de se lever, en même temps qu'apparaissent des douleurs épigastriques. À l’examen on trouve une masse volumineuse sous le rebord costal gauche. Il n’y a aucun mouvement péristaltique, la percussion de l’épigastre est douloureuse. L'espace de Traube
normal. Il y à un gros clapotage à jeun. Aspect général des anémies par hémorragies.
Jusqu'au 18 juillet il a des vomissements quotidiens abondants répétés, une sensation de pesanteur à l’épigastre, de clapotage à jeun, des selles noires, mais l'état général s'améliore progressivement.
À partir du 18 juillet, sous l'influence de l’atropine et des tubogavages, les douleurs s’atténuent, les vomissements deviennent plus rares. L’hypersécrétion est moins abondante, mais il y a cependant du clapotage à jeun.
Le 15 août 1910. — Nouvelle crise douloureuse avec état nauséeux, grosse hypersécrétion, gros clapotage.
Opération, le 26 août 1910 (M. Labey). — Laparotomie. Estomac très distendu, adhérent aux organes voisins et présentant dans la région pylorique des taches cicatricielles et une induration révélatrice d’un ulcère juxta-pylorique. Gastro-entérostomie postérieure transmésocolique.
ÉRRSTE |
Suites opératoires parfaites. Il sort guéri le 23 octobre 1910.
Revu en mars 1911. Engraissé de 10 à 12 kilos. N’a plus aucune espèce de douleur. Pendant les deux mois qui suivirent l’opération, il avait chaque semaine r à 2 reflux de bile, assez abondants. Ne suit pas de régime spécial.
Examen radioscopique. — Estomac dilaté, descend à À travers de doigt au-dessous des crêtes iliaques. Contractions péristaltiques bonnes. L’évacuation se fait par la bouche chirurgicale située au niveau de l’antre pylorique au-dessus du fond. Elle est relativement lente. Il ne se fait pas d'évacuation immédiate. À aucun mo-
ment 1l n’a été constaté d'évacuation par le pylore. Les contractions péristaltiques d’ailleurs se terminent au niveau de la bouche
chirurgicale et ne vont pas jusqu’au pylore dont la région reste} complètement immobile.
Obs. XV. — Homme de 61 ans, entré à l'hôpital le 1°’ dé-} cembre 1910.
Les troubles gastriques ont débuté il y a 36 ans par des douleursk tardives survenant deux à trois fois par an sans s’accompagner def
vomissements.
En 1889. — Crise extrêmement intense sans vomissements. En 1900. — Les vomissements commencent à apparaître ; ils sek
produisent le matin vers 5 heures et mettent fin à la crise doulou-} reuse qui a débuté vers minuit. Ce sont des vomissements alimen:! taires de stase.
En 1907. — Poussée de périgastrite ayant débuté brusquement]
avec des douleurs très vives, de la fièvre, un ventre dur et tendu, des vomissements verdâtres. Cette crise dura six semaines.
En 1908. — Nouvelles crises douloureuses nocturnes intolé:? rables, sous forme d’élancements, qui prennent naissance à droites de la ligne médiane et se propagent vers la gauche. Vomissements! alimentaires de stase. Pas d’hématémèses ni de melæna. Pas del dégoût électif.
Il entre à l'hôpital pour une nouvelle poussée paroxystique avec! vomissements de stase abondants. La pression à droite de la ligne] médiane est douloureuse. L'état général est très atteint, |
Examen radioscopique. — Estomac étalé, descendant très bas, très peu mobile.
Opération, le 15 décembre rg10 (M. le Prof’ Lejars). — Laparotomie. Au niveau du pylore on trouve des adhérences et une masse grosse comme les deux pouces, mais non bosselée, pas de ganglions. Gastro-entérostomie postérieure transmésocolique.
Suiles opératoires excellentes. Il sort en bonne santé le 31 décembre 1910.
Six mois plus tard il a engraissé de 13 kilos. Ne souffre plus, supporte l'alimentation ordinaire, sauf le pain.
Examen radioscopique. — Estomac de forme normale, assez di- laté. Pôle inférieur à deux travers de doigt au-dessous des crêtes iliaques. Mouvements péristaltiques normaux. Evacuation relativement lente, se fait par la bouche chirurgicale située à quelques centimètres du pylore. Pas d'évacuation par le pylore.
Obs. XVI. —— Homme de 30 ans, entré à l'hôpital le 27 décembre 1910.
Les accidents ont débuté il y a deux ans par des douleurs tardives qui vont se répétant et augmentent progressivement d'intensité. Six mois après le début des accidents apparaissent des vomissements alimentaires qui terminent les crises douloureuses.
Depuis 4 mois, les douleurs apparaissent régulièrement dans la journée et le malade finit par souffrir constamment. Les vomissements prennent les caractères des vomissements de stase, et le malade y reconnaît fréquemment des aliments ingérés la veille. Pas d’hématémèses ni de melæna. Amaigrissement marqué, état gé-
néral mauvais.
Examen. — Clapotage et flot à jeun, hyperchlorhydrie très prononcée.
Opération, le 20 janvier (M. le Prof Lejars). — Laparotomie.
Estomac peu dilaté, adhérences péripyloriques nombreuses. Induration assez prononcée du plyore surtout en arrière, pas de ganglions. Gastro-entérostomie postérieure transmésocolique. Suites opératoires parfaites. Il sort guéri le 11 février 1911. Revu 3 mois plus tard en bonne santé, sans douleurs, sans
troubles gastriques, mais appétit peu marqué. Régime lacto-végétarien. |
Examen radioscopique. — Estomac normal. Contractions péristaltiques normales. Evacuation très rapide par le pylore, on ne voit pas fonctionner la bouche chirurgicale. Un quart d'heure après le repas bismuthé, l'estomac est entièrement évacué.
Obs. XVII. — Homme de 48 ans, entré à l'hôpital le 5 janvier 1911.
L'histoire gastrique commence en 1909 par des tiraillements r heure à 1 heure et demie après les repas. Ces tiraillements cessent par l’ingestion des aliments. Il a à ce moment de la somnolence et de la pesanteur gastrique après les repas.
En novembre 1910 apparaissent des vomissements verdâtres, non alimentaires, qui surviennent une fois par semaine sans effort l’après-midi et calment la crise douloureuse.
Depuis le 25 décembre 1910 surviennent des vomissements gris sale quotidiens, vers 3 à 4 heures de l’après-midi. En même temps qu'apparaissent des douleurs comparées à celles que donnerait une plaie à vif. Elles débutent dans l’hypocondre droit, irradient à l’épigastre, vers l’hypocondre gauche, le long de l’æœsophage et s’accompagnent de pyrosis. |
Le { janvier r911, deux petites hématémèses rouges qui amènent le malade à l'hôpital.
Examen. — Clapotage et flot abondant à jeun. Melæna. Traitement : diète hydrique, puis régime lacté réduit, atropine en injection hypodermique, amélioration, mais persistance de l’état douloureux.
Examen radioscopique le 11 janvier 1911. — Estomac de forme et de dimensions normales, son bord gauche montre une légère encoche qui persiste à la palpation et lorsqu'on essaie de faire refluer le liquide de bas en haut. C’est immédiatement en dessous de cette encoche sur la grande courbure que la pression est douloureuse dans une région tout à fait limitée.
Opération, le 7 février 1911 (M. le Prof” Lejars). — Quelques adhérences sur la face antérieure du pylore qui est congestionnée