‹ La période post-opératoire, soins, suites et accidentsChapitre 152 sur 299 · RÉSULTATS FONCTIONNELS · texte numérisé non relu

RÉSULTATS FONCTIONNELS

Etude des fonctions motrices. — Par des expériences sur des chiens nourris avec des bouillies auxquelles on mélangeait du sous-nitrate de bismuth, W. B. Cannon et Fr. T. Murphy(') ont étudié aux rayons X la marche des aliments dans le tube digestif après des interventions intestinales.

^A7°let Fr' TI Murphy (Boston). Les mouvements de

Ânnah nf ç, 6 1 lntesrtln ,dans quelques conditions chirurgicales. Annals of Surgery, 190 6, vol. XLIII, p. 5 12-537.

CHIRURGIE DE L'INTESTIN

Ils ont constaté que les phénomènes étaient différents suivant qu’on intervenait sur une portion plus ou moins haute de l’intestin. Après section haute 'de l’intestin, ils ont noté que l’estomac conservait sa motilité, mais que pendant six heures le pylore ne fonctionnait pas, temps nécessaire, font remarquer les auteurs, à la formation des premières adhérences intestinales.

Si, au contraire, la section intestinale a été basse, le pylore fonctionne normalement, mais le cheminement du chyme dans l’intestin est très lent et la masse s’arrête même à une certaine distance de la lésion, malgré les contractions intestinales.

Dans les anastomoses expérimentales, W. B. Cannon et Fr. T. Murphy ont constaté que, tandis que la terminoterminale ne donnait lieu à aucune particularité, la latérale permettait une accumulation de la masse alimentaire dans le cul-de-sac terminal.

L’entéro-anastomose permet en outre le passage des matières dans le segment intestinal intermédiaire aux deux bouches, comme il est facile de le constater quand il existe une fistule sur cette anse.

Ces expériences, faites sur des animaux, nous montrent que la nature met tout en œuvre pour préserver elle-même la plaie opératoire ; elles sont intéressantes parce qu’elles nous prouvent que, même dans les cas où, par négligence, le malade s’alimenterait, le chyme serait arrêté pendant un temps à une certaine distance de la section intestinale.

Étude des phénomènes d'absorption. — L’absorption est active dans l’intestin grêle et nous savons, qu’arrivée au cæcum, la masse alimentaire ne contient plus que quelques albuminoïdes (environ i5 p. ioo), quelques hydrates de carbone et de l’eau.

C’est au niveau du gros intestin que va être résorbée 1 eau dont l’excès donne aux fèces une consistance liquide.

ENTÉRO-ANASTOMOSE. — ENTÉRECTOMIE. 3i3

Quel sera donc l’effet des anastomoses intestinales sur l’absorption ?

On conçoit que si l’anastomose porte sur deux segments du grêle, les conséquences ne seront fâcheuses que si on anastomose deux anses trop éloignées.

En outre, il faudra se rappeler que la puissance d’absorption diminue à mesure qu’on se rapproche de la valvule iléocæcale et que, par conséquent, la portion jéjunale est plus utile que l’iléale.

.Néanmoins les auteurs s’accordent pour admettre qu’on peut enlever 2 à 3 mètres du grêle sans grand préjudice pour le malade.

Ce sont les mêmes inconvénients de dénutrition qui guettent les exclusions trop étendues du grêle dans les anastomoses iléo-cæcales ou iléo-coliques.

En outre, dans ces dernières, la fonction du gros intestin est supprimée en partie et une autre complication est à craindre, celle qu’on observe à la suite des iléo-sigmoïdostomies ou iléo-rectostomies : la diarrhée.

L’eau n’étant plus résorbée au niveau du gros intestin, les selles restent liquides, et s’accompagnent souvent de ténesme.

Cette diarrhée n’est cependant que passagère. Elle persiste en général quatorze à quinze jours seulement. Les auteurs l’expliquent de diverses façons.

Nannotti (*) admet que la portion du gros intestin ou du rectum sous-jacente à l’anastomose est toujours assez longue pour s’adapter à ce surcroît de travail d’absorption des liquides.

Pour Drucbert (*), quoique le gros intestin se rétracte immédiatement après l’intervention, le segment sus-jacent à l’anastomose se laisserait néanmoins dilater et constituerait un réservoir où viendraient s’accumuler les matières pour y

'• Nannotti. Clinica moderna, 1901, n° 7, p. 53.

n 2Ô D^.uiCBERT-^ci<e;7 des faits cliniques et expérimentaux. Lille, 1007.

otonel, édit. '

CHIRURGIE DE V INTESTIN

perdre leur eau. « Et alors cette conclusion s’impose, dit-il, que l’iléo-sigmoïdostomie n’est pas suffisante pour empêcher la circulation ou plutôt la stagnation des matières dans le côlon et qu’il est nécessaire, pour obtenir rigoureusement ce résultat, de joindre, — comme l’a fait Kœrte, — à l’anastomose iléo-sigmoïdale la fermeture du bout inférieur du côlon. »

COMPLICA T ION S POS T-OPÉRA TOIRES

Les opérations sur l’intestin exposent à toutes les complications de la chirurgie abdominale que nous avons déjà signalées. Étant donné le degré de septicité du contenu intestinal, les dangers d’infection sont toujours très grands. Cependant ce sont les accidents broncho-pulmonaires qui sont le plus souvent signalés.

Fistules intestinales. — On observe parfois, après une

résection intestinale ou une entéro - anastomose des phénomènes inflammatoires localisés qui aboutissent à la production d’une fistule stercorale.

Il ne faut pas s’alarmer de cette complication. Ces fistules se ferment spontanément en quelques semaines sous l’influence de lavages et de pansements purement aseptiques.

C’est à tort qu’on a attribué au drainage la formation de

Fig. 3i. — Anastomose transverso-sigmoïdienne. Des anses grêles sont engagées dans l'anneau résultant de l'opération.

ENTÉRO-ANASTOMOSE. — ENTÉRECTOMIE. 3i5

ces fistules intestinales. On les a observées chez des malades non drainés. Aussi pensons-nous qu’elles reconnaissent plutôt comme cause l’insuffisance des sutures ou une légère infection.

Occlusion intestinale.

— Les accidents d’occlusion sont rares après l’entéro-anastomose. Cependant dans toute entéroanastomose on crée des boucles dans lesquelles l’intestin peut à la rigueur venir s’étrangler. Dans l’anastomose transversosigmoïdienne en particu-

liei (fi g. 3l), 1 anneau est Fig. 32. — Anastomose transverso-sigrelativement étroit et des moïdienne (d'apres P. Duval). Suture du

anses intestinales peuvent prim/nt l’anneau. F

s'y introduire et se trouver pincées comme dans le cas de Friede, de Bergen (*).

Des phénomènes d’occlusion se déclarent aussitôt, qui nécessitent une opération d’urgence.

Si on est assez heureux pour intervenir à temps, après avoir dégagé l’intestin grêle, on suturera le colon pelvien au colon descendant, supprimant aussi la boucle (fig. 32).

Page 1