Martin du Pan. Th. de Berne , 1905. Obs
2. P'rancoz. Le traitement de l’anus contre nature et des fistules stercorales par l’entérorraphie latérale. Th. de Paris, mai 1908.
CHIRURGIE DE L'INTESTIN
Sa 2
pas à condamner tous ces procédés et à donner la préférence à l’entérorraphie latérale.
Voici la technique que conseille M. Francoz, d’après son maître le Pr Quénu :
La peau et l’intestin ayant été désinfectés pendant plusieurs jours, on donne au malade une pilule d’opium la veille de l’opération.
L’opération comprend 5 temps q
Ier temps. — L’orifice est circonscrit par une incision qui passe à i centimètre du revêtement muqueux. Deux queues symétriques la prolongent. La peau est retroussée et ses bords appliqués l’un à l’autre par des pinces de Kocher. L’isolement de l’anus est complété par une compresse qui recouvre les pinces.
2e temps. — On dissèque la zone des adhérences et l'on amène l’intestin hors de la paroi. Le péritoine ouvert [est protégé.
3° temps — Résection des tissus malades.
temps. — Fermeture de l’orifice par une bourse ou un surjet selon ses dimensions, puis entérorraphie latérale. On fixe par un point l’intestin au péritoine pariétal pour localiser l’infection au cas où la suture lâcherait.
5e temps. — Fermeture de la paroi après avoir mis un petit drain profond au contact des sutures.
SUITES OPÉRATOIRES
L’anus contre nature est une opération simple qui, à moins de faute opératoire ou de cachexie extrême du malade, ne donne pour ainsi dire pas de mortalité.
Elle n’est malheureusement dans la majorité des cas qu’une opération palliative exécutée pour un cancer du gros intestin, déterminant de l’occlusion. Quand le cancer est inopérable, ses bienfaits ne sont pas de longue durée.
ENTÉROSTOMIE. — ANUS ARTIFICIEL.
D’après un travail de Cavaillon et Perrin (*) la survie serait en moyenne de :
io mois pour de Bovis.
iy mois pour Cavaillon.
i à 9 mois pour Mikulicz.
COMPLICA Tl ON S P OS T- OPÉRA TOI RE S
L’anus artificiel est une infirmité tantôt définitive, tantôt temporaire, mais qui, en aucun cas, ne doit pas guérir spontanément, en dehors du chirurgien.
Il serait donc jusqu’à un certain point possible de considérer la guérison spontanée comme une complication, si les phénomènes pour lesquels on a opéré nécessitent la formation d’un anus définitif. Néanmoins, il ne faudra pas trop se hâter de reconstituer une nouvelle fistule, car souvent les événements donneront raison à la nature, tout au moins pendant un certain temps.
Les complications de l’anus artificiel ont été étudiées par notre collègue H. Géraud (*) dans sa thèse. Il les divise d’après leur nature en accidents d’ordre psychique, d’ordre infectieux, d’ordre mécanique. Nous aimons mieux dans leur description suivre l’ordre chronologique de leur apparition et les diviser en accidents du début et en accidents secondaires. Dans les premiers, nous décrirons les inflammations locales (érythèmes, érysipèle, phlegmons); dans les seconds, les accidents généraux (inanition, neurasthénie) et locaux intéressant la paroi (abcès tardifs, éventration), le péritoine (péritonite), l’intestin (prolapsus, rétrécissements).
I. — Accidents du début. — Érythèmes. — C’est au contact journalier des matières qu’on doit rapporter les phénomènes d irritation qu’on voit se développer dès les premiers jours autour d’un anus artificiel. C’est un accident bénin, il est