Lejars. Idem , p
RÉSECTION DU COUDE
dépend, en réalité, de la valeur fonctionnelle des muscles péri-articulaires.
Dans les cas où la mobilité latérale est réellement trop grande, on peut maintenir le bras par un appareil à tiges latérales articulées au coude (fi g. 74 et 75).
Comme on le voit, c’est surtout contre les dégénérescences
Fig. 74. — Appareil de Sociti.
musculaires, résultant d une immobilisation prolongée , qu’il faut lutter après la
résection du coude, car le résultat fonctionnel dépend, en grande partie, de l’intégrité des muscles fléchisseurs et extenseurs.
Quand la résection a été faite pour une tumeur blanche, la guérison peut être parfois très longue à se faire, en dépit de pansements répétés et soignés. Les conditions opératoires ont pu être mauvaises et il faut traiter après l’opération par le drainage, les lavages, les injections modificatrices, des vestiges tuberculeux qui ont échappé au bistouri. Dans les cas les plus graves, la résection a été manifestement insuffisante, et les extrémités osseuses se contaminent à nouveau au contact de fongosités oubliées. Il ne faut pas hésiter dès lors à ouvrir l’articulation, la curetter, la cautériser, en ayant soin
d’enlever tous les tissus qui paraissent douteux; parfois même une nouvelle résection plus étendue sera nécessaire.
Chez l’enfant, la résection du coude présente des particularités qui méritent d’être signalées. Elle n’est pas toujours mutilatrice comme on pourrait le penser. Ollier, au dire de M. Gangolphe^), aurait réséqué sur une hauteur de 3 centimètres la totalité de l’articulation droite à un enfant de quatre ans atteint d’ankylose bilatérale à la suite de la variole; treize ans plus tard, l’enfant ayant achevé sa croissance, ne présentait qu’un raccourcissement de 4 centimètres.
D’autres auteurs ont pu rapporter des cas analogues et ils ne sont pas rares à la condition qu’on mobilise rapidement la jointure.
A côté de ces faits, il faut signaler les cas où on a constaté un allongement de l’humérus par hyperplasie compensatrice du cartilage de conjugaison supérieur. Gangolphe(‘) rapporte à ce sujet un cas d’Ollier où, à l’autopsie, sept ans après une résection au cours de laquelle on avait supprimé 3 centimètres de l’extrémité inférieure de l’humérus, on trouva cet os un peu plus long que celui du côté sain; le radius et le cubitus ne s’étaient pas modifiés.
COMPLICATIONS POST-OPÉRATOIRES
Nous ne ferons que signaler les complications communes à toute résection, infection, hémorragies secondaires, fistules et récidives s’il s’agit de tuberculose, pour insister sur deux complications propres à la résection du coude, l’ostéome du brachial antérieur et la luxation antérieure des os de l’avant-bras.
Ostéome du brachial antérieur. — La formation d’un ostéome dans le muscle brachial antérieur est une complication assez fréquente de la résection du coude. Elle est le plus souvent due à une opération incomplète qui a laissé en
1. M. Gangolphe. In Traité de Chirurgie. Le Dentu-Delbet, t. III, p. 59o.
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place un fragment de capsule articulaire, celui qui est en avant au contact du muscle brachial antérieur. La transformation osseuse de ce fragment se fait rapidement et, au bout d’un mois environ, le malade présente à la partie antérieure du bras une tumeur dure, osseuse, qui fait obstacle à la flexion de l’avant-bras sur le bras et qui nécessite une intervention secondaire.
Malheureusement cette intervention est parfois suivie de récidive, l’ostéome prenant directement naissance aux dépens du tissu musculaire lui-même.
Luxation antérieure des os de l’avant-bras. — Cette complication, sur laquelle notre maître, M. Rieffel, revenait encore dernièrement à la Société de Chirurgie (*), est le plus souvent provoquée par une immobilisation du membre dans une attitude défectueuse. Si, après la résection, on place le coude en flexion à angle droit ou aigu, les deux os de l’avantbras, sollicités par leurs muscles fléchisseurs, glissent en avant de l’extrémité inférieure de l’humérus, et se fixent en luxation antérieure. Il en résulte ultérieurement une impotence fonctionnelle considérable, et parfois une nouvelle ankylosé. Celle-ci est la conséquence de la rétraction des muscles biceps brachial et brachial antérieur, des adhérences du triceps brachial à l’humérus, des néoformations osseuses. Elle réclame une nouvelle intervention.
i. Rieffel. Bull, et Mém. de la Soc. de Chir. Séance du 27 octobre !9°9, p. 1010.
CHIRURGIE DES MEMBRES