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ACCIDENTS BRONCHO-PULMONAIRES POST-OPÉRA TOIRES

Les accidents pulmonaires consécutifs aux interventions chirurgicales ont fait l’objet, dans ces dernières années, de nombreuses discussions et de nombreux travaux portant surtout sur leur pathogénie.

Au point de vue clinique, en effet, les troubles pulmonaires post-opératoires n’offrent aucun caractère paiticulier. La bronchite, la broncho-pneumonie, la pneumonie, sont ce que nous les connaissons dans leurs manifestations piimitives.

Nous avons déjà vu, dans les accidents post-anesthésiques, la part que prenaient le chloroforme ou l’éther et le refroidissement dans leur apparition. Nous savons également le rôle que peuvent jouer la position de l’opéré, l’âge du malade, son état général ou pulmonaire comme causes prédisposantes. Il nous reste maintenant à envisager les causes qui semblent vraiment déterminantes, et en première ligne 1 infection.

1 L’infection peut atteindre le poumon par voie bronchique, sanguine ou lymphatique.

Dans le premier cas, toutes les causes qui favoriseront l’introduction des liquides dans les voies aériennes et gêneront la toux et l’expectoration, engendreront facilement les troubles pulmonaires dès les premières heures.

Dans le deuxième cas, il s’agit presque toujours de petites embolies survenant plusieurs jours après l’intervention.

L’infection par voie lymphatique est réalisée, quand, dans une laparotomie par exemple, les microorganismes, traversant le diaphragme' grâce aux lymphatiques, gagnent par la plèvre viscérale le poumon qui a perdu son élasticité. On a donné la richesse lymphatique plus grande du côté droit du diaphragme comme la raison de la plus grande fréquence des pleurésies et des pneumonies droites. Cette théorie émise

par Kelling au XXXIV0 Congrès de la Société allemande de

ACCIDENTS LOCAUX ET GÉNÉRAUX

Chirurgie en 1905 a trouvé des défenseurs dans Czerny, Kausch.

Certains auteurs admettent cependant que des phénomènes d’ordre mécanique jouent un rôle important dans la genèse de ces accidents broncho-pulmonaires.

On a incriminé le refroidissement du péritoine.

M. Bibergeil(‘) réfuté cette théorie en alléguant qu’on peut facilement éviter ce refroidissement, et qu’en outre la masse du foie protégeant le côté droit, les accidents devraient être plus fréquents à gauche; or c’est exactement le contraire qu’on observe. La cause de cette plus grande fréquence à droite des accidents pulmonaires doit plutôt être rapportée, à notre avis, à la pénétration plus facile des éléments étrangers dans la bronche droite.

Korte préfère accuser la suture de la paroi abdominale. Celle-ci étant sensible pendant les premiers jours, les malades suspendent instinctivement la respiration abdominale pour la remplacer par une respiration thoracique superficielle qui traumatise moins la plaie opératoire. La ventilation pulmonaire se fait moins bien, les mucosités buccales encombrent plus facilement les bronches et favorisent ainsi l’éclosion d’une bronchite ou d’une pneumonie.

Quoi qu’il en soit, les accidents pulmonaires s’observent surtout après les laparotomies et indifféremment, qu’elles soient hautes ou basses.

Tout récemment, M. A. von Lichtenberg(s) a fait de la question une revue générale très complète, sans toutefois ajouter aucun document personnel nouveau.

En additionnant quelques grandes statistiques, il est arrivé à rassembler quelques milliers d’observations qu’il a étudiées au point de vue des accidents pulmonaires post-opératoires.

1. Bibergkil. Archiv. fiir klin. Chir., 1905, vol. LXXVIII, p. j3o.

2. A. Von Lichtenberg. Ccntralblatt fiir die Grençgebiete der Medund Chir., 1908, t. XI, mars et avril, n0’ 4, 5, 6 et 7.

16000 laparotomies ont déterminé des complications pulmonaires dans la proportion de 5,5 pour 100.

2 176 opérations sur l’estomac ont occasionné la mort par accidents pulmonaires dans 8 pour 100 des cas.

Dans les opérations sur les voies biliaires (1042 cas) la proportion est moindre : 2 pour 100.

Dans les opérations gynécologiques (3280 cas), elle n’est que de 1 ,5 pour 100; dans les hernies (1601 cas), de 1 pour 100; dans les goitres (3526 cas), de o, 4 pour 100.

C’est par les précautions pré-opératoires qu’on mettra son malade le mieux à l’abri de ces complications. Ne pas endormir les catarrheux, éviter les refroidissements, l’hypostase, désinfecter soigneusement la bouche des malades avant et après l’anesthésie générale, telle devra être la conduite du chirurgien qui voudra éviter ces accidents.

TACHYCARDIE

On a signalé, depuis quelque temps, certains cas de tachycardie post-opératoire.

Edward Sanderson(‘) rapporte en 1905 le cas d’une jeune femme de 20 ans, qui, à la suite d’une opération pour appendicite chronique, présenta des palpitations et une tachycardie très marquée montant jusqu’à 200 par moments.

L auteur cite quatre autres cas analogues au sien et rapporte les symptômes à un hyperfonctionnement thyroïdien, à du « thyroïdisme aigu ».

Nous ne sommes pas encore bien renseignés sur la nature de cette complication, et de nouveaux travaux sont nécessaires avant de pouvoir en préciser l’origine exacte.

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