NE PH REC EOMIE
Les fistules purulentes sont dues à la présence de fils ou de fongosités (tuberculose) siégeant dans l’uretère ou l’atmosphère cellulo-adipeuse; elles nécessitent des soins toujours très longs et souvent ne cèdent qu’à un curettage ou à une extirpation secondaire. M. E. Pagès (*), dans une thèse récente, ne croit pas à l’efficacité de l’urétérectomie ; il pense qu’avec le drainage prolongé on obtiendra de meilleurs résultats.
Périnéphrites. — M. Legueu (2), dans un très intéressant article de la Revue de Chirurgie de janvier 1909, a étudié cette complication des néphrectomies.
L’infection de la loge rénale après la néphrectomie peut être, selon lui, due à trois causes :
1 0 A la présence d'un corps étranger. — Telle fut la cause de la périnéphrite chez une malade de M. Legueu, qui vit sut venir, cinq ans après une néphrectomie pour fistule urinaire et pyélonéphrite, une tuméfaction volumineuse sous 1 ancienne cicatrice, dépassant en bas les fausses côtes de 4 à 5 travers de doigt. L’abcès ouvert, on trouva un gros nœud de soie baignant dans la suppuration. « C’est un tort, dit M. Legueu, de mettre sur un pédicule rénal un fil de soie. »
2 A une néphi ectomie incomplète . — Quelques fragments du lein laissés en place s’atrophient et disparaissent assez facilement. Il n en est pas de même des fragments du bassinet qui persistent dans la loge rénale où ils peuvent donner lieu à des périnéphrites suppurées. M. Legueu en rapporte deux observations dans l’article précité. La guérison dans ces cas ne s’obtient que par une ablation totale des lésions.
3" A la tuberculose. — En dehors des fistules dues à une infection venant de l’uretère, on peut voir survenir, après une néphrectomie pour tuberculose, des suppurations dues à l’in- Lction de la graisse périrénale Le seul moyen de les éviter est
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d’enlever toujours, avec le rein, l’atmosphère graisseuse périrénale qui peut contenir des nodules tuberculeux échappant à l’examen macroscopique. M. Legueu en rapporte un exemple.
SUITES OPÉRATOIRES
Dans un rapport très intéressant, lu au dernier Congrès International de médecine, M. Pousson (*) (de Bordeaux) a envisagé /’ avenir des néphrectomisés au point de vue des modifications anatomiques et fonctionnelles survenant dans le rein subsistant à la néphrectomie, au point de vue de leur résistance aux infections et aux intoxications et au point de vue social. Nous ne pouvons mieux faire que de résumer ses conclusions.
— Dans le premier chapitre, M. Pousson expose les conditions nouvelles de fonctionnement du rein sain : hypertrophie compensatrice des glomérules et des canalicules, diminution de la quantité d’urine les premiers jours, puis relèvement au taux normal. Il s’agit, en somme, d’un processus de néphrite consécutif au travail d’élimination des toxines, doublé par le fait de l’absence de l’autre rein. Dans certains cas où le rein était perdu au point de vue fonctionnel avant l’intervention, cette hypertrophie compensatrice préexiste à la néphrectomie.
— Ce rein hypertrophié est suffisant dans la plupart des cas à l’élimination des produits toxiques, aussi bien à l’état normal qu’à l’état pathologique ; les néphrectomisés, en effet, résistent bien aux infections; la grossesse évolue sans accidents chez les femmes opérées; elles peuvent nourrir sans inconvénients; des opérations sous anesthésie générale peuvent être pratiquées sans crainte ; la rachistovaïnisation serait plus dangereuse en raison de l’oligurie qu’elle provoque. Dans tous ces cas, il faudra néanmoins favoriser largement l’élimination des toxines.
i. Pousson. Rapport au XVI* Congrès international de médecine, tenu à Budapest, 29 août-4 septembre 1909.