OBSERVATIONS DU TROISIÈME GROUPE
Résumées.
Obs. 28-29-30. — Birp, rapportées par Paron Percy, Lancel, 1904. — Malades souffrant depuis des années. Tous les trois ont eu à un moment des symptômes évidents d’ulcère de l'estomac. Ils présentaient des douleurs continuelles et étaient incapables de travailler. À l'opération, on les trouva porteurs d’adhérences fixant la face postérieure de l’estomac. Ils furent guéris par la simple libération des adhérences. ?
Obs. 31. — Bonszéxy, Beit. z. klin. Chir., 1908. — Femme de 28 ans, vue le 27 novembre 1906. — Une hématémèse il y a 1 an,
depuis ne se nourrit que d'aliments liquides ; elle vomit 2 à 3 heures |
après chaque repas. Haut degré de sténose cardiaque.
Examen. — Région stomacale sensible à la pression. Grande courbure à l’ombilic. À l’épigastre une tumeur grosse comme un œuf. À jeun, 30 cent. de liquide acide sans HCI libre. Examen chimique après repas d’épreuve : HCI libre négatif. Acide lactique positif. Acidité totale — 40.
Radioscopie. — Le bol bismuthé reste quelques minutes au cardia, il prend alors une forme allongée et descend dans l’estomac.
Diagnostic clinique : sténose cardiaque et pylorique.
Opéralion, le 20 décembre 1906. — Face postérieure de l’estomac, régions cardiaque et pylorique fortement épaissies, infiltrées. istommac fixé au foie et au pancréas. Côlon transverse fixé à la grande courbure sur une longueur de 2 cent.. Une partie du liga-
ment gastrocolique est fortement épaissie. La face antérieure de
l'estomac n'est libre que sur une surface large comme une main
d'enfant. À ce niveau on fait une gastro-entérostomie antérieure,
Suites opératoires. — Abcès de la paroi. Suture secondaire de
la paroi. Guérison en 8 semaines, maintenue depuis.
Obs. 32. — Bonszékx, loc. cit. — Homme de 25 ans, vu le 19 avril 1907. — Souffre de l'estomac depuis 1 an. Depuis 8 mois
a des vomissements fréquents. -
Examen. — Malade amaigri. Grande courbure à l’ombilie. Clapotage. Sous le rebord costal droit une tumeur immobile de la grosseur d’un œuf. Analyse chimique 1 heure après repas d'épreuve : HCI positif. Acide lactique positif. 4 heures plus tard : HCI négatif. Acide lactique positif.
. Diagnostic clinique : sténose pylorique avec dilatation.
Opération, le 19 avril 1907. —- Estomac dilaté, fixé au pancréas et à la paroi abdominale antérieure. Ces dernières adhérences sont pseudo-membraneuses. Région pylorique épaissie, dure, fixée. Gastro-entérostomie rétrocolique postérieure.
Suites opératoires. — Sort guéri, le 13 mai 1907.
Revu le 1° juillet 1907, en bonne santé.
Obs. 38. — Bouquer pe La Jorimière, thèse Lyon, 1805-06. — Homme de 5o ans, entré à l’hôpital le 30 janvier 1895. Coiïnmence à souffrir après les repas il y a 15 ans. La douleur débute deux heures après les repas. Pas de point dorsal correspondant ni de douleur en broche. Vomissements fréquents aigres, qui soulagent le malade. Crises intermittentes, les rémissions devenant de plus en plus rares en même temps que les douleurs augmentent d'intensité. Amélioration à la suite de séjours répétés à Vichy.
Depuis un an, les troubles ont reparu. Sensation de pesanteur plutôt que de vraie douleur au creux épigastrique. Pas de point dorsal. Pas de point scapulaire. Vomissements fréquents acides. Constipation opiniâtre. Appétit conservé, amaigrissement marqué. Le malade se prive de manger pour éviter les douleurs et les vomissements.
Examen, le 31 janvier 1895. — Fort clapotage. Pas de tumeur à la palpation. Région épigastrique indolore. Le tubage à jeun ramène 5o cc. de liquide gastrique. Insufflation moyenne. La limite
inférieure de l'estomac dépasse d’un travers de doigt l’ombilic. L'antre du pylore est dilaté et s’avance jusqu'à mi-chemin entre l’épine iliaque antéro-supérieure et l’ombilic ; cardia à sa place normale. Pylore fixé au foie. Examen chimique du vomissement. Acidité totale, 3,65. Réactif de Gunzbourg : rouge intense. Vert brillant : jaune vert. Une après repas d'Ewald : acidité totale, 2.7. Gunzbourg : rouge intense. Vert brillant : jaune vert. Aucune amélioration par le traitement médical. Diagnostic clinique : sténose du pylore ; ancien ulcère ; adhérence du pylore au foie.
Opération, par M. Jaboulay, le 15 février 1895. — Laparotomie médiane sus-ombilicale. La paroi antérieure de l’estomac est reliée au péritoine pariétal par des fines adhérences peu vasculaires détruites au doigt sans hémorragie notable. Pas trace d’induration sur cette paroi antérieure. Des adhérences intimes créent une véritable symphyse entre le pylore et les organes voisins, principalement la face inférieure du foie. Par invagination des parois duodénale et prépylorique, on constate que le pylore, quoique diminué, est encore suffisant pour permettre le passage des aliments. Gastrolyse, réunion avec drainage. Dans les jours qui suivent, surviennent deux hématémèses. Nouvelles du 7 mai 1895 : faible amélioration. Le 14 novembre 1895, le malade suit un régime et est en parfait état, sauf un certain degré de sténose pylorique qui ne laisse passer que les liquides.
Obs. 834. — Branson et Lecce, Lancet, 1911. — Homme de 38 ans, entré à l'hôpital le 13 mai 1910. — Il souffre depuis 71 mois de douleurs dans la région lombaire gauche. Crises douloureuses paroxystiques non influencées ni par les repas, ni par les mouvements respiratoires, ni par l'exercice, et pouvant apparaître la nuit. Il présente une scoliose à convexité droite qui serait due à la position que la douleur le force à garder. Le muscle grand droit gauche est un peu plus rigide que le grand droit droit. Rien de plus à l'examen physique. Température normale.
Après une amélioration sous l'influence du repos, il revient parce que un mois auparavant il a été pris soudainement, en travaillant, d’une douleur intense dans le côté gauche. A l'hôpital, où il entra, on diagnostiqua une pleurésie sèche,
Examen. — Résistance à gauche de l’épigastre, près du 9° cartilage costal. L'examen du contenu gastrique montre la présence
| de pus en grande quantité. L'examen du sang montre un certain
degré d’anémie sans leucocytose. Après chaque paroxysme, le bras et la main gauche, le côté gauche de la poitrine sont couverts de sueurs. Le côté droit reste sec.
Opération. — La tumeur épigastrique sensible était constituée
par une large adhérence fibreuse unissant intimement la face anté- rieure de l'estomac à la paroi abdominale. L'estomac rétracté pré-
sente à ce niveau un certain degré de déformation en sablier, Sa paroi postérieure est fixée en arrière. Nombreux ganglions dans le grand épiploon. Une tentative de libération de la face antérieure en montre la difficulté. Les adhérences empêchent de faire une gastro-entérostomie soit antérieure, soit postérieure, Suture. Suites opéraloires. — Succès complet. Malade en bonne santé
-b mois plus tard.
L'examen histologique d’un ganglion prélevé ne montra que des
‘lésions d’inflammation chronique.
Obs. 85. — Brenver, Wien. klin. Woch., 1896. — Femme de 52 ans. C’est à 23 ans que commence l’histoire gastrique par des vomissements fréquents. À 28 ans survient une hématémèse. Nou-
velles hématémèses à 32 ans à la suite d’une chute sur le dos. A
‘42 ans apparaissent de nouveau des douleurs gastriques et des
vomissements aqueux survenant 1 à 2 heures après les repas. Jamais de débris alimentaires ni de sang. Ces signes apparaissent sous forme de crise. Depuis un an les douleurs dans le flanc gauche sont devenues si intenses que le malade cesse de travailler et se fait faire des injections de morphine.
Examen, le 7 septembre 1896. — Le bord antérieur du foie descend à 2 travers de doigt au-dessous du rebord costal. Dans la région du foie et de l'estomac on trouve une résistance, mais pas
. de tumeur. Le décubitus horizontal ne modifie pas la contraction
de la paroi. L'examen chimique du suc gastrique montre l'absence d’HCI libre et la présence d’acide lactique. Traitement médical sans
résultat,
Opération, le 15 septembre 1896. — Laparotomie sus-ombilicale. Adhérences du bord antérieur du foie à la paroi. En sectionnant les adhérences entre le foie et l'estomac, on découvre une perte de substance sur ce dernier. L’incision pariétale est agrandie par en bas. Libération de l'estomac, de manière à amener la perforation hors du ventre, on constate alors que la perte de substance siège sur la paroi antérieure, près de la petite courbure, elle a les dimensions d’une pièce de 1 mark ; elle est limitée par des bords épais. Les parois de l'estomac sont infiltrées à deux centimètres environ des bords de la perforation. Résection. La réunion nécessite quelques manœuvres spéciales, en particulier l'effondrement de l’épiploon gastrocolique pour permettre la suture en arrière. Cette suture déforme l'estomac mais sans gêner son fonctionnement. On laisse une mèche de gaze iodoformée entre le foie et l'estomac.
Suites opératoires bonnes, sauf une alerte cardiaque. Guérison.
Obs. 36. -— Brenxner, loc. cit. — Femme de 53 ans. En juillet 1895, apparaissent 1 à 2 heures après les repas, des douleurs et des crampes d'estomac, phénomènes qui durent en général une demiheure. Ces douleurs sont journalières depuis décembre 1896, de-
puis lors, elle maigrit. En juillet 1896 survient du melæna, l’es-
tomac ne supporte plus aucun aliment ; elle vomit tout ; les
douleurs sont continues.
Examen, le 3 septembre 1896. — Le bord antérieur du foie descend à 2 travers de doigt au-dessous du rebord costal. Sensibilité
très vive dans la région gastrique. Pas de tumeur. Pas d'HCI libre, |
mais présence d'acide lactique.
Opération, le 16 septembre 1896. — Laparotomie sus-ombilicale. On trouve des adhérences entre le foie et la paroi abdominale. L'estomac paraît normal, mais l'examen montre que l’ulcère et les: adhérences siègent à la face postérieure. On remarque que, sur la paroi antérieure, près de la petite courbure, il n’y a plus que la:
séreuse sur une surface large comme une lentille. Libération des |
adhérences postérieures à la moitié supérieure du pancréas. Résec- ;
tion elliptique de toute la portion infiltrée de l'estomac descendant |
A dam —