‹ La période post-opératoire, soins, suites et accidentsChapitre 33 sur 299 · JO · texte numérisé non relu

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•permanentes. Les premières, disent Briand et Picqué, sont essentiellement transitoires; ce sont des délires d’hôpital, •dus Surtout à la septicémie, rarement au chloroforme ou à d’autres agents médicamenteux et qui se terminent rapidement par la guérison ou par la mort (Briand et Picqué). Les secondes sont plus ou moins longues, parfois permanentes. Ce sont les délires d’asile de Briand et Picqué, les vraies psychoses post-opératoires.

Les psychoses post-opératoires sont relativement rares. Elles apparaissent presque toujours chez des femmes nerveuses, ou chez des individus prédisposés par une tare héréditaire ou organique (intoxication chronique, saturnisme, alcoolisme, etc.). L’importance de l’opération ne semble en revanche jouer aucun rôle dans leur éclosion.

C’est à l’anesthésique que certains auteurs ont rapporté l’apparition de ces manifestations psychiques. On avait constaté que la substance anesthésique déprimait le cœur, qu’elle hyperémiait le foie, qu’elle déterminait de l’anémie cérébrale, de la stase veineuse, de l’albuminurie.

On avait remarqué que les personnes nerveuses étaient plus longues à s’endormir, qu’il leur fallait des doses plus fortes et qu’enfin leur système nerveux était plus ébranlé par la crainte de l’opération. Il semble bien aujourd’hui que ce n’est pas à une cause unique, mais à un ensemble de circonstances qu’il faut attribuer ces psychoses (prédisposition héréditaire ou acquise, shock opératoire ou ébranlement moral).

Les troubles psychiques qui peuvent se manifester après une intervention chirurgicale ne présentent aucun caractère particulier, et il est difficile de les classer, car ils prennent chez chaque individu une allure spéciale, folie, manie, mélancolie, délire, etc. Tantôt ce sont des phénomènes d’excitation violente avec élévation de température, tantôt de l’insomnie tranquille.

On doit donc prévoir l’apparition de ces troubles avant l’opération, dès qu’on a affaire à un sujet pusillanime ayant

ANESTHESIE GENERALE

■des stigmates psychiques, en gagnant sa confiance et en abrégeant le plus possible la période pré-opératoire.

8 0 Empoisonnement tardif. — Le . chloroforme tue après, l’opération, comme il tue avant, comme il tue pendant.

Depuis que Casper en 1 85 o (’) rapporta le premier cas de mort quelques jours après une anesthésie générale par le chloroforme diverses observations ont été publiées. Nous les trouvons toutes rassemblées par M. J. Auburtin (1 2 3) dans une excellente thèse sur les effets tardifs du chloroforme. Nous y ajouterons les cas publiés dernièrement par Thorp, Telfort, Bride, Wilson (5). Dans une série d’expériences très intéressantes, Nothnagel, Ungar et Jaukers, Paul Bert avaient déjà montré les effets des inhalations chloroformiques sur les viscères. Il semble bien prouvé aujourd’hui qu’en dehors de toute infection opératoire le chloroforme à lui seul suffit à déterminer l’apparition de symptômes d’intoxication grave, ■et parfois même mortelle.

A l’autopsie, on trouve des lésions de dégénérescence viscérale, localisées surtout au foie, aux reins, au cœur, et presque toujours il s’agit de dégénérescence graisseuse.

Les symptômes qui traduisent l’intoxication se manifestent en général après la première journée.

Les vomissements chloroformiques sont plus fréquents; ils deviennent plus foncés, parfois même marc de café. La respiration est plus rapide et le malade est gêné par une odeur persistante de chloroforme. Parfois on voit apparaître le rythme de Cheyne-Stokes. Le pouls est rapide, petit. Le faciès est légèrement subictérique. Le malade est plus ou moins agité, mais sans fièvre; parfois on voit apparaître un délire calme; dans d’autres cas ce sont des convulsions. Les urines sont rares, foncées. On y décèle la présence de l’albumine, de pigments biliaires et d’une abondante quantité de composés azotés.

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