‹ La période post-opératoire, soins, suites et accidentsChapitre 127 sur 299 · Guibé. Journ. de Chir., t. I, n° 1, avril · texte numérisé non relu

Guibé. Journ. de Chir., t. I, n° 1, avril

GA S TR O- EN TÉ R OS TOMIE

seulement dans l’intervalle des contractions que les liquides pourraient passer dans l’intestin.

Grâce à la gastro-entérostomie cependant, l’évacuation gastrique est très notablement modifiée. La stase alimentaire, si elle n’est pas totalement supprimée, est très certainement diminuée. Des liquides résiduels sont encore retirés par la sonde, mais ils sont en très petite quantité, et caractérisés par l’absence d’acide chlorhydrique.

Si, comme nous venons de le voir, la bouche anastomotique ne fonctionne qu’autant que le pylore est imperméable, comment expliquer les bienfaits de la gastro-entérostomie, chez des malades qui, au moment de l’opération, ne présentaient pas de sténose pylorique?

M. Gray (*) admet que la gastro-entérostomie agit dans ces cas en permettant l’évacuation du suc gastrique, dont l’hyperacidité déterminait un spasme du pylore, et la pénétration dans la portion pylorique de l’estomac, de la bile et du suc pancréatique qui viennent ainsi neutraliser le suc acide.

En outre, des recherches radiographiques ont montré à Gray (*), qu’à l’état normal, l’estomac était divisé en deux poches, l’une cardiaque, l’autre pylorique, séparées par un sphincter, la première servant de réservoir, où les aliments sont attaqués par le suc gastrique, la seconde, animée de mouvements péristaltiques, qui poussent les aliments vers le pylore; après une gastro-entérostomie, sur un estomac très dilaté, le sphincter, qui sépare les deux poches, ne joue plus aucun rôle.

Il n’y a plus de temps cardiaque et de temps pylorique, ?et les aliments arrivent directement en présence de la bouche anastomotique.

Gray recommande de surveiller de très près ces malades. Il faut leur faire faire de très petits repas et leur conseiller de rester chaque fois étendus une heure durant, pour permettre

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