LES FINANCES
Ées revenus de l’État reposaient principalement sur l’impôt foncier, appelé probablement kharäâg, mot araméen qu’on retrouve dans le Talmud et qui a donné en arabe khardd}, et la taxe personnelle ou capitation, dite gezff, d’où l’arabe d/izya. La taxe personnelle était un impôt de répartition fixé à une
(1) CLXIV, L II, p. 204 et 228,
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somme annuelle constante, répartie entre les contribuables ; l’impôt foncier également, car il était fixé pourlecanton d’après le produit de la récolte, et chaque canton, selon la fécondité de la terre, en payaït du sixième au tiers, ou, suivant d’autres, du dixième à /a moitié du produit, la distance plus ou moins grande d” une ville entrant en ligne de compte. Les enfants, les femmes et les vieillards étaient affranchis de Pimpôt foncier ; la capitation s’appliquait aux contribuables non propriétaires de fonds, aux chrétiens et aux Juifs (1). Khosrau Ier avait fait acheyer le cadastre commencé sous son père Kavâdh ; sous Khosrau II, en 607, le produit de l'impôt et autres taxes s’élevait à six cents millions de drachmes (2).
L’incertitude de la base des contributions donnait prétexte à des exactions qui ont été la règle en Orient depuis les temps les plus anciens jusqu’à nos jours. Nous en avons un témoi- -gnage précis dans un document conservé par les auteurs chrétiens : c’est un ordre adressé aux gouverneurs des pays araméens par Châpoûr II, qui avait besoin de levées extraordinaires d'impôts pour soutenir la guerre contre les Romains (3). « Dès que vous aurez pris connaissance du présent ordre de nous autres dieux, qui est contenu dansle pliexpédié par nous, vous arrêterez Simon, le chef des Nazaréens. Vous ne le relä-
cherez pas tant qu’il n’aura pas signé ce document et n’aura
pas consenti à recueillir, pour nous les verser, une capitation double et un double tribut pour tout le peuple des Nazaréens quise trouve dans le pays de notre divinité et qui habite notre territoire. Car, nous autres dieux, nous n’avons que les ennuis dela guerre, et eux n’ont que repos et plaisirs ! Ils habitent notre territoire et partagent lessentiments de César, notre ennemi |! » Au premier abord, l’affabulation de ce document peut paraïitre étrange et faire douter de son authenticité; mais si l’on réfléchit que les rois de Perse se disaient de race céleste, mi-
() Fr. Jusri, IX, t. H, p. 538.— (2) ID., ibidem. Voir ci-dessus, p. 164,n. 1,
(3) CLVIII, p. 46-46.