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LE ROI ET LA COUR

L’habillement du roi était à la fois imposant et d’une somptuosité éclatante. Ormazd IV a été l’objet d’une description détaillée due à Théophylacte(4), qui le représente assis sur le

(1) CXXXIX, p. 22%6 et 531.— (2) d., p. 215 et 520. (3) Livre XXII, 6, 83. — (4) Biÿre IV, 8,

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trône royal: «La tiare était en oret ornée depierresprécieuses, répandant une splendeur éblouissante par les escarboucles incrustées, et encadrée d’une rangée de perles qui brillaient sur la coiffure en mélant leurs rayons ondulants à la belle splendeur des émeraudes, de sorte que l’œil était quasi pétrifié dans un étonnement insatiable. Il portait un pantalon chamarré d’or, tissé à la main et de haute valeur, et en général son habillement faisait preuve d’autant de faste que le penchant pour l’ostentation le voulait ».

La tiare a varié de forme, comme il est aisé de s’en convaincre en comparant les bas-reliefs de ces rois et leurs monnaies, dont on possède la série complète. Ardéchir I‘ porte entôre là tiäre à perles arsacide, mais plus tard sa coiffure est munie d’un sommet en forme de ballon, symbole du globe céleste ou terrestre. Châpoûr Ier porte une couronne dentée d’une forme particulière, ornée du ballon garni de pierres précieuses ou de. perles. Ce type de coiffure, avec de légères modifications, se maintient sous ses successeurs. Chäpoûr IL, toutefois, porte une tiare sans ballon, ornée de trois rangs de grosses perles. Ensuite des nœudsde rubans viennent s’y ajouter. Au temps de Behrâäm V Gôr et de Yezdeguerd II, le ballon, complètement sphérique, est surélevé au-dessus de la couronne au moyen d’un pédoncule; il semble bien être considéré alors comme le symbole du soleil; on y a ajouté un croissant dont les cornes embrassent la moitié inférieure du globe.

Le croissant devant la tiare avait commencé à se montrer dès le temps de Behrâm IV, et Khosrau Ie ÿ ajouta une étoile. Après Kavâdh, le globe diminue à tel point qu’il est presque éntièrement envéloppé par les côrnés du croissant: il disparaît chez Khosrau II et est remplacé par une étoile.

Ha existé autrefois dés manuscrits, aujourd’hui perdus, renfermant des miniatures qui étaient les portraits des rois. L’historien arabe Mas‘oûdi en a vu un de ce genre, en 915, à

Igtakhr, l’ancienne Persépolis, chez un des nobles du Fârs, On peignaïit, en effet, le portrait du roi le; jour de sa

"mort: on représentait son habillement et sa couronne, sa

coupe de barbe, l’expression de ses traits, puis l’image était déposée dans le trésor afin que l’aspect du défunt ne fût pas ignoré de la postérité. Le manuscrit vu par Mas ‘oûdi était une copie de celui qu’on trouva dans le trésor royal en 781. Ila été utilisé par Hamza d’Ispaban pour insérer dans son histoire la description des images des rois sâsânides.

Suivant l’étiquette, le roi se tenait caché, inaccessible et invisible même aux plus hauts dignitaires de sa cour. Entre le souverain et son entourage, un rideau était suspendu, qui le voilait aux regards ; ce rideau était maintenu à dix coudées du roiet à dix coudées du rang occupé par la plus haute classe de l'État. La garde de ce rideau était confiée à un fils de chevalier qui avait le titre de Æhurram-bâch (c'est-à-dire : « sois joyeux »). Quand le roi receyait ses favoris dans l’intimité, ce fils de chevalier ordonnait à un serviteur de monter au frite du palais et de crier, en éleyant la voix, de façon à être entendu de toute l'assistance : « Veillez sur votre langage, car vous êtes aujourd’hui en présence du roi. » Le même cérémonial était observé en cas de fête ou de concert : les courtisans se rangeaient en silence d’après leur grade, et c’est le khurram-bâch qui ordonnait à l’un de chanier tel ou tel morceau, à l’autre de jouer d’un instrument sur tel ou tel

mode (1).

C’est que les musiciens étaient fort recherchés à la cour et figuraient dans les cérémonies ; ils accompagnaient même le roi à la chasse ; ils étaient convoqués pour célébrer ’inaugu. ration d’une digue sur le Tigre, sous le règne de Khosrau 1]; à cetie même époque, nous voyons un fameux chanteur, Bârbedh (contraction de son véritable nom, Fahlabedh, con-

() CLXIV, t Il, p. 158 P, À, 12

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