J. Petit. Th. de Paris, 1901, obs. XVII
PROSTATECTOMIE PÉRINÉALE.
RÉSULTATS OPÉRATOIRES
Après la prostatectomie, tous les troubles qui étaient sous la dépendance directe de l’hypertrophie prostatique disparaissent ou s’atténuent très rapidement. Les altérations rénales régressent si elles étaient peu avancées. La défécation s’exécute plus facilement. Les fonctions vésicales retrouvent leur simplicité d’antan.
Parfois le malade continue à souffrir et présente du ténesme; il faut rapporter ces troubles à une opération incomplète ou cà une lésion vésicale ou rénale.
Les fonctions sexuelles, si réduites fussent-elles avant l’opération, sont diminuées ou supprimées.
Enfin on a signalé (Rovsing) des troubles nerveux, des déchéances organiques, ce qui permet de supposer que la prostate a véritablement une sécrétion interne qui joue un rôle important dans l’organisme, en dehors de son influence sur la spermatogenèse, qu’ont tenté de démontrer MM. Serrallach et Paré.
Exécutée pour un cancer, la prostatectomie donne des résultats très mauvais. La récidive se fait dans les quelques mois qui suivent.
Fonctions vésicales. — Efforts, douleurs, retards de la miction disparaissent complètement après la prostatectomie. Il persiste encore de fréquents besoins d’uriner, mais ils sont moins appréhendés par le malade qui ne souffre plus.
La vessie se vide bien grâce à sa contractilité retrouvée. L’évacuation se fait complètement, sauf pour quelques malades à vessie très déformée, qui conservent un léger tésidu nécessitant 1 emploi de la sonde.
Un autre fait digne d’être signalé est un certain degré d insensibilité urétrale. J. Petit (*) l’a observé chez 4 opérés,
i- J. Petit. Loc. cit.
4oS CHIRURGIE DE V APPAREIL GÉNITO-URINAIRE.
lesquels, dit-il, n’ont senti vraiment leur urine passer par la verge qu’une vingtaine de jours après l’opération.
Quelques malades présentent de la faiblesse du sphincter, qui disparaît en général assez vite.
D’autres ont de l’incontinence vraie, due à la section du col vésical ou du sphincter membraneux.
Fonctions sexuelles. — L’étude des fonctions sexuelles après la prostatectomie périnéale n’avait fait l’objet d’aucun travail jusqu’à ces dernières années. La question semblait résolue au point de vue théorique, la suppression de la prostate, des canaux éjaculateurs et des vésicules séminales devant entraîner fatalement la perte de l’érection et de l’éjaculation. Et, de fait, tous les auteurs étaient d’accord sur ce point. J. Petit ('), R. Proust (8) reconnaissent la suppression des fonctions sexuelles après la prostatectomie périnéale; ce dernier la rapporte à la destruction des nerfs érecteurs, qui sont si richement distribués au niveau des canaux éjaculateurs et qui joueraient un rôle dans le réflexe de l’érection.
Par le procédé de Young on respecte cette zone, mais, du même - coup, on respecte malheureusement trop de glande.
E. Papin(3), dans sa thèse, vient de reprendre la question des fonctions sexuelles après la prostatectomie. D’après l’examen clinique portant sur 52 opérés et des expériences pratiquées sur des chiens, il conclut à la suppression de l’éjaculation chez tous les opérés et de l’érection chez la plupart.
L’étude clinique de 5 a prostatectomisés par la voie périnéale lui a donné les résultats suivants :
Sur 5a sujets ayant à peu près leurs fonctions sexuelles conservées avant l’opération, un seul a peut-être des éjaculations, tous les autres en sont privés. L’érection ne persiste complète que chez 12 malades, soit dans 23 pour 100 des
r. J. Petit. De la prostatectomie périnéale. Th. de Paris, 1902.