‹ La Périgastrite adhésive dans l'ulcère de l'estomacChapitre 46 sur 61 · OBSERVATIONS DU DEUXIÈME GROUPE · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS DU DEUXIÈME GROUPE

Malades du Service de M. A. Mathieu, non opérés.

Obs. XX. — Femme de 42 ans, entrée à l'hôpital le 24 octobre 1901.

Brusquement, il y a dix ans, apparurent par crises des douleurs violentes déchirantes, siégeant à l’épigastre, irradiant en ceinture,

| durant une heure ou deux, cessant après un vomissement pro-

voqué non alimentaire. En dehors de ces crises, elle a des crises de

trégurgitations acides et du pyrosis. Cela dura 1 mois jusqu’à ce

qu'apparut une violente hématémèse. La malade resta au lit 4 à 5 mois.

Il y à 4 ans, les mêmes phénomènes réapparaissent : douleurs

| gastriques, vomissements, hématémèses. Elle resta malade pendant

deux ans.

Depuis un mois les douleurs ont reparu, ce sont des sensations

de torsion, des vomissements continus sanglants, un amaigrissement marqué. Traitée avec les alcalins, la codéine, le bismuth, } sans amélioration ; elle ne tire quelque bénéfice que de la bella-

done.

Examen. — On constate l'existence de contractions péristaltiques q

allant de gauche à droite. À la piqüre, de l’hyperesthésie de la

région épigastrique. Douleur à la pression en regard de la 9° côte gauche. Défense musculaire, pas de clapotage à jeun. On porte le diagnostic d’adhérences probables.

Malgré le traitement suivi deux mois (novembre à janvier), la malade qui se trouve bien au lit, éprouve, lorsqu'elle se lève, le phénomène suivant : Après être resté levée 1 heure, elle éprouve de violentes douleurs siégeant dans les deux hÿpocondres et moins vives dans la région épigastrique. Elle est obligée de se recoucher

sans retard et peut souffrir pendant plusieurs heures et même la nuit entière. Ces douleurs sont subitement calmées par l’absoption d'un verre de lait chaud. Un bandage de corps, bien ajusté, les! supprime. La malade sort de l'hôpital un mois plus tard, obligée de porter une ceinture.

Obs. XXI. — Homme de 35 ans, entré à l'hôpital le 14 avril 1902. | Le malade est d’un tempérament nerveux, mélancolique, irritable, il fait fait abus des boissons alcooliques. Il aurait été traité pour des coliques de plomb (peinte en bâtiment). | Les troubles gastriques ont débuté il y a 4 ans par des dou

à l'épigastre, survenant 3 à 4 heures après les repas et une impres

sion de pesanteur au creux épigastrique entre les repas.

Depuis trois mois les douleurs très vives siègent de chaque côté du creux épigastrique. Elles surviennent 3 à 4 heures après Id repas de midi, à à 6 heures après celui du soir et réveillent le mai lade la nuit. Elles sont calmées par l’ingestion d'aliments et dé bicarbonate de soude, par le décubitus dorso-latéral gauche, 14 position genu-péctorale et la compression profonde de l'abdomen Elles cessent spontanément au bout d’une heure. Il y a 3 moi survint un premier vomissement abondant très acide la nuit. Ur deuxième vomissement de liquide noir comme du marc de cafd quelque temps après. Deux autres ultérieurement, qui se pro! duisent la nuit et calment lé malade. |

En

Etat actuel. — Le matin, à jeun, clapotage marqué, consti! pation avec peaux et glaires dans les selles. Amaigrissement di) 11 livres depuis” 1 MOIS.

Il est amélioré très rapidement par le régime gi lait et des œuf] et par le bismuth. Mais le 21 avril, aussitôt qu’on le met à un ré gime plus abondant, les douleurs reparaissent et, vers 5 heures di matin, le malade est pris de vomissements et de diarrhée. Améliar ration par le régime lacté. ;

Il sort de l’hôpital en bon état le 29 avril 1902.

Huit jours plus tard survient une nouvelle crise douloureus: avec vomissements qui agacent les dents et une selle noire, :

or

Examen, le 21 mai 1902. — T1 a des douleurs violentes irradiant dans le dos. De la défense musculaire dans toute la région épigastrique, sans tuméfaction. La palpation est douloureuse surtout à

- droite et au-dessus de l’'ombilic. Douleur vive à la palpation de la

partie moyenne de la région lombaire, Pas de clapotage ni de bruit de flot.

Auscultation fait entendre une expiration prolorigée, soufflante au sommet gauche avec quelques craquements. L'état général est très altéré, le facies anxieux, le teint plombé. M. Mathieu porte le diagnostic de périgastrite ulcéreuse aiguë.

Amélioration rapide avec disparition des phénomènes douloureux sous l'influence de traitement : lait, eau, chlorure de calcium, sérum artificiel.

Le 26 mai. —— Bon état général, ventre souple, clapoltage très accentué, aucune douleur spontanée ni provoquée à la palpation.

Le 10 juin. — Nouvelle crise douloureuse à la suite d'un écart de régime. Vomissements. Température : 40° (petite poussée congestive au sommet gauche). Durée de la crise : trois jours.

Le or juin. — Nouvelle crise de douleurs peu intenses avec quelques vomissements, un peu de ballonnement du ventre, des sensations de brûlures gastriques. Mais rien à l'examen physique. Traitement : tubo-gavage.

Sorti en bonne santé le 9 juillet 1902.

Obs. XXII. —— Femme de 33 ans, entrée à l'hôpital le 5 novembre 1906.

Elle souffre de l'estomac depuis 8 ans, elle se plaint de crises douloureuses épigastriques qui survenaient au début toutes les semaines, puis ensuite tous les mois au moment des règles. Elle avait, 2 à 3 heures après les repas, du gonflement, des pesanteurs, des sensations de brûlures. Tous phénomènes qui disparaissaient à la suite d’un vomissement.

Brusquement, il y a 6 semaines, est apparue la nuit une violente douleur au creux épigastrique, dans le dos et le côté droit, irradiant à l'épaule droite. Depuis cette douleur persiste. Elle est plus vive dans le décubitus dorsal. Elle augmente par l’ingestion

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des aliments et des liquides. Les vomissements ont cessé, il y a des glaires dans les matières. Il ÿ aurait eu du melæna au début de la crise.

Examen, le 6 novembre 19406. — Région épigastrique très sensible. L’estomac descend à 2 travers de doigt au-dessous de l’ombilic. L'espace de Traube est tympanique. Frottement sans souffle à la base droite.

Les 12-13 novembre, les matières sont noires, les douleurs épila dionine.

gastriques intenses, cèdent à Elle sort améliorée le 23 décembre 1906.

Obs. XXIII. — Femme de 42 ans, entrée à l'hôpital le 11 décembre 1907.

Depuis dix ans elle présente des troubles dyspeptiques légers par crises, constitués par du gonflement, du ballonnement, des pesanteurs et des vomissements. Elle vomit après chaque repas.

En mai 1907, apparaissent des douleurs très intenses, siégeant au creux épigastrique, irradiant dans le dos, les côtés, obligeant la malade à se tordre, à crier. Elles apparaissent très rapidement après le repas (1/2 heure), durent 2 à 3 heures et atteignent leur maximum environ 3 heures après le repas. À ce moment, la pression la plus légère au creux épigastrique éveille une douleur très | intense. Cet état douloureux ne cesse complètement qu'avec un vomissement très abondant, dans lequel on ne constate jamais la | présence d’aliments ingérés depuis plusieurs jours, mais parfois de petits grains noirs analogues à du marc de café. Lorsque ce. dernier phénomène se produit, il s’accompagne d’une diarrhée abondante avec des selles noires comme du goudron.

Examen, le 29 mai 1907. — Très vive sensibilité épigastrique et xyphoïdienne, pas de sensibilité ombilicale, pas de mouvements péristaltiques, vaste bruit de flot jusqu’à l’ombilic (la malade avait mangé 4 heures auparavant).

Traitement : Repos au lit, régirne lacté, bismuth. Une amélioration se produit, mais les douleurs réapparaissent pô deux fois les 4 et 29 juillet après un écart de régime.

Un nouvel écart de régime en octobre 1907 détermine une crise

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