Hartmann. Id
Fig. 25. — Reflux dû aux contractions péristaltiques de l'intestin (schéma d'après Frouin).
GA S TR O-ENTÉROS TOMIE.
rien d’étonnant à ce qu’on ait cherché par des procédés spéciaux (Kocher, Sonnenburg, Chaput, Faure) et par des anastomoses complémentaires à donner un cours normal aux aliments. Ce sont là néanmoins des procédés d’exception.
Il semble bien aujourd’hui que la meilleure manière de prévenir le reflux est encore de faire une bonne gastro-entérostomie en Y. Tous les autres procédés donnent en effet un jour ou l’autre lieu à un accident. Le procédé de Ricard lui-même n’est pas à l’abri de cette complication. Aussi, sans entrer dans les détails de techniques qui mettent plus ou moins à l’abri du reflux, nous nous contenterons d’étudier le traitement que nous devrons appliquer au cercle vicieux constitué.
Nous avons déjà vu que quelques lavages d’estomac ont pu faire disparaître les accidents dans quelques cas. C’est un traitement qu’il faudra toujours essayer.
Deaver (') a vu certains malades très améliorés par le port d’une ceinture abdominale qui agit probablement en soutenant l’anse afférente trop longue.
Si les vomissements persistent, il faut absolument rouvrir l’abdomen et faire une nouvelle intervention.
L’entéro-anastomose entre les anses afférente et efférente est une opération complémentaire excellente qui a sauvé bien des malades. Elle peut ne pas suffire; au demeurant, c’est une opération assez longue que certains malades très cachectiques supportent difficilement. C’est pour ceux-là qu’on réservera la ligature du pylore qui a donné des succès.
Occlusion intestinale. — C’est à Petersen (1 2) que nous devons la première étude d’ensemble sur les diverses variétés d occlusions pouvant survenir après la gastro-entérostomie. Depuis sa communication au Congrès de Chirurgie allemand de 1 900, bien peu d auteurs, surtout en France, se sont intéres-
1. John Deaver. The vicious circle after gastro-enterostomy. Ne wïork med. Journ., 6 janvier 1906, p. 26.
2. Petersen. XX" Congrès de chir. ail. de 1900. Ardu f. Klin. Chir. Berlin, 1900, LXII, p. 94-114.
CHIRURGIE DE L'ESTOMAC
sés à cette question. Tout dernièrement notre ami M. Rigollot-Simonnot (*) est yenu fort heureusement combler cette lacune et dans sa thèse nous donne une excellente étude des occlusions intestinales après la gastro-entérostomie.
Avec lui nous admettons deux variétés d’occlusions. Un premier groupe comprend les occlusions post-opératoires banales; un deuxième les occlusions spéciales à la gastroentérostomie.
L’occlusion post-opératoire banale dépend d’un spasme ou d’une paralysie intestinale (M. Rigollot-Simonnot n’en signale aucun cas) ou encore d’un obstacle indépendant du foyer opératoire (volvulus ou brides péritonéales). Ces occlusions n’ont aucune relation directe avec la gastro-entérostomie et rentrent dans le cadre général des occlusions post-opératoires (s).
Il faut aussi mettre à part les occlusions dues à une bride de périgastrite antérieure à l’ulcère opéré, ou à une évolution progressive du cancer pour lequel on est intervenu.
Restent donc comme occlusions propres à la gastro-entérostomie celles qui ressortent de la technique employée, de l’arrêt dans l’intestin d’un bouton de Murphy ou d’accidents infectieux (formation de brides péritonéales ou d’adhérences). Seules les premières méritent d’être étudiées en détail.
A la suite d’une gastro-entérostomie antérieure (procédé de Wolfler) l’anse afférente ou son mésentère passant au-devant du côlon transverse peuvent le comprimer et créer un obstacle au cours des matières ; d’autre part si on donne à l’anse une longueur suffisante il se forme entre elle ou son mésentère et le mésocôlon et la colonne vertébrale un hiatus dans lequel les anses grêles pourront venir s’étrangler. Enfin dans certains cas il peut se faire, au moment de l’opération, une torsion en sens inverse de l’anse anastomosée, passant inaperçue et déterminant plus tard les accidents d’occlusion.
Le procédé d’anastomose antérieure en Y de Roux expose