‹ La Périgastrite adhésive dans l'ulcère de l'estomacChapitre 54 sur 61 · RON · texte numérisé non relu

RON

Opération le 1* septembre 1898. — Laparotomie médiane susombilicale. Adhérences de la paroi gastrique antérieure à la paroi abdominale. Estomac uni intimement au foie. Libération au bistouri. Sur l'estomac libéré on trouve un orifice à bords durs cicatriciels, qui correspond à une dépression située sur 1e foie à 5 cent. de son bord antérieur. Excision des bords indurés de lPouverture gastrique, suture. La dépression hépatique est remplie d’iodoforme. Une mèche de gaze iodoformée laissée à son contact, sort par la partie supérieure de la plaie. Suture pariétale.

Guérison maintenue 3 mois plus tard.

Obs. 125. — Carc Scuwarz, Milleil. a. d. Greuzgeb. d. med. ü. Chir., juin 1900. — Femme, 33 ans, entrée à lhôpital le 8 décembre 1898. Malade depuis un an. Elle souffre de crampes d’es-

tomac qui, d’abord rares, puis plus fréquentes, se produisent enfin

après chaque repas. Les douleurs duraient deux heures. Vomissements fréquents, ils sont souvent provoqués, car ils influencent les douleurs. Depuis environ un mois, les douleurs très vives durent jour et nuit et sont plus vives après les repas. Jamais d’hé-

. matémèses.

Examen. — La malade est couchée, les mains croisées sur l’épigastre, gémissant de douleurs. Contracture du grand droit gauche. Résistance étendue tenant au lobe gauche du foie, douloureuse spontanément et à la pression. Légère proéminence au-dessous et à gauche de l’appendice xyphoïde. Estomac non dilaté. Insufflation sans action sur le siège de la joue résistante. Diagnostic : ulcère de la petite courbure pénétrant dans le foie, périgastrite adhésive

Opération le 15 décembre 1898. — Laparotomie. Légère adhérence de la face antérieure de l'estomac et du grand épiploon à la paroi antérieure L’estomac est fortement adhérent au lobe gauche du foie. Après libération, on trouve sur l'estomac une brèche à bords indurés, qui correspond à une dépression hépatique. Suture après avivement des lèvres de la plaie gastrique. Drainage à la gaze iodoformée des régions gastrique et hépatique cruentées.

Suites opératoires : Suppuration Température entre 38 et 39, Aucune amélioration.

NAN ee

Deuxième opération le 3 janvier 1899. — L'estomac adhère de nouveau au foie. Gastro-entérostomie antérieure antécolique en amont de l’ulcère. Par l’incision gastrique on découvre un ulcère adhérent de la paroi postérieure. Aucune amélioration immédiate. Mêmes crises douloureuses, mais cependant moins intenses.

Revue en octobre 1899, elle a encore des crises douloureuses. Son état s’est amélioré sous l'influence du traitement médical. La palpation de la région gastrique n’est pas douloureuse.

Obs. 126. —Secono, Congr. de Bruxelles, 1905. — Homme de 40 ans, opéré en 1898, qui présentait à ce moment tous les signes d'un cancer gastrique, il était très amaigri, vomissait presque constamment, ne pouvait manger que peu à peu à la fois et ne digérait ce peu que lorsqu'il restait couché sur le côté.

Le début de la maladie remontait à 12 ans. A ce moment, il avait des douleurs trois heures après les repas et une constipation marquée. Au bout de 6 ans du même état, il eut une hémorragie avec malaises, symptômes d’anémie aiguë. Il se remit, éprouva même à ce moment une certaine amélioration dans son état. Au bout de trois à quatre mois, il recommencça à avoir des symptômes digestifs pénibles compliqués de crises douloureuses intenses qu'on étiqueta accidents hépatiques.

Opération. — À l'ouverture de l'abdomen on ne peut rien reconnaître. Tout le champ opératoire était occupé par un tablier graisseux au-dessous duquel on aperçoit dans une petite étendue le foie. La masse graisseuse est décollée du foie, ce qui détermine un suin tement sanguin abondant. À ce moment, brusquement l’estomae se détache et reprend sa place. Il était retourné à 90°, et une fois l’épiploon libéré il retomba en situation normale et parut à l'examen absolument sain. On referme la plaie après avoir fait à droite une contre-ouverture par laquelle sort une mèche de gaze tamponnant la surface saignante de la face convexe du foie.

Guérison maintenue sept ans plus tard.

Obs. 127. — TenNauT, Brit. med. Journ., 1901. — Femme de 39 ans. Admise à l'hôpital le 27 décembre 1899. Début de

l'histoire gastrique par une hématémèse en 1892 ; depuis lors, signes de dyspepsie. Nouvelle hémorragie le 6 décembre 1899. Depuis cette date la malade est alitée, incapable de supporter les aliments solides et souffrant continuellement de l'estomac. Malade pâle et émaciée. On voit et on sent à gauche de l’ombilic une tumeur de la grosseur d'un œuf de faisan ; elle siège dans l'aire de sonorité gastrique. Traitement médical sévère pendant quatre semaines sans résultat.

Opération le 27 janvier 1900. — [ncision à travers le muscle grand droit gauche sur la tumeur qui est constituée par l’adhérence de la gaine du muscle à la paroi antérieure de l'estomac ; elle est entourée d'adhérences filamenteuses. Adhérences solides entre la face antérieure de l’estomac et le ligament falciforme ainsi que la face inférieure du foie jusqu’au ligament gastro-hépatique. La partie adhérente de la gaine est circonscrite et laissée adhérente à l'estomac. Libération de l’estomac ; l'extrémité libre de l'épiploon gastrocolique est ramenée en haut et suturée à la face inférieure du foie pour empêcher la récidive des adhérences. Réunion: Guérison.

Obs. 128. — Terrier, Soc. de chir.. 1894, — Femme de 62 ans, entrée à l’hôpital le 20 février 1893. Depuis 5 mois, ressent au niveau de jl'épigastre une sorte de tension avec digestions pénibles. Elle aurait eu des selles noires.

Examen. — On perçoit immédiatement au-dessous du rebord costal gauche, un peu à gauche de l'épigastre,une tumeur dure, arrondie, étalée, du volume d'un gros œuf et qui semble légèrement mobile. L’exploration de cette tumeur ne détermine que fort peu de douleur. Estomac non dilaté, non douloureux.

Opération le 11 mars 1893. — Laparotomie médiane sus-ombilicale. Le foie et l’estomac adhèrent à la paroi antérieure à gauche de l'incision. Après décollement du doigt de ces adhérences, on constate que l'estomac, au voisinage de la petite courbure, est fusionné avec le lobe gauche du foie. À ce niveau, aspect d’une infiltration néoplasique. On sectionne au bistouri un tissu dur, gristre, non vasculaire, qui s'étend d’un point de la petite courbure

GIRODE. 14

Page 1