RÉCIDIVES
En matière de cancer, on ne peut parler de guérison qu après une période suffisamment longue.
On s accoide en général pour admettre qu’après trois ans les chances de récidive diminuent tellement qu’on peut considérer le malade comme guéri ; et cependant, n’a-t-on pas vu le cancer récidiver après io ans (Delbet), 18 ans (Guinard)?
, ^aPettc (), réunissant un total de 777 cas sur lesquels 140 étaient en bonne santé après 3 ans, admet une proportion de guérisons de 18 pour 100. C’est à peu près le chiffre auquel arrivent les différents auteurs.
'• h- Capette. Loc. cil.
i56 CHIRURGIE DE LA BOUCHE ET DU PHARYNX.
Sur une série de 112 cas de cancer de la langue et de la bouche, Collins Warren (de Boston) (') a obtenu 16 guérisons absolues au bout de 3 ans (14,2 pour 100) pour des cancers contrôlés microscopiquement.
Dans une série de 197 cas de cancer de la langue, Butlinf) obtient les résultats suivants :
20 morts des suites de l’opération.
26 récidives buccales.
39 récidives ganglionnaires.
7 récidives buccales et ganglionnaires.
10 récidives locales à siège exact inconnu.
4 récidives ganglionnaires et peut-être buccales.
2 récidives ganglionnaires du côté opposé.
2 récidives du côté opposé de la langue.
1 affection secondaire du poumon.
3 opérations palliatives.
5 opérations incomplètes.
22 récents opérés.
35 cas non récidivés depuis 3 à 33 ans.
1 malade perdu de vue.
Bastianelli, dans son livre sur le cancer delà langue (1902), avait rassemblé 802 cas opérés. Sur 58q malades revus, 11,6 pour 100 seulement étaient sans récidive au bout de 3 ans.
La récidive dans les cancers de la langue se fait en général dans les ganglions ou dans le moignon lingual, rarement dans le plancher de la bouche. Dans ces deux derniers cas, elle est plus rapide que dans le premier; en général, elle se fait avant six mois. Il faudra donc revoir souvent les malades, et au moindre indice de récidive intervenir à nouveau. La récidive dans les ganglions lente et progressive doit être traitée également par une nouvelle intervention cervicale.
Malheureusement, dans certains cas, les ganglions sontpris en quelques jours, et ils forment, dès le début, une masse dure, immobile, inopérable.
1. Collins Warren. IP congrès de la Soc. internat, de Chir., tenu à Bruxelles du 21 au 25 septembre 1908.