‹ La Persé antique et la civilisation iranienneChapitre 53 sur 91 · L'ADMINISTRATION · texte numérisé non relu

L'ADMINISTRATION

Une administration héritée des temps antérieurs et compo- sée de bureaux appelés divän formait l’armature de l’État. Des renseignements directs nous font défaut sur le nombre et

les attributions des divers ministères; mais, comme les khalifes abbassides, à l’époque musulmane, adoptèrent une organisation calquée sur celles des Sâsânides, nous pouvons essayer de reconstituer celle-ci. Nous savons d’ailleurs que le roi avait des sceaux différents pour la chancellerie secrète, pour le secrétariat chargé de l’expédition des lettres, pour la justice criminelle, pour la distribution des marques d'honneur et des charges, et pour les finances. Il est vraisemblable qu’en plus de ces bureaux, il y en avait d’autres pour les affaires militaires, pour la poste, pour la monnaie, les poids et mesures, pour les domaines royaux.

L’historien arabe El-Bélâdhori, qui tenait ses renseignements d’Ibn-el-Mogafia‘ , auteur de la version arabe de Kalila et Dimna, et Mazdéen converti à l’islamisme, nous a {ransmis quelques renseignements sur l’organisation des finances. Des rapports sur les sommes d’argent perçues étaient lus à haute voix devant le roi; le chef des artisans remettait à celui-ci, chaque année, un compte rendu du revenu des divers impôts et de l’état du trésor ; le roi apposait son sceau sur les pièces qui lui étaient soumises. Khosrau II Parviz fit substituer au parchemin le papier teint de safran et parfumé à Peau de roses; comme, à cette époque, le papier était un monopole de la Chine et fabriqué exclusivement dans le pays où on l’avait inventé, c’est le commerce qui lavait introduit en Perse ; il devait être rare et cher. Les ordres donnés par le roi étaient rédigés en sa présence par le secré.taire royal ; un autre fonctionnaire les enregistrait dans son journal, rédigé mois par mois, revêtu du sceau royal et déposé Ë aux archives. L’original de l’ordre était remis au garde des sceaux, cacheté par lui et expédié à l’agent d'exécution. Celuici transcrivait l’ordre dans le style spécial à la bureaucratie, et l'original de cette dernière rédaction était envoyé au secrétaire, présenté au roi et comparé avec le journal; si les deux versions étaient d'accord, le secrétaire revêtait du sceau royai

PARAPENTE

l'original envoyé par l’agent d’exécution, en présence du roi ou de son confident le plus intime, et l’ordre entrait alors en

à vigueur.

Le sceau royal consistait en un anneau portantgravée l'image d’un sanglier. Dans le cas d’un document portant obligation envers un autre État, que celui-ci fût indépendant ou dépendant de l’empire, la pièce était accompagnée d’un sachet de sel revêtu du sceau royal, en signe de l’immutabilité du serment. L’historien arabe Mas‘oûdi a décrit dans le détail les quatre sceaux de Khosrau I Anôchè-Ravân et les neuf cachets de

Khosrau 11 Parviz (1).

La POSTE.

Le service des postes était réservé aux communications de V'État, non à celles des particuliers: il devait ressembler beaucoup à celui des Achéménides que nousconnaissons parles Grecs et à celui des khalifes abbassides sur lequel nous sommes renseignés par les auteurs arabes. Cette poste aux chevaux transportait des personnes aussi bien que des lettres; les routes étaient bien entretenues, les relais munis d’un personnel et d’un nombre de chevaux suffisants pour assurer le service. Dans les pays de montagnes. on avait des coureurs à pied ; dans les plaines, des courriers à cheval, parfois à chameau dans les confins désertiques des pays arabes.

Page 1