‹ La période post-opératoire, soins, suites et accidentsChapitre 108 sur 299 · ACCIDENTS IMMÉDIATS · texte numérisé non relu

ACCIDENTS IMMÉDIATS

Les accidents immédiats sont les plus graves. Ils sont d’ordre vital et nécessitent l’intervention rapide du chirurgien. Nous comprendrons dans ce premier groupe : le sliock , l’ hémorragie, la septicémie péritonéale , le météorisme , 1 occlusion intestinale , la dilatation aiguë de l estomac.

Le shock et l’ hémorragie ont été étudiés avec les accidents post-opératoires généraux. Ils ne présentent, après les laparo tomies, aucun caractère particulier que nous n avions déjà

LAPAROTOMIES.

signalé. Aussi nous contenterons-nous, en ce qui les concerne, de renvoyer le lecteur à ce chapitre^).

La septicémie péritonéale est également un accident de la première heure. Très rapidement, on voit se manifester les signes d’une infection suraiguë de l’organisme. Ce sont en effet les phénomènes généraux qui attirent les premiers l’attention; le malade est agité; son faciès prend un aspect caractéristique : le teint est terreux, les yeux excavés, le nez pincé. La langue est sèche. Il est en proie à des sueurs visqueuses; le pouls est petit, rapide, la langue sèche, et on voit succéder aux vomissements chloroformiques des vomissements bilieux qui deviennent rapidement fécaloïdes. La température varie suivant les cas : tantôt on constate de l’hypothermie, tantôt de l’hyperthermie.

En l’absence de signes locaux, au début, le diagnostic est très difficile. En effet « l’aspect du malade, dit M. P. Guinard (*), est celui d’un opéré en état de shock ». Mais bientôt le ventre à peine ballonné prend l’aspect caractéristique de la péritonite septique; les douleurs nulles, au début, deviennent intolérables, et le diagnostic est confirmé bientôt par la marche progressive de cet état qui est presque toujours fatal. La mort survient en vingt-quatre, trente-six ou quarantehuit heures.

Pour éviter de semblables catastrophes se manifestant parfois malgré toutes les précautions prises, on a conseillé d’augmenter la résistance du péritoine aux processus infectieux.

C est dans ce but qu’on a préconisé les injections intra-péritonéales ou sous-cutanées d’albumine, de solution saline décinormale. Mikulicz emploie l’acide nucléinique à la dose de 50 c. c. (solution à 2 pour 100); l’effet de cette injection serait de déterminer une hyperleucocytose générale.

page 8fC)h0Ck post'°Pératoire> page 7 7- Hémorragies post-opératoires, p^5^UINARD- Traité de Chir., de MM. Le Dentu et Delbet, t. VII,

CHIRURGIE DE L'ABDOMEN

Météorisme. — Il n’est pas de laparotomie qui ne donne lieu à un certain degré de tympanisme post-opératoire accompagné de malaise et d’une légère dyspnée. En général, il s’agit là d’une paralysie intestinale passagère due à une irritation mécanique, à des troubles circulatoires ou nerveux, et il est bien rare qu’elle résiste à une médication bien ordonnée. La sonde rectale, les grandes irritations chaudes ou froides auxquelles on ajoute des sels ou de la glycérine, la strychnine en injections hypodermiques, les lavements électriques so>nt les moyens les plus usités et qui triomphent le plus souvent de la paresse intestinale. Moszkowicz (*), G. Arndt (*), dans les cas où tous les moyens étaient restés inefficaces, ont obtenu l’évacuation intestinale grâce à des injections d’ésérine. L’ésérine ou physostigmine, principe actif de la fève de Calabar, injectée à la dose de i milligramme sous la peau, agirait en augmentant la tonicité de la musculature intestinale, sans déterminer d’accélération du pouls, ni de troubles du côté du système nerveux, ni d’accidents d’asphyxie.

Arndt n’a jamais dépassé la dose de 2 milligrammes de sulfate d’ésérine en vingt-quatre heures.

Pankow (1 2 3), après avoir essayé la physostigmine sur 84 laparotomisés, ne lui reconnaît aucune valeur thérapeutique contre la paralysie intestinale post-opératoire.

Occlusion intestinale post-opératoire. — L’occlusion survenant après une laparotomie est un accident connu depuis longtemps. Spencer Wells l’aurait décrite le premier en 1860. Schroeder en opère le premier cas en 1 878 5 puis Ashton, Lucas- Championnière, en 1 892, s’occupent de la question. Tuja, dans sa thèse de 1 894 (4 5), en rapporte 48 observations. Legueu(B) en

Page 1