LES CLASSES SOCIALES
La population était divisée en quatre classes : 1° les ecclé- .siastiques ; 2° les guerriers ; ; 3° les employés des bureaux ; 40 Ïes cultivateurs et les artisans. Cette division générale comprenait un grand nombre de subdivisions, de manière à y faire entrer tous les représentants des fonctions sociales ; c’est ainsi que le clergé se divisait en juges, en divers offices de cléricature ; ; que la bureaucratie embrassait, outre les écrivains et rédacteurs, les médecins, les poètes et les astrologues; que la dernière catégorie renférmait aussi les marchands et négociants. Chacune de ces classes est placée sous l’autorité d’un chef, ayant sous ses ordres un contrôleur chargé du recensement, un inspecteur chargé de l’inquisition fiscale, un instructeur surveillant les travaux des apprentis. Tels sont les renseignements que nous fournissent les historiens ‘arabes et la littérature théologique pehlevie.
Les ecclésiastiques se recrutaient dans la tribu mède des Mages et portaient son nom (môghbedh — magupat, «chef des mages »). Le grand pontife était le môghbedh en chef, qui avait la direction suprême de toutes les affaires ecclésiastiques et prononçait en dernier ressort sur les questions de dogmatique et de politique de l’Église; il était nommé par le roi, mais à son tour il avait la nomination des membres du clergé. Cela lui donnait une influence extraordinaire sur les affaires de
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Empire, parce qu vil était le dir ecteur de conscience du roi.
Ilest plus difficile de se rendre compte des fonctions que remplissait le hérbedh, c’est-à-dire le chef des prêtres ; quand Khosrau II Parviz fit construire un temple du feu, il y attacha douze mille hérbedhs pour la récitation des prières et des invocations ; le grand hérbedh était indubitablement leur chef et leur représentant à la cour, mais son rôle ne semble pas bien délimité, ou du moins les renseignements nous font défaut.
L'inscription bilingue de Hädji- Abâd (parthe et pehlevi) où le roi Châpoûr [* raconte l’histoire d’un coup de flèche tiré par lui en présence ües nobles composant sa cour, énumère les chairadär (princes de l’Empire), les v:spuhr (fils des clans), les wazurg (grands) et les äzât (libres, ou nobles). Les premiers, qui portaient le titre de rois (d’où l’expression « roi des rois »), étaient constitués par les princes vassaux gouvernant les provinces éloignées, et les rois vassaux tels que les rois arabes de Hira, les rois arméniens jusqu’en 430, les rois des Chionites et des Albans au delà des frontières septentionales. Au même rang appartenaient les gouverneurs des marches frontières, les marzbäns, et naturellement ceux des satrapes des provinces qui faisaient partie de la famille royale et auxquels on donnait des provinces à régir, pour qu’ils s’exerçassent au gouvernement, sans qu'on se préoccupât d’une révolte possible, système désastreux qui a subsisté en Perse jusqu’à l’époque actuelle. Les seconds comprenaient tout d’abord les sept familles privilégiées, dont les trois premières, Kârên, Sûrên et Aspahbedh, étaient d’origine arsacide et portaient le surnom de Pahlav, « parthe » ; les autres, comme les Spendiyär et les Mihrân, s’attribuaient aussi, pour ne pas paraître inférieurs, une extraction arsacide. Ces familles remplissaient des charges héréditaires (1), comme celle des
(1) THÉOFHYLACTE, |. III, 8,