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sion post-opératoire, qui peut tout aussi bien être due à un spasme ou à une paralysie intestinale, à des brides ou à des adhérences intestinales avec une surface cruentée, ou encore à la grande mobilité des anses grêles dans un abdomen délivré d’un énorme kyste de l’ovaire ou d’un volumineux fibrome.
M. Depage ('), qui a observé quatre cas d’occlusion intestinale consécutifs à la position de Trendelenburg, croit que l’obstruction est due au refoulement du côlon transverse sous le diaphragme par les compresses.
Quoi qu’il en soit, il sera prudent de vérifier la position des anses intestinales avant de refermer le ventre.
2° Accidents dus à l’ablation des annexes. — L’hystérectomie sus-vaginale ou totale entraîne presque toujours la perte des ovaires et des trompes. Même sains, il est peu de chirurgiens qui les conservent, ne voulant pas compliquer une opération relativement simple par une conservation qui prolonge l’intervention pour un bénéfice qui a pu paraître hypothétique.
Nous ne sommes cependant plus en droit, aujourd’hui, de nier les avantages retirés de la conservation d’un ovaire après l’hystérectomie.
Les troubles qu’entraîne si souvent la perte des deux ovaires méritent d’être bien connus, car s’ils sont d’un intérêt secondaire pour le chirurgien, en comparaison de la lésion primitive, ils n’en sont pas moins d’une grande incommodité pour la malade qui, plus ou moins tôt, réclamera nos soins à leur sujet.
Ces troubles sont de deux ordres : les uns sont généraux, les autres locaux.
A) Troubles généraux. — Les troubles généraux se manifestent soit immédiatement après l’opération, soit plus tard, au bout de quelques mois. Ce sont des bouffées de chaleur, des poussées congestives, des accès d’oppression, des palpi-
i. Depage. Congres français de Chirurgie, octobre 1905.
rations, des accélérations du pouls, dus à des troubles vasomoteurs, et s’accentuant aux périodes correspondant aux règles absentes.
Ce sont des modifications du caractère, des névralgies, des migraines, des mouvements impulsifs, des vertiges, des insomnies, des hallucinations parfois, dus à des modifications du système nerveux.
Ce sont encore des œdèmes, des sueurs, de l’adipose.
Ces malades tristes, fatiguées, indolentes, irritables, incapables du moindre effort, souffrant parfois de douleurs hypogastriques survenant par crises, sont de véritables infirmes contre lesquelles nous ne devons pas être désarmés.
Tous ces troubles ont été rapportés par Hegar, Le Bec et Jayle (*) surtout à une insuffisance ovarienne.
Serrant la question de plus près, Fraenkel en iqo3 (*) et Lambert (3) font du corps jaune l’élément important de la glande au point de vue de la sécrétion interne.
Les expériences de Bouin, Ancel et Villemin, confirment le rôle de glande à sécrétion interne attribué au corps jaune. Pendant sa période de formation et sa période d'état, le corps jaune sécréterait des principes qui passent directement dans le sang.
Il faut cependant ajouter que les cellules interstitielles de l’ovaire auraient, elles aussi, un rôle dans la sécrétion interne de l’ovaire.
La suppression des ovaires entraîne donc la suppression d’une fonction qui semble aujourd’hui bien démontrée.
Nous savons en outre que cette suppression de l’ovaire peut être, jusqu’à un certain point, suppléée par une hypertrophie thyroïdienne, comme on a pu le constater dans
1. Jayle. De l’insuffisance ovarienne. Rev. de Gynecol, et de Chir. abd., n° 6, 1901. — L’insuffisance ovarienne. Presse médicale , n" aa,
17 mars 1900. .
2. Fraenkel. La fonction du corps jaune. Archiv fur Gynàkologic,
iÿo3.
3. Lambert. Sur l’action des extraits du corps jaune. Soc. de Biologie, 19 janvier 1907.
HYS TÉREC TOMIE ABDOMINALE.
plusieurs cas [Jardy (')], mais il ne faut guère y compter.
Il est donc de toute nécessité de rendre à la femme castrée, sous une forme quelconque, le principe actif de la sécrétion interne qui fait défaut. A ce point de vue, l’ovarine, fabriquée avec tous les ovaires indistinctement, dont quelques-uns ne renferment pas de corps jaune, est au-dessous de sa tâche. De même les extraits et poudres divers.
L'ocréine est, au contraire, un excellent médicament. M. Drevetf) l’a expérimenté sous ses différentes préparations : solution titrée à 2 centigrammes d’extrait pur par XX gouttes, pilules dosées à 2 centigrammes d’extrait pur. En débutant par 4 à 8 centigrammes, on peut aller graduellement jusqu’à 16 et 18 centigrammes sans intoxication.
Le traitement doit être suivi longtemps (2 à 3 mois), car l’action du médicament s’épuise très rapidement ; il y aura donc tout intérêt à le reprendre tous les mois.
Sous son influence on verra les bouffées de chaleur et les poussées congestives diminuer, les troubles nerveux être très favorablement influencés, et l’état général se relever très rapidement.
On peut aussi tenter les greffes ovariennes. Elles ont pu réussir dans certains cas et produire des effets satisfaisants.
MM. Quénu et Sauvé (1 2 3), ayant eu l’occasion de faire l’ablation d’un ovaire greffé antérieurement, pour combattre des troubles consécutifs à une castration et ayant pu examiner cet ovaire, l’ont trouvé très altéré et kystique. M. Quénu, présentant ce cas à la Société de chirurgie, conclut que les ovaires greffés perdent leur structure normale. Il admet cependant que, dans certains cas, l’opération peut donner des résultats fonctionnels satisfaisants.
1. H. Jardy. La sécrétion interne de l’ovaire (synergie thyro-ovarienne). Th. de Paris, 1907.
2. L. Drevet. Effets thérapeutiques du corps jaune de l’ovaire, en particulier dans la ménopause post-opératoire. Th. de Paris, 1907. ’