‹ La période post-opératoire, soins, suites et accidentsChapitre 134 sur 299 · P. Vachez. Th. de Paris · texte numérisé non relu

P. Vachez. Th. de Paris

4. Schostak. Beitrage fur Klin. Chir., 1908, t. LVI, fasc. i, p. 36o.

CHIRURGIE DE L'ESTOMAC

Dans la plupart des cas il évolue lentement, se manifestant par des troubles digestifs avec des phénpmènes légers de réaction péritonéale. Puis, lentement, des adhérences s’établissent avec la paroi abdominale, formant un véritable plastron, ou avec une anse voisine, créant ainsi une fistule intestino-intestinale qui provoque un amaigrissement rapide, de la diarrhée, des vomissements fécaloïdes (Gosset).

Plus rarement, l’ulcère se révèle comme une perforation banale du tube digestif, déterminant rapidement une péritonite mortelle.

Le diagnostic de l’ulcère est assez facile pour un sujet prévenu. Quand un gastro-entérostomisé présentera de nouveaux signes d’ulcère, quand on aura lieu de supposer une fistule jéjuno-intestinale, à plus forte raison quand il présentera des signes de péritonite par perforation, il faudra penser à l’ulcère peptique et intervenir immédiatement.

Dans la plupart des cas, il faudra libérer les adhérences, exciser l’ulcère et établir une nouvelle anastomose ; mieux vaudra prévenir la complication, en instituant, après la gastroentérostomie, un régime sévère associé aux alcalins, dont on ne se départira qu’avec beaucoup de précautions et auquel il faudra revenir dès la moindre alerte.

Dyspepsie post opératoire. — Si l’ulcère peptique, le circulus ritiosus sont plus rares après la gastro-entérostomie en ^ qu’après le von Hacker, il n’en est pas de même des troubles gastriques secondaires.

Rarement isolés, ces troubles dyspeptiques apparaissent le plus souvent groupés en un véritable syndrome bien décrit par notre ami, M. Denéchau (') dans sa thèse ( syndrome dyspeptique secondaire à la gastro-entérostomie).

C’est presque toujours après une gastro-entérostomie pour ulcère siégeant loin du pylore, chez un sujet indocile se livrant à des écarts de régime que la dyspepsie se manifeste. Dans

i. Denéchau. Th. de Paris, 1907.

GA S TRO-EN TÉ RO S TOMIE

certains cas, il s’agit nettement de périgastrite. Mais, en général, M. Denéchau pense qu’il pourrait bien être question d’un spasme de la bouche gastro-intestinale, tandis que M. Tuffier (‘) croit à une guérison spontanée de l’anastomose gastrique.

Si cette explication peut s’appliquer aux cas où l’ulcère est extra-pylorique, les néopylores s’oblitérant presque toujours lorsque le pylore peut fonctionner normalement (Kelling), elle ne saurait expliquer les troubles consécutifs à une gastroentérostomie au cours de laquelle on a constaté la sténose pylorique. « La disparition de tous les troubles sous l’influence d’un régime (les exemples en sont multiples) fait douter d’une lésion réelle; elle confirme au contraire la théorie du spasme qui, en résumé, explique à elle seule tous les troubles observés. — Denéchau. »

D’après Jonas (*), il faut faire une grande part, dans l’apparition de ces troubles dyspeptiques, à l’atonie gastrique, qui permet à la longue la formation, au-dessous de l’anastomose, d’un cul-de-sac dans lequel viennent séjourner les aliments. Tant que leur niveau n’atteint pas l’orifice de la bouche anastomotique, ils stagnent dans l’estomac, déterminant l’apparition de pesanteurs et de nausées qui ne cèdent qu’au massage local et au maintien du malade dans la position couchée. Ces troubles seraient dus en somme, d’après Jonas, à une faute opératoire plaçant l’anastomose trop haut ou à l’atonie gastrique qui facilite la formation d’un cul-de-sac sousanastomotique.

Quoi qu il en soit, c est à la suite d’excès alimentaires qu’on voit survenir la crise dyspeptique dont la durée, plus ou moins longue, peut varier de quelques heures à plusieurs jours.

Elle se manifeste par des douleurs épigastriques, irradiées, parfois analogues aux douleurs antérieures de l’ulcère, des

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