URÉTROTOMIES — RÉSECTION DE L'URÈTRE
Les rétrécissements de l’urètre sont passibles de l’urétrotomie interne, de l’urétrotomie externe ou de la résection de la zone sténosée. Chacune de ces interventions répond à des indications particulières que nous n’avons pas à envisager ici, mais elles exigent des soins ultérieurs de la plus haute importance si on ne veut pas voir compromis à brève échéance le résultat de l’opération.
r URÉTROTOMIE INTERNE
Si l’on s’en tenait à l’acte opératoire, l’urétrotomie interne serait une mauvaise opération, car la plaie urétrale a tendance à se cicatriser très vite, et le malade serait voué à une récidive rapide; en quelques semaines, en quelques mois, le calibre de l’urètre est de nouveau rétréci si, dès l’ablation de la sonde, le malade n’est immédiatement soumis à un traitement consécutif très bien réglé, dont le principal facteur est la dilatation.
Durant les premiers jours qui suivent l’opération, le malade devra être soigné au lit; on lui fera tous les jours trois à quatre lavages de la vessie par la sonde à demeure fixée aux poils du pubis (fi g. qb).
On l’aidera à supporter la sonde avec des lavements laudanisés ou des injections de morphine. S’il a des érections douloureuses, on lui donnera du bromure et on appliquera des compresses froides sur la région.
En général, s’il n’y a pas de fièvre, on retirera la sonde au bout de 48 heures, quitte à en replacer une autre à la moindre élévation de température.
4°o CHIRURGIE DE L'APPAREIL GÉNITO-URINAIRE
Le malade pourra se lever dès le 2* jour après l’ablation de la sonde.
La dilatation ne devra être commencée qu’au sixième ou septième jour, mais, comme nous l’avons dit, elle est absolument indispensable. On la fera progressivement à l’aide de béniqués.
Résultats immédiats. —
La mortalité post-opératoire de l’urétrotomie interne est insignifiante; M. Guyon ') sur 752 cas n’a eu que 9 décès, soit 1,01 pour 100;
Fig. 45. — Sonde à demeure fixée aux poils du pubis.
M. Albarran(s) n’a vu que 2 morts sur 6o3 urétrotomies pratiquées à Necker.
Pour son compte, il a exécuté 207 urétrotomies d’arrière en avant, à quatre sections, sans aucune mort, ni accident sérieux. M. Pousson(3) a pratiqué 600 urétrotomies internes et n’a perdu que 3 malades des suites immédiates de l’opération; encore ceux-ci avaient-ils été opérés in extremis : deux autres malades succombèrent l’un, diabétique, de lymphangite gangreneuse des organes génitaux, l’autre de néphrite suraiguë.
Ces chiffres doivent suffire à nous convaincre de la bénignité de l’opération.
Accidents post-opératoires. — Les accidents post-opératoires qu’on rapporte à l’urétrotomie interne sont l’hémorragie, la fièvre, l’épididymite.