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Bull, et Mém. Soc. de Cliir. Séance du 17 octobre

A PPENDICEC TOMIE.

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Elle se manifeste d’une façon classique (élévation thermique, douleurs, impotence fonctionnelle, œdème, accélération du pouls), ce qui permet facilement de la reconnaître. Parfois la fièvre fait défaut, modifiant ainsi l’allure clinique.

Dans d’autres cas, la marche est insidieuse, et c’est l’embolie brusque qui attire l’attention sur cette complication.

Sauf ces cas rapidement mortels, la phlébite évolue généralement d’une façon bénigne et guérit rapidement.

Dès que la phlébite sera reconnue, il faudra immobiliser le membre dans une gouttière ouatée, s’abstenir de toute friction, et ne permettre de légers mouvements et du massage qu’au 40e jour. En cas d’embolie, on suivra les conseils que nous avons donnés plus haut (thrombo-phlébites des membres inférieurs).

Parotidites. — Les parotidites consécutives à l’appendicectomie rentrent dans le cadre des parotidites post-opératoires et sont susceptibles des mêmes explications pathogéniques. Elles ne méritent dans ce chapitre qu’une place restreinte, car il est bien évident que ce n’est pas l’appendicectomie, mais l’acte opératoire qu’il faut incriminer dans leur apparition. Ces parotidites ont fait l’objet d’une excellente thèse de notre ami Morel (') à laquelle nous renvoyons le lecteur; nous ne retiendrons ici que les caractères particuliers des parotidites apparues après les appendicectomies et principalement après les appendicectomies à froid.

Dans la thèse de Morel nous trouvons 5 observations de parotidites à la suite d’appendicectomies à froid, recueillies dans les services de MM. Monod, Guinard, Legueu, Routier. Dans tous ces cas il s’agissait d’infection staphylococcique chez des sujets jeunes. La parotidite s’est manifestée dans les cinq jours qui ont suivi l’opération avec ses allures normales, élévation de température, gonflement parotidien, trismus, etc.

Dans un cas, la parotidite s’évacua spontanément par le

1 • M. Morel. Th. de Paris , 1907.

CHIRURGIE DE U INTESTIN

canal de Stenon. Dans un autre, les pansements humides amenèrent la résolution. Dans les trois derniers des incisions furent nécessaires.

Écartant toutes les théories émises à l’occasion de la pathogénie des parotidites post-opératoires par Blandin, Liebermeister, Bouchard, Bouillaud, car elles supposent l’existence d’un foyer septique qui n’existait dans aucune des observations précédentes, nous admettrons qu’ici encore, comme dans la majorité des parotidites post-opératoires, il s’agit d’une infection d’origine buccale favorisée par l’acte opératoire.

Éventration. — Plus on opère et moins on observe cette complication. Elle est, en effet, en rapport avec l’incision choisie et la technique employée. Il semble, en effet, qu’elle soit impossible à la suite d’une résection à froid de l’appendice. On l’observe cependant après un drainage de la plaie opératoire. L’éventration est alors relativement petite et se manifeste par une légère saillie de la paroi, à l’une des extrémités de la cicatrice. Cette petite tumeur fait issue à travers un orifice circulaire dans lequel on peut enfoncer le doigt, et constitue une véritable hernie avec ses caractères d’impulsion, de réductibilité et de sonorité.

Un bandage bien fait suffit le plus souvent à la maintenir. Dans le cas où le malade le supporterait difficilement il sera facile de faire l’avivement de l’orifice et la suture.

II. — Après l’appendicectomie à chaud. — Avant d’entrer dans le détail des complications qui peuvent survenir après l’appendicectomie à chaud, il nous faut rappeler que la mort subite est possible parfois dans les heures qui suivent l’opération. M. Bazy(‘), en rapportant l’observation de M. Salesses à la Société de Chirurgie suppose, l’autopsie n’ayant pas été faite, que le malade, mort subitement vingt-quatre heures après l’opération, succomba à une embolie, comme les opérés de MM. Guinard, Walther, Jalaguier, qu’il rappelle. C’est,

I. Bazy. Bull, et M&m. de la Soc. de Chir. Séance du 24 juillet 1907.

A PPENDICEC TOMIE.

en effet, à cet accident qu’il faut rapporter les morts brutales signalées jusqu’ici.

Les accidents observés après l’appendicectomie à chaud sont les uns locaux, les autres généraux.

A. Accidents locaux. — 1. Hémorragies post-opératoires. — Les hémorragies post-opératoires sont facilitées par la suppuration locale qui altère le catgut ou favorise le glissement d’un fil et permet à la longue l’ulcération d’une artère voisine telle que l’artère appendiculaire, iléo-cæcale (Delorme), épigastrique (Morton), iliaque externe (Powell). Ces hémorragies s’effectuant toujours au niveau de la plaie sont rapidement reconnues et facilement conjurées par la ligature.

Il est tout un autre groupe d’hémorragies que nous avons déjà signalées à propos de l’appendicectomie à froid et qui se traduisent par des hématémèses ou du melæna. Elles sont d’origine infectieuse et consécutives à une ulcération du tube digestif; l’hémorragie, d’autant plus grave que l’infection est plus intense, entraîne souvent la mort. Les ulcérations siègent parfois sur l’estomac, donnant lieu à une hématémèse souvent mortelle, comme dans le cas de Pfihl, rapporté par notre maître M. Rochard('), d’un malade qui mourut, trois semaines après une appendicectomie à chaud, de gastrorragie; le plus souvent on les voit sur le duodénum, l’intestin grêle ou le gros intestin, produisant des entérorragies.

2. Abcès de la paroi. — Ils sont rares, car la plupart des chirurgiens traitent les abcès appendiculaires à ciel ouvert. Mais depuis quelque temps, à la suite de Von Brunn (de Tübingen) (i. 2), certains opérateurs allemands incisent l’abcès appendiculaire, évacuent le pus, nettoient la cavité de l’abcès, enlèvent l’appendice et font la suture hermétique de la paroi en se contentant d’un petit drain qui plonge dans le Douglas.

i. Bull, de la Soc. de Chir. Séance du 17 juillet 1907.

•i. Von Brunn. Beitrage 7 ur Klinischen Chirurgie, 1907, t. LU, P- Pi6 e^Beitrage 7 ur Klinischen Chirurgie , 1908, t. LVIII, fasc i* mai> p. 25o à 287.

CHIRURGIE DE L'INTESTIN

Ce procédé avec suture immédiate de la paroi qui, d’après l’auteur, met à l’abri des abcès secondaires du Douglas, expose moins aux fistules stercorales. Mais en revanche, il avorise au plus haut point les abcès pariétaux. Sur les 52 derniers cas opérés par Von Brunn, 24 fois on observa des abcès de la paroi; c’est donc une complication fréquente, mais cependant bénigne d’après l’auteur; tous ces abcès ont en effet guéri facilement par une simple ouverture avec drainage de quelques jours.

3. Fistules stercorales. — Les fistules stercorales sont assez fréquentes après l’incision à chaud des abcès appendiculaires. L’intestin au fond de la plaie, en contact permanent avec le pus, les drains et la paroi, est exposé à s’ulcérer, ou bien c’est la ligature du moignon qui glisse et crée la fistule. En général, ces fistules sont de peu d’importance; elles guérissent relativement vite et il n’y pas lieu de s’en alarmer. Les lavages a l’eau oxygénée répétés viennent rapidement a bout de cette complication.

D’après Von Brunn (de Tübingen)(') les fistules stercorales seraient moins fréquentes dans le traitement des abcès appendiculaires avec suture immédiate de la paroi. Sur 71 appendicites avec abcès traitées « à ciel ouvert », il a observé 5 fistules stercorales; sur 78 cas traités par la fermeture hermétique de la paroi avec petit drain dans le Douglas, il n’a eu que 2 fistules, dont l’une chez un sujet atteint de tuberculose péritonéale.

La tuberculose est, en effet, fréquemment à l’origine de certaines fistules stercorales.

Dans le cas de Delorme (*), après une guérison temporaire par première intention, il se produisit une fistule; mais il s’agissait d’appendicite tuberculeuse. Aussi il y aurait lieu de se demander, dit Delorme, en présence de lésions cæco-ap-

1. Von Brunn. Beitrage fur Klinischen Chirurgie, 1908, t. LVIII, fasc. 1, mai, p. 25o à 287.

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