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GASTRO-ENTÉROSTOMIE. 2Ô5

aux mêmes accidents que le procédé de Woltler à cause du croisement du côlon transverse par l’anse intestinale anastomosée.

A la suite d’une gastro-entérostomie postérieure (procédé de Von Hacker) l’occlusion peut être déterminée par une compression de l’anse par le mésocôlon rétracté (Czerny) ou par le côlon transverse (Doyen), — par étranglement de plusieurs anses grêles dans l’arrière-cavité des épiploons (si on n’a pas eu soin de fermer la brèche mésocolique en fixant ses bords à l’estomac, ou si un point a lâché), — par torsion de l’anse jéjunale anastomosée, ou enfin par intromission d’une anse intestinale dans l’anneau formé par la paroi abdominale en arrière, le mésocôlon en haut, l’anastomose gastro-intestinale et le mésentère en avant (hiatus sous-mésocolique, prévertébral), lorsqu’on aura donné à l’anse afférente une longueur dépassant 12 à i5 centimètres depuis l’angle duodéno-jéjunal. Il est vrai qu’on pourra toujours fermer cet orifice en suturant le mésentère à la paroi postérieure de l’estomac (Mayo). Mieux vaudra recourir aux procédés qui mettent sûrement à l’abri de ces accidents d’occlusion : le procédé de Ricard et Chevrier par abouchement latéral ou le procédé en Y de Roux avec anastomose à la face postérieure de l’estomac.

— L’occlusion apparaît chez un gastro-entérostomisé tantôt dans les jours qui suivent l’opération, tantôt plus tardivement au bout de quelques mois, prenant les allures d’une occlusion intestinale aiguë avec tous les symptômes classiques. Si au troisième jour après l’opération le malade souffre à l’épigastre, si malgré un purgatif il ne rend ni gaz ni selles, s’il a des vomissements fréquents, non fécaloïdes, il faut penser à l’occlusion dont le diagnostic sera confirmé par l’apparition des autres symptômes généraux. Mais le circulus vitiosus, la péritonite, la dilatation aiguë de l’estomac peuvent revêtir les mêmes allures. Dans le circulus vitiosus cependant, la douleur, 1 arrêt des matières et des gaz manquent souvent, les vomissements sont surtout bilieux. Cependant il est des cas où le

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diagnostic est absolument impossible, surtout si l’occlusion est incomplète. Dans la péritonite post-opératoire, la douleur est diffuse, les vomissements sont porracés, la température s’élève, le pouls est rapide. Dans la dilatation aiguë de l’estomac, les vomissements sont verts ou jaunes, parfois noirâtres, l’estomac est dilaté, mais il n’y a pas d’arrêt absolu des matières et des gaz.

Dans certains cas, l’occlusion est véritablement chronique; dans d’autres elle est absolument latente et rien dans les accidents ne permet de la supposer jusqu’à la terminaison fatale.

— Avant de recourir à une nouvelle intervention il faudra, par des lavages d’estomac, par l’introduction de la sonde rectale, par un lavage d’intestins, s’assurer qu’il ne s’agit pas de reflux stomacal, de dilatation aiguë ou de parésie intestinale. Si l’inefficacité de ces moyens confirme le diagnostic d’occlusion, il faudra intervenir immédiatement, dégager l'anse comprimée ou détordre le volvulus, sectionner la bride, recourir à une nouvelle gastro-entérostomie ou faire une entéro-anastomose complémentaire. S’il s’agit d’un obstacle créé par un bouton de Murphy, on l’enlèvera par entérotomie. Il faudra, en somme, avoir bien présentes à l’esprit les différentes causes d’occlusions après la gastro-entérostomie et conduire l’intervention suivant les circonstances.

OEdemes post-opératoires. — MM. Monprofitet Canonne(') ont dernièrement attiré l’attention sur une complication peu fréquente de la gastro-entérostomie : les œdèmes. C’est un accident assez précoce qui se manifeste dès que l’opéré est soumis à un régime alimentaire trop substantiel et qui se traduit par de l’œdème se localisant au scrotum, aux cuisses, au bas-ventre, aux paupières et quelquefois aux membres. L’état général reste cependant très satisfaisant; le malade

i. Monprofit et Canonne. Soc. des sc. méd. d’Angers, juillet 1907. Anjou médical, n” 2, février 190S.

GA S TR O -EN TÉ R O ST O MIE

augmente même de poids. Cet état persiste plusieurs jours, s’accompagnant parfois d’ascite, puis brusquement survient une débâcle urinaire de trois à quatre litres par jour et l’œdème disparaît comme par enchantement.

MM. Monprofit et Canonne, qui ont observé une dizaine de fois ce s phénomènes, ont remarqué qu’ils s’étaient manifestés chez des sujets âgés d’au moins quarante ans, très affaiblis par l’affection qui les conduisait à l’opération et à l’occasion d’une reprise brusque de l’alimentation normale, quelle que fût d’ailleurs la nature de l’affection première.

Quelle est donc la raison de ces faits ?

Passant en revue les différentes causes des œdèmes, et considérant la brusque apparition et disparition de ces infiltrations séreuses, MM. Monprofit et Canonne rejettent l’hypothèse de troubles mécaniques dus à l’augmentation brusque de la tension veineuse. L’absence de commémoratifs rénaux, l’intégrité de la composition des urines leur font également écarter l’hypothèse de lésion rénale.

C’est le changement brusque de régime qui est cause de tout le mal. Nous savons qu’à l’état normal l’équilibre chloruré est parfait, et que dès qu’il y a rétention de chlorures dans l’organisme, l’œdème apparaît. Se basant sur les travaux de MM. Widal et Javal sur la rétention des chlorures dans l’organisme et sur l’hydratation proportionnelle des tissus, MM. Monprofit et Canonne considèrent les opérés soumis depuis longtemps au régime lacté comme des sujets déchlorurés. Or, si on leur fait subir un changement de régime et qu on les mette à un régime hyperchloruré (bouillon, etc.), il va se produire une rétention chlorurée et une hydratation proportionnelle, jusqu’à ce que l’équilibre chloruré soit établi, ce qui demande un certain temps pour les sujets âgés" chez les sujets jeunes, au contraire, l’équilibre chloruré s’établit très vite et l’œdeme n’a pas le temps de se manifester.

Hémorragies post-opératoires. — La gastrorragie, après la gastro-entérostomie, est un accident dont nous connaissons

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aujourd’hui suffisamment d’exemples, puisque M. Quénu (') et M. Denéchau (1 2) ont pu en rassembler 32 observations.

C’est une complication toujours grave, souvent mortelle, pouvant survenir quelques heures [Tuffier (3), Korte], quelques jours [Delbet (4), Hartmann], quelques mois (Mayo Robson, Terrier) et même quelques années (Rotgaus, Tuffier) après l’opération. Il est certain qu’une même pathogénie ne saurait expliquer tous ces cas.

Les hémorragies précoces doivent être attribuées à un suintement sanguin provenant de la suture et accumulé dans l’estomac ou à l’ulcère non encore guéri et qui peut saigner après comme avant l’opération.

Mais dans certains cas, dit M. Denéchau, on peut admettre que le traumatisme inhérent à l’acte opératoire a pu provoquer, sur un ulcère ne saignant pas jusque-là, une érosion capable d’amener le suintement sanguin, cause de l’hématémèse.

Pour les hémorragies plus tardives, on peut incriminer le développement d’un nouvel ulcère.

La gravité de cette hémorragie est très variable. Dans les cas les plus heureux, elle est légère et sans récidive. Plus abondante dans d’autres cas, comme celui de M. Gosset (obs. 5o, in thèse de M. Denéchau), où le jour même de l’opération et le lendemain il y eut deux hematémèses noires, elle est parfois mortelle, comme dans le cas de M. Delbet (au neuvième jour) ou celui de M. Tuffier (quelques heures après l’intervention).

Le traitement de tous ces cas est difficile. On essaiera d’abord tous les ^hémostatiques médicaux, et ce n’est que, la main forcée, renseigné par la constatation de l'intervention antérieure, qu’on fera une nouvelle intervention, opération

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