‹ La période post-opératoire, soins, suites et accidentsChapitre 34 sur 299 · J. Auburtin. Th. de Paris · texte numérisé non relu

J. Auburtin. Th. de Paris

3. Thorp, Telfort, Bride, Wilson. The Lancet, 29 février 1908.

Tous ces phénomènes, dans les cas mortels, s’aggravent rapidement en quelques jours.

Dans les cas les plus heureux, tout rentre dans l’ordre assez rapidement, surtout si on agit dès l’apparition des symptômes par des injections de caféine ou d’huile camphrée et par de grandes injections intra-veineuses de sérum.

Si le chloroforme suffit à lui seul à altérer la cellule hépatique et à amener un trouble dans les fonctions du foie, il semble bien que d’autres facteurs entrent en jeu pour faciliter son action. L’une des causes qui augmentent la dépression fonctionnelle du foie et diminuent sa fonction anti-toxique serait d’après William Hunter(‘) le jeûne pré-anesthésique auquel on soumet le malade. Le jeûne est en effet, comme nous l’avons appris en physiologie, une des influences qui font le mieux diminuer puis disparaître le glycogène du foie. Pour subvenir aux besoins de l’organisme, le foie est alors obligé de produire du glycogène aux dépens des protéiques et des graisses. Or, la destruction des premières entraîne une augmentation des substances toxiques et le métabolisme des graisses une formation exagérée d’acides, conditions qui favorisent au plus haut point l’intoxication de l’organisme. Le jeûne pré-anesthésique serait donc un contre-sens, puisqu’il supprimerait un apport indispensable au foie. W. Hunter conseille donc de donner au malade quelques heures avant l’opération (quatre heures environ), un aliment amylacé facile à digérer; d’autres [Beddard(s)j recommandent la dextrose par voie buccale ou rectale ou même en injection intraveineuse (solution à 6 pour ioo). Ils pensent ainsi fournir au foie au moment où il va avoir besoin de toutes ses réserves, une nouvelle provision de glycogène, qui va contribuer à assurer l’intégrité de ses fonctions.

1. William Hunter. Intoxication tardive par le chloroforme. Sa nature. Sa prophylaxie. The Lancet, 1908, 4 avril, n" 4414-

2. Beddard. Traitement de l’intoxication chloroformique tardive. The Lancet, 1908, 7 mars, n° 4410.

ANESTHÉSIE GÉNÉRALE

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