Walther. Id
LAPAROTOMIES.
contentera de faire un grattage du trajet et de cautériser la plaie.
C’est toujours une complication délicate et fastidieuse que la recherche d’un fil, et elle donne souvent bien des déboires au chirurgien. Il faut néanmoins s’armer de patience, car on voit souvent à la longue le fil s’éliminer de lui-même et le trajet se cicatriser.
Il est des cas de suppuration de la paroi qui guérissent très vite dès que le corps étranger a été retiré. Ce sont ceux où la suppuration était entretenue par un drain ayant glissé sous la peau ou une compresse oubliée au cours de l’intervention.
Nous ne voulons pas parler ici des multiples corps étrangers oubliés dans l’abdomen et qui ont donné lieu à des accidents redoutables; on ne doit plus aujourd’hui oublier dans le ventre de son malade pinces, ciseaux, éponges ou compresses. Ce ne sont plus là des complications post-opératoires, mais des fautes à l’abri desquelles tout chirurgien doit pouvoir se tenir, et en tout cas qu’il doit réparer dès qu’il s’en apercevra.
Thrombo-phlébites des membres inférieurs. — La phlébite des membres inférieurs est un accident tardif des laparotomies. Elle n’est guère signalée avant le quinzième jour et apparaît le plus souvent dans la convalescence. Toute intervention sur l’abdomen y expose sans qu’on puisse dire qu’elle soit favorisée par le siège ou la nature de la lésion. Étudiée depuis longtemps à l’étranger, elle a fait récemment l’objet de deux travaux d’ensemble de MM. Mériel (*) et de BovisQ.
Nous ne pouvons passer en revue tous les cas où la phlébite a été signalée après une intervention abdominale; ce qu il faut retenir c’est que, quelle que soit l’opération qui ait nécessité l’incision abdominale, on peut voir survenir une phlébite post-opératoire dont nous ne connaissons pas
i- Mériel. Revue générale. Gap des Hôp., 4 et 1 1 avril 1908.
2 ' Bovis • Semaine médicale, 12 février 1908.
CHIRURGIE DE L'ABDOMEN
encore à l’heure actuelle très exactement la cause. On a successivement incriminé l’anémie du sujet, la dégénérescence cardiaque, la position de Trendelenburg prolongée, la contusion des grosses veines par les écarteurs, la lésion des fibrilles nerveuses sympathiques du péritoine, l’augmentation de la coagulabilité du sang après une perte de sang abondante, la ligature d’une veine près du point où elle s’abouche dans un tronc principal avec extension du caillot dans celui-ci.
Mais pour que la phlébite se produise, il faut qu’à ces causes prédisposantes viennent s’ajouter des altérations plus directes ; il faut que la veine soit en état de locus minoris resisteiitiæ pour permettre à l’infection de donner naissance au thrombus, et cet état est créé par la compression qu’exercent les grosses tumeurs sur les vaisseaux pelviens, par l’altération veineuse que déterminent les adhérences abdominales, par les tiraillements opératoires. Sur un terrain ainsi préparé la plus petite infection opératoire créera assez facilement la phlébite.
Du reste MM. Tuffier, Guinard, Walther (*) admettent qu’il s’agit dans tous les cas d’une phlébite infectieuse, mais tellement légère au début qu’elle passe inaperçue. C’est également l’opinion de Frankel (de Vienne) (*), qui admet que la paralysie gastro-intestinale peut, après les laparotomies, favoriser le passage des bactéries et des toxines dans le sang.
La phlébite post-opératoire débute en général d’une façon insidieuse, par une douleur plus ou moins vive au niveau du mollet ou de l’aine vers le quinzième jour de l’opération.
A partir de ce moment vont apparaître d’une façon plus ou moins manifeste les signes cardinaux des phlébites (douleurs, œdème, cordon induré, quelquefois élévation thermique, etc.). Mais un observateur attentif aura pu la prévoir déjà depuis quelques jours. Mahlerf) a signalé en effet une modification