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avec l’opposition des deux principes, nous montrera encore
__, un riche panthéon, il faut admettre que linfluence civilisa-
trice de l’Élam avait été bien puissante; et, sans les traditions |
des mages, rien n'aurait plus rattaché, sauf la langue, la religion officielle à ses origines aryennes.
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L’art perse, au temps des Achéménides, n’est ni primitif
ni simple ; il a subi plusieurs influences ; on est parvenu à déterminer l’apport de chacun des styles étrangers qui ont contribué à le former. C’est la Chaldée et l’Assyrie qui lui ont le plus donné; eiles lui ont appris à élever des tertres artificiels et à construire, sur les flancs de ces élévations, des escaliers monumentaux. Dans la vallée de lPEuphrate et du Tigre, la Perse, comme la Chaldée, a employé la brique ; à Persépolis, elle s’est servie de la pierre dans les soubassements, dans les encadrements des portes, dans les colonnes, mais les murailles étaient d’argile, et c’est pour ce motif qu’il n’en reste plus trace aujourd’hui. A l'imitation des édifices assyriens, les bas-reliefs sont disposés au ras dusol, dans l’embrasure des portes et le long des rampes. Les mêmes colosses gardent les entrées ; la divinité plane de même dans les airs, entourée d’un anneau « qui rappelle le disque du soleil » ; le roi est assis sur son trône, entouré de ses serviteurs (1).
Toutefois, l’architecture se distingue de celle de l'Assyrie par un trait marqué : c’est le rôle prépondérant de la colonne, qui, chez celle-là, n’était qu’un accessoire. C’est à l'Égypte, aux salles hypostyles de Thèbes, qu’il convient de réserver l'honneur d’avoir servi de modèle; en conséquence, ce n’est
1) XXII, 1. V, p. 884 sq
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qu’à partir de la conquête de l'Égypte par Cambyse que l'on a pusonger à dresser ces majestueuses colonnes cannelées dont / quelques-unes sont encore debout. La décoration des temples de la vallée du Nil, quine pouvait être transportée en Perse, puisque les Perses n’avaient pas de temples, devint celle des palais royaux. Il reste cependant une difficulté embarrassante : ce scnt ces chapiteaux d’une forme étrange et inusitée, dont il faut peut-être chercher lorigine du côté de l’Assyrie. On sait d’ailleurs, par Diodore de Sicile, que des artistes égyptiens ont collaboré aux constructions de Persépolis et de Suse. Ce qui est absolument caractéristique, c’est la gorge égyptienne, moulure spéciale au pays des Pharaons, que l’on retrouve dans le couronnement de toutes les baïes, niches, fenêtres ou portes. = Une preuve en est encore fournie par les tombes des rois; celle de Cyrus, dont nous parlerons plus loin, est une tombe bâtie; celles de Darius et de ses successeurs sont creusées à même la montagne; la décoration sculpturale placée au dehors rappelle celle de la façade des temples souterrains d'Égypte. Cependant, l’ordonnance de cette façade offre un caractère spécial,en ce qu’elle nous présente une copie de la façade du palais, au-dessus de laquelle se dresse l'autel du feu, tandis que limage du dieu suprême, Ahura-Mazdâ, domine la scène entière; on a pu dire que c’était une adaptation ingénieuse . plutôt qu'une création originale (1).
La part de l’art grec est plus difficile à préciser, et il est probable que c’est dans la sculpture qu’elle s’est affirmée. Il ne faut pas oublier qu’à cette époque, la sculpture, en Grèce, + en «était encore à se dégager des entraves et des tâtonnements de l’archaïsme » (2). Qw’il y ait eu des artistes hellènes au service des rois de Perse, c’estce dont le témoignage de Pline ne nous permet pas de douter : il nous a révélé le nom | R#2
7 @)Zd. op pe 887. — (2 Jd. op., p. 888,
de Téléphanès de Phocée qui travailla pour Darius et Xercè:, soit qu’il n’ait pas accompagné ses compatriotes lors de l’émi- gration qui suivit la révolte de l’Ionie, soit qu'il ait accepté bénévolement de travailler pour les conquérants de l’Asie antérieure (1).
Les bas-reliefs de Persepolis ressemblent étonnamment à ceux de Ninive; mais, si l’on regarde de près, on constatera, malgré leur ressemblance extérieure, des différences sensibles dans le mouvement des draperies des vêtements ; en Assyrie, le vêtement semble collé à plat sur le corps; en Perse, l’étude des plis a présidé aux conceptions des artistes: il arrive mème ceci, c’est que les draperies rappellent singulièrement celles des /ragments du temple d'Éphèse, le plus ancien, construit sous le règne de Crésus (2).
L’art perse a un caractère original consistant dans les proportions de la combinaison des éléments empruntés à des arts étrangers, dans la grandeur extraordinaire des bâtiments, dans le luxe de la décoration, nous dirions dans l’amour du colossal, si ce mot n’était pas déconsidéré par l’abus qu’en a fait un peuple voisin du nôtre. C'est que l'artiste n’avait pas à tenir compte des intérêts privés ou de ceux de la cité, comme en Grèce et plus tard dans l'empire romain ; il ne dépendait que d’un seul maître, le Grand Roi. Comme on l’a dit en fort bons termes, l’art perse est «un art composite né de la fantaisie royale, qui a ramasséen uneunité artificielle et puissante, comme son empire même, toutes les formes artistiques qui l'ont frappée dans ses provinces d’Assyrie, d'Égypte et de Grèce asiatique : c’est le caprice d’un dilettante tout-puissant et qui a le goût du grand (3) ».
Persépolis a eu cette chance d’être à proximité de
(1) Voir note de HEUZEY, Bulletin de l’Académie des inscriptions et belles- Jeltres, nov. 1886.
(2) XXI!, t. V, p. 827
(3) JAMES DARMESTETER, Coup d'œil sur l’histoire de la Perse, p. 18.
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