RÉSECTION DE LA ZONE STÉNQSÉE
Les soins post-opératoires sont assez simples, après la résection de l’urètre : la sonde à demeure sera laissée en place cinq cà six jours, et on commencera aussitôt la dilatation. Cholzoff (*) conseille de passer dix ou quinze jours après l'opération le béniqué 3o; puis, deux jours après, le 34. On continuera la dilatation progressivement.
Les résultats éloignés sont bons en général. Cholzoff n’a pas constaté de récidive chez ses opérés.
Les complications possibles sont les mêmes qu’après l’urétrotomie externe.
Les fistules se ferment en général spontanément.
Les rétrécissements sont rares quand on dilate bien le malade.
PHLEGMONS URINEUX
L’abcès ouvert, le pus évacué, le drain fixé au plafond il
faudra encore obtenir la cicatrisation de la plaie et traiter l’urètre.
Des que l’abcès est ouvert, la fièvre tombe et le malade peut
évacuer facilement son urine soit par l’urètre, soit par la plaie. r
En général, l’hémorragie est insignifiante; elle nécessite cependant dans certains cas un tamponnement qu’on fera de préférence à la gaze iodoformée. Douze heures de compression suffisent à arrêter l’hémorragie.
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juillet, p. 586. Zeitschrift fur Urologie , I9o8, fasc. 7,
Si la plaie ne saigne pas, on fera un large pansement humide qui couvrira toute la région; on se servira d’eau oxygénée étendue.
Dès le lendemain, on commencera les grands lavages à l’eau oxygénée qu’on renouvellera tous les matins. Ce traitement sera toujours long; les escarres mettent de longs mois à s’éliminer, pendant lesquels il faudra veiller à ce que la cicatrisation se fasse bien de la profondeur vers la superficie.
Dès que la fièvre sera tombée, et que l’état local semblera satisfaisant, au dixième ou quinzième jour dans la plupart des cas, on s’occupera de l’urètre pour faire l’urétrotomie interne ou la résection.
PROSTATECTOMIE PÉRINÉALE
SOINS POST-OPÉRATOIRES
Le premier jour d’une prostatectomie périnéale, le malade devra être très attentivement surveillé. Il sera couché sur un lit dur, le siège légèrement soulevé. Dans le courant de la journée on devra laver deux ou trois fois la vessie par le drain cysto-périnéal. Ce lavage sera fait avec de l’eau bouillie, du sérum, de l’eau boriquée, la solution de nitrate au i/iooo, suivant que la vessie est infectée ou non. Le tamponnement de la plaie sera soigneusement respecté. Le malade boira peu dans la journée.
Chez les malades qui ont perdu beaucoup de sang au cours de l’opération, on devra faire des injections de sérum.
Le lendemain les soins seront à peu près les mêmes : lavages de la vessie, diète hydrique.
Le troisième jour on sera autorisé à enlever les mèches. Sans brusquerie, sous le jet d’une injection tiède, si elles sont
PROSTATECTOMIE PÉRINÉALE.
trop adhérentes, on les enlèvera une à une. Cette ablation, il faut le reconnaître, est toujours douloureuse. Le tamponnement sera refait cette fois plus léger, après avoir pratiqué le lavage vésical. L’alimentation sera reprise, peu substantielle les premiers jours.
Les jours suivants on refera le pansement très régulièrement, on lavera la vessie.
Du troisième au septième jour on purgera le malade.
Le drain périnéal sera enlevé vers le huitième jour. Le drainage de la vessie sera dès lors assuré par la sonde à demeure. La sonde à béquille (n° 18 ou 20) sera choisie de préférence. On l’introduira à l’aide d’un mandrin. Il ne faudra pas trop se hâter de la supprimer. En général, on l’enlèvera du quinzième au vingtième jour; les premiers jours, l’urine s’écoule en partie par le périnée, mais cet écoulement diminue • très rapidement pour cesser au bout de dix à quinze jours. Si la totalité de l’urine s’écoulait par le périnée, il ne faudrait pas hésiter à remettre, pendant quelques jours, la sonde à demeure. Les malades qui ne perdent pas d’urine par le périnée après l’ablation de la sonde sont l’exception.
Le malade sera autorisé à se lever dès qu’il n’aura plus sa sonde à demeure.
Les pansements de la plaie périnéale devront être refaits tous les jours jusqu’à la cicatrisation complète qui se fait, dans la plupart des cas, vers le trentième jour. Il est exceptionnel que la fistule périnéale persiste, constituant une véritable complication post-opératoire. Il s’agit alors de malades infectés, dont l’état général est très aggravé, ou qui ont subi des opérations laborieuses, désorganisant la région. Sauf dans le cas de fistules vésico-périnéales, ces fistules sont intermittentes , 1 urine ne s’écoule qu’au moment de la miction ; dans certains cas, la fistule se ferme pendant un temps plus ou moins long, puis reparaît pour quelque temps encore. Quoi qu il en soit, ces fistules sont toujours très bénignes et incommodent peu le malade. Elles finissent presque toujours par
4o6 CHIRURGIE DE L'APPAREIL GÉNITO-URINAIRE.
guérir spontanément au bout de trois à dix mois; ce n’est qu’exceptionnellement qu’on les voit durer plus longtemps. Dans les cas où la fistule est entretenue par un rétrécissement de l’urètre, il suffira de faire de la dilatation aux béniqués.
On a conseillé de faire quelques attouchements du trajet à la teinture d’iode ou au nitrate d’argent. En dernier lieu, on recourra au thermo-cautère ou à l’extirpation chirurgicale du trajet.
Ceci dit sur les fistules périnéales, revenons au traitement post-opératoire de la prostatectomie.
Les lavages de la vessie seront continués avec profit après la suppression de la sonde à demeure. Dans certains cas, ces lavages peuvent devenir impossibles, la sonde béquille même ne pouvant pénétrer dans la vessie, probablement à cause de la déviation du canal. J. Petit (*) en rapporte un cas : quinze jours après l’opération, il dut laisser un malade huit jours durant sans sondages. Aussi doit-on commencer des séances de dilatation aux béniqués dès que la sonde à demeure aura été retirée. On commencera par le n° 40 et on ira jusqu’au 58 ou 60.
M. Albarran pense que, dans d’autres cas, la sonde ne peut pénétrer parce que, l’urètre prostatique se laissant déprimer, elle s’accroche au-dessous du col et ne peut pénétrer dans la vessie. Il faudra alors l’introduire sur un mandrin courbe et en repousser le bec à l’aide d’un doigt introduit dans le rectum.
Dès que le malade se lève, il peut éprouver un certain degré d’incontinence. Cet accident, toujours passager, guérit spontanément.