Frankel. Id
4. Trendelenburg. XXXVIL Congrès de la Soc. ail. de Chir. Berlin, avril 1908.
LAPAROTOMIES.
heureusement le malade mourut d’hémorragie secondaire. Trois autres cas de Sievers, Ranzi et Trendelenburg sont également restés sans succès.
Quand l’infarctus n’est pas immédiatement mortel, on fera rapidement asseoir le malade et on lui fera respirer de l’oxygène. Si besoin est, on fera de la respiration artificielle. Le sulfate de strychnine en injection hypodermique sera un excellent stimulant.
On formulera :
Sulfate de strychnine o gr. o5
Eau distillée io gr.
et on injectera une seringue de Pravaz soit o,oo5 milligrammes de sulfate de strychnine.
Dès que la dyspnée aura cessé, en général au bout de 5 à io minutes, le malade sera soutenu avec des oreillers et gardé au repos absolu.
L’étude des fistules intestinales trouvera mieux sa place dans le chapitre réservé à la chirurgie intestinale.
Les parotidites post-opératoires sont, il est vrai, plus fréquentes après les laparotomies qu’après les autres opérations ; mais elles ne présentent aucun caractère particulier qui mérite d’être signalé; aussi renvoyons-nous le lecteur à 1 étude qui en a déjà été faite(‘).
Les adhérences manifestent leur existence longtemps après l’opération. Elles unissent tantôt deux anses intestinales, tantôt une anse intestinale et un autre organe intraabdominal. Elles déterminent de vagues douleurs dans le bas-ventre, des tiraillements qu’augmentent la marche ou 1 exercice. L intestin devient paresseux. La distension vésicale est très pénible. Tous ces symptômes sont subordonnés au siège et a l’étendue des adhérences.
Avant de recourir à une intervention libératrice, il faudra toujours soumettre les malades au massage et à la gymnas-
n 1 arotidites post-opératoires, p. gi.
CHIRURGIE DE E ABDOMEN
tique raisonnée qui, dans beaucoup de cas, ont procuré une amélioration très notable sinon une guérison radicale.
On a conseillé diverses méthodes pour lutter contre la formation de ces adhérences. Elles ont presque toutes pour but d’interposer entre les surfaces cruentées une solution qui empêche leur coalescence. Expérimentalement, on a introduit dans la cavité abdominale une solution physiologique de sérum (Müller), de la fibrolysine (Busch et Biebergeil ('),) des solutions mucilagineuses (Vogel); on a recouvert les surfaces rugueuses d’huile d’olive stérilisée (Martin), de paraffine (Stern), de lanoline (Gellhorn (*)); on a fait des injections de thiosinamine, de physostigmine (Vogel) pour provoquer le péristaltisme intestinal ; toutes ces méthodes restent encore dans le domaine de l’expérimentation et n’ont pas été jusqu’à ce jour appliquées à l’homme.
Éventration post-opératoire. — L’éventration post-opératoire devient de plus en plus rare chaque jour. Il s’agit d’une véritable hernie ventrale qui se produit à la faveur de la cicatrice et qui doit, le plus souvent, être rapportée à une suppuration de l’incision abdominale ou à un drainage de la paroi.
Le sac péritonéal, très mince en général, cloisonné, est adhérent à la cicatrice avec laquelle il est souvent confondu. L’orifice de la hernie est limité par un contour fibreux dont les dimensions varient avec l’étendue de l’éventration.
Cliniquement ces hernies se manifestent par les signes classiques sur lesquels nous n’avons pas à revenir ici. Leur diagnostic en est donc toujours très facile.
Ces éventrations post-opératoires nécessitent toujours une intervention chirurgicale qui, pour être salutaire, doit se proposer de reconstituer les trois plans normaux de la paroi : péritoine, muscles, peau.
1. Busch et Biebergeil. Archiv.fiir klin. Chir., 1908, p. 99.
2. Gellhorn. Surgery, Gynecology and Obstetrics , n° 5, mai 1909, p. 5o5.
LAPAROTOMIES.
Ces opérations, en général faciles dans les petites éventrations, présentent au contraire de grandes difficultés dans les éventrations volumineuses. La peau se trouve toujours aisément. Le péritoine, à la rigueur, peut être décollé et le ventre facilement refermé. Quand il manque réellement de l’étoffe séreuse on peut, comme le conseille Sklifassovsky, l’emprunter à l’épiploon. C’est le plan musculaire qui est toujours le plus difficile à trouver. A la partie inférieure on peut se servir du muscle couturier, d’après Diakonoff; à la partie supérieure les difficultés sont presque insurmontables. C’est pour ces cas que J. -K. Spijarny(‘) conseille un procédé nouveau, résumé en ces termes par M. Guibé, dans le Journal de chirurgie d’avril IQ09 :
« Partant de la brèche de l’éventration, on prolonge l’incision en haut, vers la partie latérale du thorax, puis on taille un lambeau linguiforme, intéressant le muscle grand oblique et son aponévrose, de largeur convenable, et on le dispose de telle façon que le pédicule soit tourné en arrière et en dehors et reçoive ainsi par là nerfs et vaisseaux. On tord alors ce lambeau vers en bas de 40 à 60 degrés, suivant le siège de la perte de substance et on le suture aux bords de celle-ci, de façon qu’il soit bien étalé. Par dessus on rapproche les plans cutanés en laissant un petit drain pendant un jour ou deux. Le lambeau aura toute l’épaisseur du muscle qu’on séparera avec grand soin du petit oblique. Si la perte de substance est bas située, le lambeau sera un peu plus oblique, suivant la direction des fibres du grand oblique, à pédicule tourné en arrière et en haut. »
i- J. -K. Spijarny. Communication au VIII’ Congrès des chirurgiens russes à Moscou, 1908, in Roussky Vratch, 1909, n° 5,3i janvier, p. 145.
CHIRURGIE DE L'ABDOMEN