‹ La période post-opératoire, soins, suites et accidentsChapitre 139 sur 299 · II. COMPLICA T ION S POST- OPÉRA TOIRES · texte numérisé non relu

II. COMPLICA T ION S POST- OPÉRA TOIRES

I. — Après l' appendicectomie à froid. — L’appendicectomie à froid est une opération simple, facile, et qui ne doit pas, en général, entraîner de complications. Et cependant n’a-t-on pas signalé des cas de suppurations de fils, de phlegmons de la paroi, d’abcès pelviens, de péritonite et de septicémie même? Ce sont là des accidents inhérents à toute faute d’asepsie et qui n’ont avec l’appendicectomie que des rapports éloignés.

Nous les laisserons de côté pour ne nous occuper que d’accidents plus en rapport avec l’appendicectomie elle-même, à savoir les douleurs post-opératoires, les hémorragies gastro-intestinales, les fistules stercorales, l’occlusion intestinale, la phlébite des membres inférieurs, les parotidites et l’éventration.

Douleurs post-opératoires. — Les cas ne sont pas rares de malades opérés d’appendicite à froid qui, quelque temps après l’opération, recommencent à souffrir de tiraillements, de douleurs vagues dans la fosse iliaque droite. Il en est même qui n’ont aucun intervalle de répit et qui souffrent autant après qu’avant l’opération. Bien plus, la constipation reste parfois aussi opiniâtre, et le malade, qui se citait à tout jamais débarrassé des troubles pour lesquels il s’était décidé à se faire opérer, a tendance à accuser son chirurgien.

Parfois ces troubles n’apparaissent que plusieurs mois après l’appendicectomie [2 à 5 mois dans 3 cas de Pletnev(*)], mais se manifestent avec les mêmes caractères qu’âuparavant, au point de faire émettre des doutes sur l’exérèse de l’appendice.

Tantôt le début de ces accidents est lent, insidieux, et ce n’est qu’après certains efforts, des excès de table ou des exercices de marche qu’ils s’accusent. Tantôt, au contraire, se

1. Pletnev. Kyrurgia , juin 1905 in Presse médicale, 9 mai 1906, n° 3-, p. 296.

A PPENDICEC TOMIE.

produit une véritable crise avec douleurs localisées et vomissements, rappelant en tous points une crise d’appendicite aiguë. La fièvre est le plus souvent absente, mais il existe toujours une constipation presque absolue.

A quoi doit-on rapporter ces accidents?

Dans certains cas, exceptionnels à la vérité, l’appendice trop adhérent a été laissé en place à l’insu du malade.

Quelques observations se rapportent à de véritables erreurs de diagnostic. Le malade, atteint d’une affection intestinale et non appendiculaire, n’a pu évidemment bénéficier qu’en partie de l’ablation de l’appendice.

Levrey(') pense qu’il s’agit, dans certains cas, de poussées d’épiploïte. D’autres attribuent les accidents à des poussées inflammatoires intestinales. C’est ainsi qu’on a incriminé l’çntérite, la typhlite, la colite chronique [Lânder Branton (*)].

Trêves (•") rapporte deux cas où la' persistance des symptômes était due à l’ablation incomplète de l’appendice.

Le plus souvent cependant, il s’agit d’adhérences postopératoires; soit que le moignon n’ait pas été enfoui, soit qu’il se soit produit autour de lui ou de la zone d’enfouissement un peu de réaction péritonéale, soit même que la suppuration se soit manifestée dans les plans profonds de la paroi, il se forme dans la fosse iliaque des pseudo-membranes; celles-ci s’organisent en brides qui relient les anses intestinales entre elles ou à l’appendice, gênant ainsi le fonctionnement de l’intestin, et déterminant des tiraillements plus ou moins douloureux, suivant l’état névropathique du sujet. Des adhérences inflammatoires s’établissent parfois entre l’appendice et la paroi abdominale ou les annexes gauches qui s’hyperémient périodiquement au moment des règles.

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