‹ La Persé antique et la civilisation iranienneChapitre 46 sur 91 · APE TS PR EE A · texte numérisé non relu

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LA DYNASTIE SASANIDE 155

Harrân, son armée descendit l’Euphrate, accompagnée par une flotte de guerre. L'empereur reconnut qu’il ne pouvait se

rendre maître des fortifications de la capitale. Il allait entre-

prenire de traverser la Médie, lorsque, dans un combat, et pendant qu’il haranguaïit ses soldats épuisés, le 26 juin 363, il fut tué d’un coup de javelot lancé par un cavalier perse. Jovien fut élu empereur par l’armée, et conclut hâtivement la paix pour pouvoir ramener ses troupes vers les ‘frontières de l’empire. Le bas-relie! sculpté sur un rocher près de la ville de Châpoûr commémore vraisemblablement cet événement (1). À côté de cette lutte gigantesque qui ramenait sans cesse les Romains, sans succès d’ailleurs, vers les régions du bas Euphrate, lestiraillements perpétuels que pro- Fig. 23. — Effigie

voquait la question du trône d’Arménie, tou- traditionnelle de Sapor II.

jours ouverte, et la lutte contre les Kouchans établis en Bactriane ne sont que d’une importance moindre. # Le long règne de Sapor Il se termina en 379. Il n’y avait pour lui succéder qu’un vieillard de soixante-dix ans, son beau-frère Ardéchir II, ancien persécuteur des chrétiens dans sa province d’Adiabène, que la noblesse perse déposa au bout

‘de quatre ans de règne pour le remplacer par un fils de

Sapor II, nommé Sapor III. Celui-ci, qui avait conclu la paix avec Théodose, périt dans une mutinerie de soldats. Il fut remplacé par son frère Behrâm IV, surnommé Kirmân-châh, « roi du Kirmän », à raison de la vice-royauté qu’il avait exercée dans cette province ; il régna onze ans. C’est avec lui que Théodose régla la question d'Arménie, d’une manière toute nouvelle, en séparant le pays en deux moitiés, l’une soumise

| à l'influence de Constantinople, l’autre à ceile de Ctésiphon.

(1) Texier, Description de lArménie, p. 146-147; CVII, pl. 1i1. (or MoRDTMANN, Sizungsberichie d. Münch. Akad., 1874, p. 260, et Zeïischr. d. deuisch. morgenl. Gesellschaft, XXXIV, 67.

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YEZDEGUERD Jér.

En 399, Yezdeguerd I monta sur lé trône. Il était fils de Sapor III (à moins qu’il ne le fût de Sapor Il); on l'appelait bèzé-ouèr, « le pécheur », parce qu'il s'était attiré la haine du parti clérical par son équité en matière religieuse. L’historien Procope, dans le portrait qu’il nous à laissé, parle de sa magnanimité et des excellents sentiments qui l'avaient rendu populaire dès avant son intronisation. Arcadius plaça ses héritiers sous la protection de Yezdeguerd.

Sa mort, en 420, resta mystérieuse ; car une légende prétend

qu’il fut tué d’une rude par un cheval auquel il essayait de mettre la selle; peut-être l’a-t-on inventée pour dissimuler un attentat. Son fils Sapor gouvernait l'Arménie ; il accourut réclamer l’héritage de son père, mais il fut mis à

mort incontinent, car on craignait qu’il ne vou-

IL lût marcher sur ses traces; un parent éloigné,

| Khosrau, fut appelé à régner; mais ne put se maintenir, car un autre fils de Yezdeguerd; Behrâm V, réussit à se rendre maître du royaume avec l’aide du roi arabe de Hira, en-No‘mân, près de qui il avait été élevé.

Behrâm était surnommé Gôr, « Ponagre », pour avoir, disaiton; transpercé à la chasse, d'un même coup d’épieu, un lion qui s’était précipité sur un onagre, peut-être tout simplement à cause de sa force et de sa rapidité à la course. Dès je début de son règne, il eut à se préoccuper des invasions turques qui commençaient à menacer les frontières nord-est de ses Étatsé les Hephialites où Huns blancs avaient envahi la Bactriane; il les battit près de Merv et tua de sa propre main leur roi; la couronne du vaineu servit, en guise de trophée, à orner le temple du feu Adhergochnasp, à Chfz, dans l’'Atropatène. Une persécution des chrétiens, déjà entreprise par son père, obligea

beaucoup d’entre eux à se réfugier sur le territoire romain et É

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. amenña la rupture de la paix. Conduite par Mihr-Narsè, grand personnage d’origine royale, car il descendait du vice-roi Hystaspe, père de Darius, la guerre ne fut pas heureuse pour la Perse; malgré la défense de Nisibîn, de nombreuses défaites lobligèrent à conclure la paix en 421. La liberté religieuse fut proclamée ; l’évêque d’'Amida, Akakios, vendit les ornements de son église et les vases sacrés pour acheter la liberté de sept mille captifs perses et les ramener chez eux en leur fournissant des vêtements et de l’argent de poche. En 438, Yezdeguerd II succéda à son père. Il aurait bien voulu reprendre la lutte contre les Romains, mais les Hephta- : lites continuaient de menacer la Bactriane, et il fallait les combattre: Il voulut contraindre les Arméniens à embrasser le Zoroastrisme, pour les rattacher plus étroitement à la Perse par une religion commune; mais ceux-ci venaient d’inventer. un alphabet pour écrire leur langue (1), et ce moyen puis-l sant de vulgarisation défendait mieux que tout autre leur nationalité contre les entreprises étrangères. Le ministre Mihr-Narsè écrivit une proclamation où il réfutait les dogmes de la religion chrétienne et l’organisation de cette société. Dixhuit évêques le réfutèrent à son tour. On prit des mesures pour faire triompher le zoroastrisme : il s’ensuivit une révolte. F Yezdeguerd venait d’être défait par les Kouchans ; néanmoins, ilse hâta de revenir en Arménie et remporta sur les rebelles | la sanglante victoire d’Avaraïr (2 juin 451). Leur général, Vardan Mamikoni, tomba sur le champ de bataille ; le patriarche Joseph et dix ecclésiastiques, mis en prison, furent exécutés trois ans plus tard. La tranquillité se rétablit vite néanmoins, ce qui montre que les classes populaires n’étaient pas imbues de fanatisme, et, hors de toute contrainte religieuse, on vit s’élever de nombreux temples du feu.

| (1) L'écriture arménienne à été inventée en 397 par Mesrop, origiaäaire de | Hatsek, dans le Farôn, qui mourut le 19 février 411, et popuülarisée par le | catholicos Sahak Parthev (Iggac le Parthe). Cf. F. Jusri, IX. II, p. 528.

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A la mort de Yezdeguerd I!, en 457, son fils Ormazd III lui succéda, mais il fut obligé de lutter contre un compétiteur, son plus jeune frère Péêrôz, qui n’avait pas craint de demander le concours des Hephtalites moyennant la cession de deux villes de la Bactriane, Tâleqân et Tirmidh. Pendant la guerre des deux frères, la régence fut exercée à Ctésiphon par leur mère Dinak. Pérôz vainquit et tua son frère (459). Son règne, qui dura vingtcinq ans, fut malheureux. Pour combattre la famine, suite d’une longue sécheresse, il fit acheter des aliments à l’étranger, diminua les impôts et obligea les riches à partager leurs approvisionnements avec les pauvres. La fête dite Abrézagân, « chute de l’eau », fut instituée pour commémorer les pluies qui mirent fin à la calamiteuse sécheresse.

Si Pinvasion des Barbares, en préoccupant l’empire romain, détournait celui-ci de songer à reprendre la lutte séculaire contre les Perses, ceux-ci n’en étaient pas plus à l'aise, étant de plus en plus menacés par les Hephtalites. Ils durent mener deux expéditions contre le chef de ces peuplades,

Akhchounväz, le Kunkhas de Priscus ; aucune ne fut heureuse;

dans la première, l’armée fut égarée dan: le dés-rt par un

espion et périt misérablement ; dans la seconde, Pérôz perdit la vie, et son empire resta deux ans tributaire des Huns blancs. Pendant son long règne et malgré les inquiétudes qui lassaillirent, le roi infortuné avait trouvé le moyen de fonder ou de rebâtir de nouvelles villes portant son nom, et avait ouvert le territoire de son empire aux Nestoriens, persécutés par les monophysites à Édesse et en Arménie et chassés de l'empire romain par Zénon l’Isaurien en 489.

La Perse n’avait plus de roi; le général Zarmihr, que les

chroniques persanes appellent Sôkhrâs et qui venait de combattre les Arméniens, mit sur le trône le frère de Péréz,

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Balâch, qui est le même nom que Vologèse. Balâch fut assez heureux pour se débarrasser de la compétition de son frère

| Zarè, mais le trésor épuisé ne lui permettait pas de satisfaire les exigences du délégué financier des Hephialites. Zarmihr,

véritable homme de guerre, réunit une petite armée par ses propres moyens et contraignit Akhchounväz à conclure la paix moyennant l’abandon des réclamations relativement au tribut et la remise des prisonniers. Parmi ceux-ci se trouvait KavAdh, fils de Pérôz, gardé en otage. Ce succès du général effaça complètement le roi Balâch, qui fut déposé et remplacé par Kavädh en 488. Celui-ci devait régner quaraante-trois ans.

Kavanx.

Un de ces utopistes comme il y en a dans tous les pays et dans tous les climats, qui s ’imaginent établir la justice socia'e par le nivellement et méconnaissent les lois naturelles les plus évidentes, un socialiste, Mazdek, continuateur de MAni, fonda une secte religieuse qui admettait la communauté des biens, celle des femmes, l'abolition de tous les privilèges et linterdiction de tuer les êtres vivants pour se nourrir. Le roi vit, dans le développement de ces doctrines, le moyen de briser l'influence de la noblesse, et il en favorisa la prédication. La noblesse, qui ententait se défendre. emprisonna Kavâdh et le remplaça par son frère Djämâsp (497), moins suspect de pactiser avec les idées subversives des Mazdékites.

Kavädh, avec le concours de sa femme, s’échappa de la prison de Guilguird, se rendit chez les Huns blancs et épousa là sa propre nièce, fille du roi des Hephtalites et de la princesse Pérôzdokht, naguère faite prisonnière. À la suite de ce mariage, Djâmäsp rendit le trône à son frère. Celui-ci se montra ingrat à l’égard de deux personnes qui avaient pourtant contribué, plus que toute autre, à son évasion de Guilguird : le général Zarmihr, et Séosès, qui avait tenu un cheval prêt pour la fuite,

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11 faut sans doute voir dans la disgrâce du général une vergeance des Mazdékites, qu’il avait poursuivis ; il fut remplacé par son rival Châhpubhr, aussi noble que lui pourtant, puisqu’il était de la famille de Mibrân.

Il fallait de l'argent pour payer le concours des Hephtalites. Kavâih songea à négocier un emprunt à Con‘tantinople, mais l'empereur Anastase refusa de fournir à l’ennemi héréditaire les moyens de se procurer des armes qui pouvaient être tournées contre lui. Le roi de Perse déclara la guerre, entra à la fois en Arménie et en Mésopotamie, et s’empara de Théodosiopolis (aujourd'hui Erzeroum) et d’Amida(Diyarbékir)}, après trois mois de siège (503); ces succès ne durèrent pas: Kavâdh fut rappelé par des désordres et par une invasion des Huns l’année suivante. On avait fait la paix, dent les Romains profitèrent pour fortifier Dârâ en face de Nisibin et plusieurs places qui défendaient le passage de PEuphrate, Birtha (Biîrè) et Europus (Doûra-Sälihiyya). j

Longtemps après; en 527, prenant pour prétexte la construction des murs de Dârâ, les Perses recommencèrent la guerre; c'était la première année du règne de Justinien; Bélisaire, son général, perdit d’abord une bataille, mais prit sa revanche trois ans plus tard, et enfin fut battu à Callinicum, en 531. Sittas, son successeur, ayant trouvé les Perses occupés au siège de Martyropolis (Mèyyâfâriqin), répandit le bruit d’une incursion des Massagètes, ce qui fit lever l’investissement. Kavädh, qui, entre temps, avait, lui aussi, rebâti quelques villes, avait quatre-vingt-deux ans quand il mourut, cette même année.

Cuosroës Ier,

Son fils Khosrau Ier, le Chosroës des Grecs, avait été déclaré héritier présomptif dès l’année 513. Ses sujets lui ont décerné les suürnoms d’Anéchak-Ravän, «à Vâme immor- -

LA DYNASTIE SASANIDÉ 161 telle », et de Dédgar, « le juste »3 il fut incontestablement le plus grand roi de la dynastie, et son souvenir s’est perpétué

" dans les littératures arabe et persane, toutes deux bien postérieures à son époque. Menacé par une conspiration dès le début de son règne, Khosrau en vint à bout ; un parti avait cherché à mettre sur le trône, non Zâmès, son frère aîné, qui était borgne et, par suite, impropre à tenir le rang de roi, mais le fils de celui-ci, Kavâdh ; des exécutions rétablirent l’ordre.

Les succès des généraux de Justinien en Occident, la des-

truction des royaumes des Vandales et des Ostrogoths faisaient penser que les Romains ne resteraient pas sous le coup de la paix de 531, par laquelle ils avaient dû payer une indemnité de guerre et évacuer ia Mésopotamie. Justinien s’était immiscé, en qualité d’arbitre, dans la querelle qui divisait deux rois arabes du désert de Syrie, le Ghassänide el-Härith ben ‘Amr, protégé des Romains, et el-Mondhir ben No‘mân, qui régnait à Hira en qualité de vassal du Grand Roi. Khosrau s'empara d'Antioche en 540 ; ses habitants furent iransplantés dans une nouvelle ville qu’ils bâtirent à côté de Ctésiphon et qui fut nommée Beh-az-Andio-Khusrau, « la ville de Chosroës meilleure qu’Antioche »; les Arabes l’ont connue sous l'appellation de Roûmiyya, « la Romaine ». Une autre fois, Khosrau prit Cal-

linicum, maïs ses entreprises furent entravées par la résistance de Bélisaire. La paix fut alors conclue. Quelques années plus tard, sur le faux bruit de la mort du roi, son fils aîné AnG:hazâdh se révolta à Gondé-Châpour (Bêth-Lâpat) ; il en fut puni par laveuglement au fer rouge. Les entreprises de Khosrau

dans le pays des Lazes se terminèrent malheureusement par la défaite de ses troupes à l'embouchure du Phase en 553. Neuf ans plus tard, une paix de cinquante ans était conclue

avec Rome.

| A Pest, Khosrau réussit à porter jusqu’à lOxus les frontières de l’empire par la défaite des Huns blancs, avec l’aide des Turcs de la branche de Chao-vou, commandés par leur chef P. A. 11

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Sindjibou (Silziboulos des Grecs) ; mais ceux-ci, maîtres de Ja Transoxiane, n’allaient pas tarder à se montrer les ennemis des Iraniens. Aussi le roi fit-il fortifier à nouveau la passe de

Derbend sur la mer Caspienne, ainsi que la passe de Darielou

porte des Alains; d’autres fortifications étaient destinées à fermer l’accès du Djourdjân ou Hyrcanie, Appelées par les Arabes pour les délivrer de la conquête éthiopienne, qui avait eu lieu en 529, les troupes perses s’emparèrent du Yémen en 570, sous la conduite de Wahriz ; mariés à des femmes du pays, ses descendants et ceux de ses soldats se maintinrent dans ce pays, où les Musulmans les connurent plus tard sous le nom d’Abré, « les fils » [des conquérants]. Les dernières années de Khosrau, qui mourut en 579, furent attristées par la défaite de son armée à Mélitène (Malatya); le roi échappa à grand’peine, monté sur un éléphant qui lui fit traverser PEuphrate. 3

+ Son règne avait été marqué par l'achèvement du cadastre de l’empire, com mencé sous son père Kavâdh ; les enfants, les femmes et les vieillards étaient affranchis de l’impôt foncier; les gens non propriéta res de fonds, les sujets chrétiens et juifs payaient une capitation (1). A cette époque également on apporta de l’Inde et l’on traduisit du sanscrit le livre de Kalila et Dimna ; on introduisit aussi le jeu des échecs.

Son fils O‘mazd IV, né de la fille du Khâgân des Tures et surnommé pour cette raison Turk-zâd, reprit sans succès la guerre avec les Romains, et eut à combattre la révolte du satrape Behrâm Tchoûbîn, qui descendait de la famille de Mihrân. Vainqueür des Turcs en Svanéthie, moins heureux avec les Romains en Arménie, il ne pardonna pas à Ormazd d’avoir été destitué par lui. Il s'empara de la capitale, et Ormazd s'enfuit à Veh-Qavâädh: mais l’armée qui combattait les Romains en Mésopotamie"#e prononça pour le fils du roi,

FL FE (1) IX, p. 558. unies !

mt

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Khosrau 11 Parviz, qui s'était enfui auprès de Maurice, empereur romain, L’appui de Constantinople mena Kh: »srau jusqu’au

© trône (590). Serré de près dans lAdh:rbaïdjân, Behrâm

Tchoûbin dut s’enfuir chez les Turcs, par qui il fut plus tard mis à mort.

Cuosroës IL.

Prenant pour prétexte l’assassinat de Maurice par Phocas (602), Khosrau Parviz en‘ahit la Mésopotamie et l’Arménie ; son général Chahr-Barâz, « sanglier de l'empire », conquit en peu d’années Édesse, Antioche, Damas et enfin Jérusalem (juin 614), d’où il enleva la sainte croix, portée en triomphe à Ctésiphon ; puis il s'empara de l'Égypte. En Asie mineure, Chähin entra en Cilicie, conquit Césarée et vint mettre le siège devant Chalcédoine (Kadi-Keuï), en face de Constantinople; tombé en disgrâce, il fut exécuté, et Chahr-Baräz acheva la conquête de cette ville. Si les Perses avaient eu une flotte, Byzance était prise. Cependant, l’empereur Héraclius était monté sur le trône, et son règne fut le signal d’une campagne heureuse contre les Perses, qui lui rendit l’Asie mineure et l'Arménie (624) ; quatre ans plus tard, il s’'emparait de Destagerd et y retrouvait trois cents aigles romaines enlevées comme trophées de précédentes victoires ; mais il n’attaqua pas Cté:iphon, craignant de voir ses commu-

nications coupées. Tombé malade à Veh-Ardachir, Khosrau

désigna pour successeur son fils MerdAn-Chäh, qu’il avait eu de la syrienne Chirîn, mais il ne fut pas suivi par la noblesse, qui préféra à ce dernier son autre fils Chirôyè (Siroës): celui-ci fit disparaître son frère et jeter son père dans la prison que Théophane appelle la Demeure des Ténèbres ; le vieux roi y fut assassiné pour satisfaire une vengeance particulière (6-8). De terribles catastrophes marquèrent cette période : le Tigre et l’Euphrate, débordant, couvrirent lPraq entier

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