EAU OXYGÉNÉE
Avec la connaissance chaque jour plus profonde des microorganismes l’eau oxygénée tend à prendre une place de plus en plus grande dans les pansements antiseptiques, d’autant que ses méfaits sont exceptionnels. L’absorption de l’eau oxjrgénée n’est en effet possible qu’en injection directe dans le système circulatoire. Aussi les accidents locaux auxquels elle expose sont tout à fait bénins et dus toujours à l’impureté du produit. Ce sont des rougeurs, des érythèmes, des ulcérations. Parfois il se développe autour des plaies un emphysème sous-cutané, mais cet emphysème est nécessaire, dit Malet (*); sous l’action de la distension gazeuse, en effet, les trabécules se rompent et le pus s’écoule plus facilement.
Dans les plaies en contact avec le cuir chevelu ou des régions pileuses, il faudra se rappeler que l’eau oxygénée a une action décolorante.
Dans les cavités naturelles , l’eau ox}^génée peut produire certains troubles pénibles, en déterminant une distension douloureuse. C’est ainsi qu’après avoir été conseillés dans les cystites rebelles, les lavages à l’eau oxygénée sont aujourd’hui abandonnés.
Dans les cavités anfractueuses , à la suite de plaies contuses, dans les poches à parois faibles, la distension produite par l'eau oxygénée ouvre des espaces dans lesquels peut luser l’oxygène entraînant avec lui des microbes qui vont porter plus loin l’infection. C’est là une complication à l’appui de laquelle Coudrain(*) apporte une observation. Il s’agissait d’une appendicite opérée et drainée qui se compliqua d’abcès secondaires à la suite de lavages à l’eau oxygénée.
Enfin on a accusé l’eau oxygénée d’exercer une action