DELIRIUM TREMENS
Le delirium tremens est toujours à craindre chez les alcooliques invétérés qu’on opère. C’est un accident qui ne saurait être rapporté toujours, comme l’a avancé M. Picqué(‘), à l’infection.
Le delirium tremens a des caractères propres bien différents de l’intoxication aiguë et un pronostic toujours sombre. Les hallucinations, le tremblement, les sueurs, les mouvements désordonnés donnent à la crise un aspect effrayant; la fièvre y ajoute son appoint.
Diverses médications ont été instituées contre le delirium post-opératoire. On a conseillé l’alcool, le chloral (4 gr.), l’opium (extrait thébaïque 5 à 10 centigr.). Mais on ne fait ainsi qu’augmenter l’intoxication.
M. Quénu(’) considérant qu’on se trouve en présence d’intoxiqués, cherche avant tout à éliminer le poison. Dans ce but il ordonne uniquement l’emploi du sérum artificiel; s’il devait ajouter un médicament aux injections de sérum, dit-il, ce serait, en cas de faiblesse cardiaque, l’injection sous-cutanée de sulfate de strychnine que conseille également M. Broca(J;, à la dose de 3 milligrammes en moyenne.
Il est bon de rappeler que la digitale, conseillée par Trousseau et Vulpian, les lavements, les bains froids rendent également des services.