‹ La Persé antique et la civilisation iranienneChapitre 58 sur 91 · CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE LA PÉRIODE SASANIDE · texte numérisé non relu

CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE LA PÉRIODE SASANIDE

Ce qui caractérisait le gouvernement des Sâsânides par

| rapport à celui de leurs prédécesseurs immédiats, les Arsa-

cides, c'était la centralisation des pouvoirs de l’État dans les

bi

(1) HiRTH, Chin. Siudien, p. 235 et suiv.

(2) HiRT&, China and the Roman Orient, p.‘253. — (3) I, VI, 119,

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mains d’un autocrate absolu, appuyé sur une religion exclusive. L’administration, héritée des régimes antérieurs et conservant d'anciennes traditions bureaucratiques remontant aux Assyriens et aux Babyloniens, était restée la même ; seu-

lement elle était plus stable, et les gouverneurs de provinces, : maintenus sous la coupe du pouvoir central, éprouvaient

moins fréquemment la velléité de se révolter : en fait, pen-

dant des siècles, on ne vit pas de satrape se dresser contre son

roi. L’ancien système d’espionnage, organisé par les Achémé-

nides, fonctionne merveilleusement ; c’est la base de la poli- k

tique intérieure de la monarchie.

La force de de l’armée .repose sur cette cavalerie cuirassée de

coites de mailles q que nous avons vue e charger contre les légions

romaines; les chevaliers qui la composaient étaient de petits …

seigneurs féodaux dont les châtellenies, dépendant directement de la couronne, étaient éparses sur la surface de lempire. £es grands vassaux n’amenaient au combat que des

levées de paysans mal armés et de peu de courage. La noblesse féodale s’était d’ailleurs réservé des charges héréditaires qui

lui maintinrent une grande influence lorsque la bureaucratie 2 devint prépondérante ; elle trouvait, il faut le dire, un appui

précieux dans le tes

C’est en effet le clergé, comme l’a remarqué M. A. Chris- , tensen (1), qui fournit la note dominante du régime sâsânide,

«en contraste frappant avec le syncrétisme du temps des. Achéménides et l’hellénisme à la mode sous les Parthes ». Le mazdéisme, devenu religion d’État, donnait à ses ministres la

plus haute place de la hiérarchie, mais le roi est le premier

chef de la religion, car il est doué de la majesté divine et

entouré de la gloire lumineuse (hvaréno, persan farr) gai. signale sa personne au respect des humains.

. La constitution de l'empire est le e despotisme }smpéré ré par.

(1) CXXXIU, p. 8, à

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le détrônement et le meurtre. Comme Va fait remarquer * Tabart, Ardéchtir Ie, Châpoûr Ie, Châpoûr II, Kavâdh et Khosrau I°* ont seuls choisi leurs successeurs; plus tard, le ” royaume devient une monarchie élective dans la famille des Sâsânides ; la désignation du roi est remise à un collège com- posé du grand môbedh, du chef des secrétaires et du généralissime ; en cas de désaccord, c’est le premier qui choisit, après avoir tenu un conseil secret avec son entourage de prêtres. Ammien Marcellin (1) nous a laissé une excellente des-* cription de l’aristocratie perse. Les Perses sont presque tous sveltes, d’un teint foncé ou livide, au regard dur de «chèvre », aux sourcils courbés en demi-cercle et se rejoignant sous le front, à la barbe soignée et aux cheveux longs et hérissés. Ils | sont incroyablement prudents et soupçonneux : en pays ennemis, ils se gardent de toucher aux fruits pendant sur les | arbres, par peur du poison ou d’incantations. Ils portent des | bracelets et des colliers d’or, des pierres précieuses et surtout des perles; ils ont constamment un sabre à ela ceinture, même aux banquets et aux fêtes. Ils sont bavards et fanfarons, sévères et terribles, menaçants dans la bonne comme dans la mauvaise fortune, rusés,. orgueilieux et cruels. Leur allure est dégagée, et ils marchent d’un pas dodelinant; ils sont les “meilleurs guerriers du monde, pourtant plus fins que braves, let surtout terribles dans le combat à distance, c’est-à-dire à | coups de flèches; somme toute, ils sont courageux et supportent aisément les fatigues des campagnes. Ils s’arrogent le droit de disposer de la vie des esclaves et du menu peuple; aucun domestique n’ose ouvrir la bouche en leur présence. Is se livrent sans frein aux débauches sexuelles. Bref, les grands partageaient leur temps entre l'exercice des armes, la guerre et la chasse, et les jouissances sexuelles. Courtois

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(d’ailleurs, et d’un caractère chevaleresque. Aussi les Arabes

(2) Livre XXIHIL 6, 75-84,

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ont-ils conservé une admiration profonde pour l’empire des

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Sâsânides, qui leur paraissait le modèle de l’art de la politique.

On admirait la perfection de leur gouvernement, leurs méthodes de guerre, la gravité de leur intelligence, leur propreté, leur correction extrême, la vénération qu’ils avaient pour leurs rois; on leur reconnaissait une supériorité dans l’art de se vêtir, dans la composition des mets et des remèdes. Les Arabes n'ayant rien connu de lempire romain à son apogée, et n'ayant eu comme point de comparaison que les

Grecs de Byzance, on comprend assez qu’ils aient jugé assez

favorablement le grand empire qu’une heureuse fortune leur

avait permis de renverser.

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