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TRÉPANATION DE LA MASTOIDE

COMPLICA TIONS POST-OPÉRA TOIRES

Fausses récidives. — Sous le nom de fistules, de guérison retardée, de fausses récidives, on désigne tous ces états qui persistent longtemps après la trépanation de la mastoïde, prolongeant l'affection d’une façon souvent désespérante. La trépanation n’a fait qu’amener un amendement des phéno-

rieur. La lèvre antérieure est ensuite disséquée et décollée sur une longueur de 1/2 centimètre. La lèvre postérieure plus résistante est détachée à la rugine.

3e Temps : Retournement des lambeaux et leur fixation. —

On retourne le lambeau triangulaire supérieur face cutanée contre l’orifice ; le lambeau inférieur est également accolé à l’orifice; les deux faces cruentées deviennent alors superficielles. On fixe l’une à l’autre les extrémités libres des lambeaux, à l’aide d’un

point en V au catgut Fig. 8. — Fermeture autoplastique de ,fjort 8). l'orifice rétro-auriculaire. Procédé de

e fi jr, P. Laurens.

T 1 emps . Rappj O- Lcs jeiix lambeaux disséqués ont été chement des l'erres an- retournés et réunis. Les lèvres cutanées

térieure et postérieure. vont éire. et remues par les

r crins déjà en place.

— Ce temps est extrêmement facile. Les points sont faits aux crins de Florence. On fait un pansement compressif.

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mènes aigus; mais l’otorrhée persiste plus ou moins abondante; par les fistules souvent multiples s’écoule un pus fétide. Ce sont ces dernières qui retardent la guérison. Elles siègent sur la cicatrice ancienne, ont un trajet plus ou moins sinueux qui conduit vers un os dénudé, la dure-mère ou le sinus. Pendant un temps plus ou moins long, une croûte recouvre l’orifice cutané et elles semblent guéries; l’espoir n’est en général pas de longue durée. Elles récidivent bientôt, suintantes et tenaces.

Du côté de la caisse du tympan les lésions sont analogues : suppuration persistante amenant la destruction des osselets, granulations abondantes, etc. En somme on se trouve en présence d’un état chronique, souvent latent, sur lequel viennent se greffer des poussées aiguës qui font croire à une récidive de l’affection première.

Quelles sont donc les causes de ces retards dans la guérison et de ces fausses récidives?

Elles tiennent à l’opération, aux pansements, à la nature de l’affection.

i° L’opération. — Elle peut être insuffisante; toute intervention pour mastoïdite qui n’aura pas trépané l’antre, aura négligé une des principales sources de l’infection et exposera de ce fait même à la fistule. Les périostites mastoïdiennes (') simples comme les périostites phlegmoneuses diffuses sont d’une extrême rareté; aussi ne faudra-t-il se contenter de l’incision simple de l’abcès qu’en cas d’extrême urgence, quand on n’aura pas sous la main les instruments nécessaires a une trépanation. C’est là en effet une intervention qui pare au plus pressé, mais qui ne produit qu’une fausse guérison, puisqu’elle ne touche pas au foyer d’origine.

L’oubli dans la plaie d’un corps étranger (tampon d’ouate ou fragment de mèche) confondu avec un bourgeon charnu peut entretenir pendant longtemps la suppuration de l’antre.

i. P jîch armant. Th. de Paris, 1304.

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Les petits séquestres détachés au moment de l’intervention, ou secondairement, peuvent jouer le même rôle.

2° Les pansements. — Ils ne doivent pas être confiés à n’importe qui, car si l’opération est délicate les suites ne le sont pas moins. De bourgeonnements trop rapides, d’un tamponnement prolongé, de cautérisations intempestives résultent souvent des fistules intarissables aboutissant à de fausses récidives.

3° La nature de l’affection reste une des principales causes des pseudo-récidives. La trépanation de la mastoïde guérit les empyèmes aigus; mais quand elle s’adresse à des lésions chroniques invétérées, surtout de nature tuberculeuse, passibles de l’évidement pétro-mastoïdien, elle n’apporte qu’un soulagement momentané; il ne faudra donc pas s’étonner de voit les phénomènes persister sous une forme moins

aiguë, il est vrai, mais sans aucune tendance à la guérison.

4° L obstruction de la trompe serait pour Hubbard^1) une cause de fistulisation chronique. Dench ne l’admet pas et

Uié ( ), qui rapporte cette discussion dans sa thèse, se range à son avis.

Quoi qu’il en soit, le traitement dans tous ces cas reste le même . il faut évider la mastoïde et la caisse, enlever les osselets, les séquestres, curetter les os cariés, faire en un mot 1 evidement pétro-mastoïdien et drainer largement.

, Récidives vraies. — Comme nous venons de le voir, les hstulcs des trépanations mastoïdiennes guérissent le plus souvent très lentement, mais d’une façon radicale, à telle enseigne que lorsque 3 mois après, 6 mois, i an et même P Us5 le sujet îevient nous trouver avec une suppuration de même oieille, c est bien à une nouvelle mastoïdite, à une ive vraie que nous avons affaire; la trépanation guérit

4 S0C' Amér' de Bost°" in AnmleS

». Ilié. Th.^PaEs, i*o%haUVeaU' sePtembre-°ctobre J9o5.

CHIRURGIE DU CRANE ET DU RACHIS

bien un antre suppuré, mais n’immunise pas pour le reste de l’existence.

Il faut bien nous convaincre de ce fait qu’une oreille déjà atteinte et guérie peut, à l’occasion d’une nouvelle infection, chez un sujet adénoïdien non opéré, par conséquent toujours en imminence d’infection, être atteinte une fois, deux fois et même plus à des époques plus ou moins rapprochées; il s’agit là chaque fois d’une nouvelle infection atteignant un organe dont la suppuration est tarie depuis longtemps, dont la cicatrisation est parfaite et qui fonctionne bien.

La mastoïdite évolue comme la première fois, précédée ou non d’otorrhée. Elle évolue dans une apophyse dont la paroi externe seule diffère de celle d’une apoph}rse normale : elle est fibreuse, d’origine cicatricielle. Le pus formé dans l’antre va avoir une grande tendance à s’extérioriser; il ne rencontrera plus au dehors cette barrière osseuse qui lui fermait la route la première fois; et il arrivera facilement sous les téguments après avoir soulevé et perforé la cicatrice, en formant une tuméfaction douloureuse, rouge, fluctuante.

Dans tous ces cas le traitement est simple. Il s’agit tout simplement d’ouvrir un abcès dont la paroi est fibreuse. Un simple débridement suffit la plupart du temps. Quelquefois on sera obligé de curetter des fongosités. Les pansements ultérieurs se feront comme après la première intervention.

Parésie temporaire du nerf facial. — La paralysie faciale survient quelquefois deux à trois jours après la trépanation. Elle est due généralement à une compression du nerf dans le canal par un épanchement sanguin. Dans la plupart des cas, elle guérit en quelques semaines, avec ou sans traitement électrique.

A côté de cette parésie temporaire, il nous faut signaler la paralysie vraie du nerf facial. Celle-ci est due à la blessure du nerf au cours de l’intervention et constitue une infirmité permanente pour laquelle il ne reste à proposer au malade qu’une anastomose spino ou hypoglosso-faciale.

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